Le guide du koyo au Japon

Plus de 700 spots pour profiter de l'automne

Au Japon, le terme koyo (litt. « feuille rouge ») désigne le changement de couleur des feuilles en automne. C’est, avec la floraison des cerisiers, l’une des meilleures périodes de l’année pour parcourir le Japon, paré de ses plus beaux atours. La contemplation des feuillages d’automne porte d’ailleurs un nom, momijigari. C’est une tradition très appréciée des japonais.

Tout comme ohanami (la contemplation des sakura au printemps), le koyo est un événement particulièrement attendu des japonais. Il est pourtant bien moins connu et apprécié sous nos latitudes, alors qu’il présente de nombreux avantages pour le visiteur étranger. La coloration des feuillages d’automne dure en effet plus longtemps que la floraison des cerisiers, ce qui maximise les chances d’être là au bon moment. De plus, la météo à cette période de l’année est plutôt agréable, surtout si vous voyagez en plaines et vers le sud du Japon. Enfin, les tarifs en automne sont globalement moins élevés qu’au printemps (pour l’avion et les hébergements), en dehors des sites les plus prisés tels que Kyoto, qui sont évidemment pris d’assaut. Heureusement, nul besoin de se masser dans l’ancienne capitale pour profiter du koyo, car l’événement touche bien l’ensemble de l’archipel (à l’exception d’Okinawa).

Koyo et momijigari, une tradition riche de sens

Comme souvent au Japon, la tradition du momijigari est bien plus profonde qu’il n’y paraît. Elle se veut en effet une célébration de l’éphémère beauté de la vie, teintée de mélancolie. Après l’automne vient en effet l’hiver, saison froide où la vie est comme suspendue… avant de renaître au printemps.

Aux origines du momijigari

C’est durant l’époque de Heian (794-1185) que la pratique du momijigari se développe dans la sphère aristocratique japonaise. De nombreuses créations artistiques datant de cette période (estampes, motifs de céramiques ou de kimono…) témoignent de cet engouement. Durant l’époque Edo (1603-1868), la coutume se démocratise petit à petit, au même titre que ohanami qui puise dans les mêmes bases philosophiques.

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Archipel soumis à toutes sortes de catastrophes naturelles depuis ses origines, le Japon a en effet développé une conscience aigüe de sa propre fragilité. Les forces de la nature, à la fois craintes et respectées, y sont vénérées comme des divinités puissantes et versatiles. Ce cycle immuable, fait de destructions et de renaissances, a sans nul doute rendu les japonais philosophes. La culture japonaise est en effet imprégnée par cette conscience de l’éphémère, perceptible notamment à travers la symbolique du cycle des saisons.

Ohanami et son pendant automnal, le momijigari, sont donc des coutumes profondément ancrées dans l’identité japonaise. Véritables parenthèses dans le rythme effréné du quotidien, elles invitent tout un chacun à revenir à l’instant présent, pour savourer les éphémères plaisirs de la vie… avant qu’ils ne disparaissent.

Quelles essences observer durant le koyo ?

Si le terme momijigari (litt. « chasse aux momiji ») fait référence aux érables japonais (acer japonicum), le koyo ne se limite pas à cette seule essence. L’autre arbre vedette de la saison est en effet le gingko, au superbe feuillage jaune intense. Même parmi les érables, on croise de nombreuses variantes de teintes lors du pic de coloration, allant du orange clair au vermillon.

Koyo zensen, la météo des momiji

Quand a lieu le koyo ? Chaque année, ce dernier démarre doucement à la fin du mois d’août. Mais c’est entre fin septembre et début décembre que s’étale le pic de coloration des feuilles, avec d’importantes variantes régionales.

L’avancée de la coloration dépend bien-sûr des températures, suivant un cheminement inverse à celui de la floraison des sakura (qui commence dans le sud du Japon pour remonter vers Hokkaido). En automne, c’est donc Hokkaido qui connaît le pic le plus précoce. Les japonais suivent l’événement grâce à des bulletins météo réguliers, ce qui leur permet de programmer leurs excursions à l’avance.

D’une manière générale, le pic de coloration à Hokkaido se situe entre mi-septembre et fin octobre, tout comme dans les régions montagneuses du Tohoku et du nord du Kanto. Dans les plaines du Tohoku, c’est plutôt la période située entre début octobre et mi-novembre qui est propice au momijigari.

Au mois de novembre, les températures sont idéales pour profiter du koyo à Tokyo, Kanazawa, autour du Fujisan et dans le Kansai (Kyoto, Nara, Osaka). Le pic est légèrement plus tardif du côté d’Hiroshima, Miyajima et dans la région du Kyushu (de mi-novembre à début décembre).

Ces estimations générales constituent une fourchette large, qu’il est recommandé d’affiner. Pour une estimation plus fiable et précise, rendez-vous sur le site weathernews.jp dédié au koyo, qui détaille chaque année l’avancée de la coloration région par région. 

Le koyo par région

À présent que vous savez tout sur le sujet, une grande question se pose: où profiter du koyo au Japon ? Sans surprises, les lieux à privilégier sont bien-sûr les parcs et jardins, ainsi que les temples et sanctuaires. En montagne ou en forêt, de nombreux sentiers de randonnées permettent également de faire « la chasse aux momiji » dans un environnement naturel d’exception. En ville, ne manquez pas les sublimes illuminations nocturnes.

Du nord au sud du Japon, retrouvez ci-dessous une sélection de 747 spots pour le Koyo issus des recommandations du site weathernews.jp et de mes propres découvertes au Japon.

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