Que faire à Hiroshima ?

L’essentiel de la préfecture

La préfecture de Hiroshima évoque l’un des épisodes les plus tragiques de la Seconde Guerre mondiale. Elle bénéficie cependant de l’aura internationale d’un site d’exception, l’île sacrée de Miyajima. On ne peut visiter Hiroshima sans explorer ce lieu emblématique.

Visiter Hiroshima en train est très simple et rapide depuis le Kansai. Traversé par le Shinkansen reliant Osaka à la ville de Fukuoka, le littoral sud de la préfecture de Hiroshima est en effet aisément accessible aux voyageurs internationaux. Les régions montagneuses du nord privilégient quant à elles le tourisme intérieur. 

Détruite à plus de 65 % lors de l’explosion atomique de 1945, la ville de Hiroshima est aujourd’hui une cité dynamique. Elle est la onzième ville la plus peuplée du Japon et la plus grande de la région du Chugoku. Ville portuaire active, Hiroshima jouit d’une vie culturelle foisonnante. Son parc du mémorial de la Paix est un incontournable à visiter à Hiroshima.

Autour du château d’Hiroshima

Le château d’Hiroshima figure parmi les cent plus beaux donjons du Japon. Il s’agit d’une reconstruction en béton, le château d’origine ayant été détruit par la bombe atomique. Ses fortifications sont élégantes, et même si la reconstruction de 1958 se limite à l’enceinte extérieure et à la tour principale, on devine tout de suite la puissance militaire du site qui accueillit le quartier général de l’armée impériale de 1894 à 1895.

Aménagé en 1620 non loin du château, le jardin Shukkei-en occupe le pourtour d’un vaste étang. L’empereur lui-même y résida quelque temps durant l’époque Meiji. Il fait partie de la sélection officielle des cent principaux parcs historiques du Japon et abrite 4826 arbres, dont trois seulement ont survécu à l’explosion de 1945. L’endroit est splendide en automne.

Le parc du mémorial de la Paix, trésor de la préfecture de Hiroshima

Visiter Hiroshima, c’est aussi plonger dans l’un des plus spectaculaires sites de mémoire du Japon, voire du monde. C’est le 6 août 1945 à 8h16 que la bombe atomique baptisée Little Boy explose à 580 m d’altitude, en plein cœur de la ville. Le nombre exact de victimes est encore à ce jour inconnu. On l’évalue entre 70 000 et 140 000 selon les sources. 

Le dôme de Genbaku, de style occidental, est le seul édifice à avoir supporté le souffle de l’explosion atomique. Toujours debout, il a été renforcé et demeure en l’état, comme un témoignage immuable du passé. Il se situe à deux pas du parc du Mémorial de la Paix, aménagé à proximité de l’hypocentre. Ouvert en avril 1954, ce vaste parc occupe une superficie de 122 100 m2, incluant le musée de la bombe atomique, ainsi qu’un cénotaphe, divers monuments commémoratifs, et la Flamme de la Paix.

La tour Orizuru se situe quant à elle près du dôme de Genbaku. Elle a été inaugurée par la société Mazda en 2016, en hommage à ses employés victimes de la catastrophe. Lieu de détente et de recueillement, elle est un havre de quiétude offrant un panorama original sur la ville.

Dans les montagnes de Hiroshima

Pour approfondir la découverte de Hiroshima, rien de tel qu’une balade le long du « chemin de l’Histoire » (Futaba no Sato). Long de 10 km, celui-ci relie en un seul itinéraire seize sites historiques de l’est de la ville, incluant de nombreux temples et sanctuaires. Ce parcours inclut l’ascension du mont Futaba depuis le sanctuaire Hiroshima Tôshôgû, une belle randonnée menant à la Pagode de la Paix.

Parchemins dans un fontaine du temple Mitaki dera, Hiroshima

Fondé en l’an 809, le temple Mitaki-dera se dresse quant à lui sur les flancs du mont Mitaki, au nord-ouest de la ville. Il est traversé par trois cascades, dont les eaux sont chaque année utilisées comme offrande lors de la Cérémonie Commémorative au Mémorial de la Paix. On peut également y croiser une petite pagode, ainsi qu’un cimetière moussu peuplé de jizô. L’automne, un tapis de feuilles cramoisies apporte une touche de couleur supplémentaire au décor luxuriant de ce temple magique. C’est un endroit que je vous recommande vivement de visiter à Hiroshima. Mitaki-dera est en effet l’un des plus beaux spots à momiji de toute la préfecture, d’où l’on peut profiter d’une vue imprenable sur la ville.

Une cité dynamique

Visiter Hiroshima passe aussi par la découverte de ses spécialités culinaires. Outre le célèbre okonomiyaki local, Hiroshima regorge en effet de mets très savoureux. Citons notamment les tsukemen (nouilles froides), uni-horen (épinards aux oursins), koiwa-shi (alevins de sardine), shirunashi tatanmen (nouilles chinoises sans soupe), gansu (purée de poisson pané)… Tous ces plats peuvent être dégustés au gré des saisons dans les restaurants locaux, où règne une ambiance décontractée. 

Cet état d’esprit chaleureux est la marque de fabrique de Hiroshima. Pour l’expérimenter pleinement, pourquoi ne pas assister à un match de baseball des Hiroshima Carps ? L’équipe, très célèbre, a été créée en 1949 pour accompagner la renaissance de la ville.


Kendama

(Hatsukaichi)

Cuillère à riz shakushi

(île de Miyajima)

Pinceau de Kumano

(Kumano)

Vannerie en bambou

(Takehara)

Mihara daruma

(Mihara)

Koto

(Fukuyama)

Impossible de visiter Hiroshima sans explorer la célèbre île de Miyajima. De son vrai nom Itsukushima, celle-ci se situe dans la ville de Hatsukaichi, au sud-ouest de Hiroshima-shi. On peut se rendre à Miyajima en prenant le ferry depuis l’embarcadère situé à proximité de la gare de Miyajimaguchi. La traversée ne dure qu’une dizaine de minutes.

Miyajima (« île sanctuaire ») est considérée comme une île sacrée par les adeptes du shintoïsme. C’est pourquoi elle ne possède aucun cimetière, malgré la présence d’un temple bouddhiste très ancien, le Daishō-in, fondé en l’an 806. Celui-ci est cependant moins connu que le torii flottant, véritable emblème de l’île. 

Itsukushima-jinja et son torii flottant

Haut de plus de 16 m, ce colossal monument se dresse à environ 200 m de la côte et pèserait plus de 60 tonnes. Il est possible de l’approcher à marée basse, pour mieux en apprécier la stature. Ce torii fait partie du sanctuaire Itsukushima-jinja. Entièrement bâti sur pilotis depuis sa reconstruction de 1168, ce dernier semble flotter sur l’eau à marée haute. 

Le temple Daisho-in

Plus discret mais non moins important, le temple Daisho-in appartient à l’école bouddhiste Shingon. Il est connu pour ses 2500 à 3000 statues. Sa porte Niômon  conduit à un long escalier dont la rampe centrale est ornée de moulins à prières dorés. Sur la gauche, un chemin invite à grimper parmi 500 statues représentant les disciples du Bouddha.

Le temple Daisho-in est aussi le point de départ de l’un des trois sentiers d’ascension menant à l’observatoire du mont Misen. Il inclut le Reikadô, pavillon abrite un Feu Éternel qui brûlerait depuis 1 200 ans. Le sentier Daisho-in est souvent considéré comme le plus facile pour effectuer l’ascension du mont Misen, mais il en existe deux autres :  les sentiers Omoto et Momijidani. Ce dernier débute dans le parc Momijidani , qui abrite également le téléphérique menant à l’observatoire de Shishiiwa. 

Observatoire Shishiiwa sur le mont Misen, Miyajima, préfecture d'Hiroshima

Quel que soit le mode d’ascension, la balade offre de magnifiques points de vue sur la mer Intérieure de Seto.

Omotesando Shotengai

Pour reprendre des forces, la rue commerçante Omotesando Shotengai est le meilleur endroit. On y trouve toutes sortes de mets et d’artisanats emblématiques de l’île. Certains commerces proposent même des ateliers culinaires autour du momiji manjû.

Les ruelles du quartier abritent également quelques machiya et des auberges traditionnelles dotées de sources chaudes, pour les voyageurs souhaitant dormir sur place. L’essentiel de Miyajima peut cependant être visité en une journée, à condition de bien anticiper son timing. Pour optimiser son excursion, l’astuce est de bien prévoir les horaires de la marée.


Okonomiyaki

(Hiroshima)

Momiji manjû

(île de Miyajima)

Anagomeshi

(île de Miyajima)

Huître panée

(île de Miyajima)

Niku-jaga

(Kure)

Bishu nabe

(Saijo)

Sake de Saijo

(Saijo)

Usagi no hanakusoft

(île d’Okunoshima)

Gâteau au citron de Setoda

(Onomichi)

Ramen d’Onomichi

(Onomichi)

Hattendo

(Mihara)

Daurade grillée

(Tomonoura)

À l’est de la ville de Hiroshima, le littoral de la mer intérieure de Seto regroupe quelques destinations pleines de charme. L’endroit est idéal pour visiter Hiroshima en marge des grands itinéraires touristiques.

Kure et Saijo, capitale du saké

La ville portuaire de Kure occupe une vaste péninsule et quelques îles. Son musée de la Force d’autodéfense maritime (JMSDF) témoigne de l’importance stratégique de la ville, spécialisée dans la sidérurgie et de la construction navale. On peut y admirer le navire-musée JDS Akishio (SS-579). Le musée Yamato tout proche doit quant à lui son nom à un mythique cuirassé assemblé dans ses ateliers. Une réplique à l’échelle 1/10e est visible sur place.

Kure est aussi célèbre pour son saké, une spécificité partagée avec le bourg de Saijo, dans la ville voisine de Higashihiroshima. On trouve en effet à Saijo une dizaine de brasseries de saké. Sept d’entre elles se situent autour de la rue Sakagura, aux abords de la gare centrale. Chaque année en octobre, ce quartier pittoresque est le théâtre d’un important festival regroupant des producteurs d’alcool de riz venus de tout l’archipel. 

Takehara et l’île aux lapins d’Okunoshima

Au sud de Saijo, la ville côtière de Takehara est l’endroit est idéal pour flâner dans un décor authentique, parmi les belles maisons en bois de la zone commerçante. Niché sur les hauteurs d’une colline dominant le quartier historique, le temple Saiho-ji est l’un des plus importants lieux de culte locaux. Sa terrasse panoramique offre une vue magnifique sur l’ensemble de la ville et sur la mer. 

À environ 20 minutes à pied du quartier historique, le port de Takehara est quant à lui une escale incontournable pour se rendre à Okunoshima , l’unique « île aux lapins » du Japon. Près de 700 lapins sauvages vivent en totale liberté sur ce caillou d’à peine 4 km2, qui abritait une usine d’armement chimique durant la Seconde Guerre mondiale. Dernier vestige de cette époque, le musée des gaz toxiques est désormais un lieu de sensibilisation véhiculant un message de paix universel.

POUR ALLER PLUS LOIN

Prolongez la découverte de la préfecture de Hiroshima avec Gotochi, le guide illustré du Japon régional (vol. 1)

Depuis Takehara, on peut rejoindre l’ancienne province de Bingo en longeant le littoral vers l’est. Les principales villes de la région sont Onomichi et Fukuyama.

Onomichi et ses îles

Située sur les rivages du détroit du même nom, Onomichi charme par sa physionomie entre mer, montagnes et forêts. Le principal site touristique des environs est le mont Senko-ji , qui surplombe le centre historique. On accède à son sommet en téléphérique. La descente s’effectue ensuite à pied, via le « chemin de la littérature » (bungaku no komichi) menant au temple Senko-ji. Plus bas, le sentier croise un panorama célèbre, immortalisé par Ozu Yasujiro dans son film Tokyo Monogatari. La promenade s’achève du côté de Neko no Hosomichi, « l’allée des chats ».

Onomichi est également une étape majeure de la Shimanami Kaidô, un itinéraire cyclotouristique traversant les îles de la mer intérieure de Seto pour rejoindre Imabari, à Shikoku. 

Fukuyama et le port de Tomonoura

Deuxième ville la plus peuplée de la préfecture de Hiroshima, Fukuyama possède elle aussi de nombreux atouts, à commencer par son donjon récemment rénové, situé à deux pas de la gare centrale.

Reconstruit en 1966, le château de Fukuyama se situe au cœur d’un vaste parc de 37 hectares et abrite en musée d’histoire locale doté d’un observatoire.

Donjon du château de Fukuyama, préfecture d'Hiroshima

À 15 km au sud-ouest du centre-ville, le temple Shinsho-ji est une autre attraction phare de Fukuyama. Il occupe un immense terrain boisé jalonné de sentiers de randonnée et comporte plusieurs installations (salons de thé, musée…). Le clou de la visite est le Kohtei, une installation d’art contemporain au design épuré. Un spectacle pour les cinq sens y a lieu toutes les trente minutes. Le sud-est de Fukuyama, enfin, abrite le petit port de Tomonoura, qui inspira le décor du film d’animation Ponyo sur la falaise. Son phare de pierre est particulièrement célèbre.

Envie de visiter Hiroshima hors des sentiers battus ? Sauvage et vallonné, le nord de la préfecture de Hiroshima brille par la beauté de ses environnements naturels. On y séjourne pour se mettre au vert dans un décor ressourçant.

La région de Geihoku à l’ouest

Haut de 1346 m, le mont Osorakan est le point culminant de la préfecture de Hiroshima. Il domine la rivière Ota, qui serpente parmi montagnes et forêts. On peut parcourir ses méandres à pied ou en kayak. Les splendides gorges de Sandankyo sont quant à elles jalonnées de rochers, de ravins et de cascades. Elles font partie du parc Nishi-Chugoku Sanchi, qui déborde sur les préfectures voisines de Shimane et Yamaguchi.

Akitakata, enfin, est une escale plus confidentielle, célèbre localement pour sa tradition de la danse Kagura. La ville compte pas moins de vingt-deux troupes qui perpétuent cette danse rituelle depuis l’époque Edo.

La région de Bihoku à l’est

Le territoire de Bihoku démarre à partir de la ville de Miyoshi. Ici se trouve le musée Miyoshi Mononoke, consacré à Ino mononoke roku, une histoire de fantômes célèbre dans tout le Japon. En poursuivant toujours vers l’est, on rejoint Shobara et le parc national de Bihoku . Cette immense zone naturelle abrite de nombreux champs de fleurs qui varient au fil des saisons.

Le parc Hiba Dogo Taishaku, enfin, chevauche les préfectures de Hiroshima, Shimane et Tottori. Il abrite les célèbres gorges de Taishaku, et notamment le pont Onbashi, formidable arche naturelle de calcaire enjambant la rivière. 


La plus ancienne fête de l’huître du Japon se déroule sur l’île de Miyajima.

Une cérémonie en mémoire des victimes de la bombe atomique de Hiroshima. À 8h15, toutes les cloches et sirènes de la ville retentissent. La nuit, des lanternes flottantes sont déposées sur la rivière Motoyasu.

Connu pour sa danse Yassa Odori, ce festival né au 16e siècle à Mihara dure trois jours pendant la période d’O-bon.

200 000 personnes participent chaque année à ce festival, le plus important de Saijo. Au programme : vente et dégustation de saké, procession de mikoshi (autel portatif), danse, et concerts.

Un festival désigné patrimoine culturel, où trois démons sèment joyeusement la pagaille dans les rues de la ville d’Onomichi.


  • Shinkansen Nozomi (direct) depuis Tokyo
  • San’yo Shinkansen depuis Osaka, Kobe, Himeji, Okayama et Fukuoka (Hakata)
  • JR San’yo Line depuis Himeji, Okayama, Kurashiki, Yamaguchi et Shimonoseki

  • Ferry Setonaikai Kisen vers Hiroshima et Kure depuis Matsuyama

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