Hiroshima

Le jardin Shukkei en

Entre deux spots touristiques, rien de tel que de se poser au calme dans un jardin japonais. Dans les grandes villes notamment, j’apprécie beaucoup ces petites respirations, où le temps semble ralentir. Si le jardin Shokado de Yawata reste à ce jour mon préféré au Japon, le jardin Shukkei-en d’Hiroshima a lui aussi quelques arguments à défendre. C’est ici que je vous emmène aujourd’hui

Situé sur les rives de la rivière Kyôbashi, entre le château d’Hiroshima (à l’ouest) et la gare principale (à l’est), le jardin Shukkei-en est aménagé autour d’un étang. Je l’ai parcouru en automne, après l’éprouvante (mais incontournable) visite du Parc du Mémorial de la Paix. Je cherchais alors un endroit plus serein pour finir l’après-midi… Et c’est ici que mes pas m’ont menée.

Le paisible jardin Shukkei-en

Le terme « shukkei-en » signifie littéralement « jardin à rétrécir les paysages ». On y découvre donc une succession de paysages miniaturisés, qui se dévoilent au fur et à mesure de la visite, comme autant de tableaux vivants. Lumière dorée, brise légère et clapotis de l’eau en fond sonore… Le Shukkei-en est une véritable oasis dans le paysage urbain. On en oublierait presque la présence de la ville tout autour, que seuls quelques hauts immeubles trahissent par endroits.

La visite commence par la traversée d’une large allée ombragée, menant de la billetterie aux rives du vaste étang de Takuei. Car le jardin Shukkein-en est un jardin à visite circulaire. On le parcourt en faisant le tour du plan d’eau, le long d’un sentier soigneusement aménagé. Montagnes et vallées, ponts et pavillons de thé, s’intègrent dans cet environnement avec harmonie.

Lors de mon passage, les arbres, parés de leurs plus belles couleurs, étaient déjà habillés pour l’hiver. Des protections en paille de riz (yukitsuri) ornaient la plupart des troncs. Malgré une météo exceptionnelle, il y avait peu de monde dans les allées ce jour-là. Un couple profitait de l’après-midi pour faire ses photos de mariage, et a gentiment accepté de poser pour moi.

Il faut dire qu’avec ses dix îlots et son célèbre pont central, le kokô-kyô, le jardin Shukkei-en est vraiment très photogénique. L’étang de Takuei reflète le ciel et la végétation comme un miroir, et malgré la présence de quelques tours bien visibles, l’ensemble reste toujours très élégant.

Promenade dans l’Histoire

Le jardin Shukkei-en fait partie de la sélection officielle des 100 principaux parcs historiques du Japon. Il est géré par la préfecture d’Hiroshima (le musée préfectoral se situe d’ailleurs à côté du jardin).

Pour la petite histoire, sa construction commença en 1620, durant l’époque Edo (1603-1868). Il s’agit d’une commande du tout nouveau daimyo (seigneur de guerre) du domaine d’Hiroshima. Au cours de l’ère Meiji (1868-1912), le site gagne en importance. L’empereur lui-même y réside quelques temps, en pleine guerre sino-japonaise. À cette époque (1894-1895), le quartier général de l’armée impériale est temporairement transféré au Château d’Hiroshima, situé à deux pas.

En 1940, le clan Asano, propriétaire du jardin, en fait don à la préfecture d’Hiroshima. Cinq ans plus tard, le site est très gravement endommagé par l’explosion de la bombe atomique. Il ne rouvre au public qu’en 1951, après une longue campagne de restauration menée par le Comité d’Éducation de la préfecture d’Hiroshima.

Cinquante nuances de vert au jardin Shukkei-en

Le Shukkei-en abrite 4 826 arbres, dont trois seulement ont survécu à l’explosion de la bombe A. Pendant le koyo, leurs feuillages semblent rayonner de mille nuances de vert, d’or et de pourpre, sublimées par la chaude lumière d’automne. En s’éloignant un peu de l’étang central, on prend de la hauteur sur une colline boisée, où la végétation se fait plus dense, luxuriante. Seuls le chant des oiseaux et le son de la rivière Kyôbashi en contrebas viennent troubler le calme ambiant. En haut du sentier, un grand « parasol » solitaire invite à la rêverie.

Puis le sentier redescend en douceur, pour rejoindre l’étang de Takuei, rive nord. On atterrit alors près d’un pavillon sur pilotis, le yûyû-tei.

Pont arc-en-ciel et mini-sanctuaire

Une fois le tour accompli, reste à découvrir l’un des clous de la visite. Le kokô-kyô ou « pont arc-en-ciel » est un petit pont de pierre voûté enjambant l’étang de Takuei, et menant de la maison de thé Seifû-kan au Mont Kifuku. S’il a l’air très simple à gravir de loin, ce pont est assez pentu! Mais il est heureusement possible de le contourner pour rejoindre l’autre rive. Au pied du pont, les carpes multicolores dansent, réclamant un peu de nourriture aux visiteurs de passage.

Le Mont Kifuku est un lieu sacré, qui abrite un petit sanctuaire shintô dédié à la Paix. Il a été bâti en 1713 par le cinquième daimyo d’Hiroshima, Asano Yoshinaga, qui souhaitait ainsi honorer la mémoire de ses prédécesseurs. L’endroit est vraiment calme et apaisant, je vous le recommande pour une petite pause en fin de parcours.

Modeste par la taille mais grand par sa richesse, le Shukkei-en est un jardin japonais élégant, marqué par l’Histoire. L’endroit est idéal si vous souhaitez vous offrir un moment de quiétude, loin du tumulte de la ville.


Horaires : Ouvert tous les jours, de 9h à 17h

Tarifs : ¥260 par adulte, ¥260 par enfant

Plus d’information sur www.shukkeien.jp

Mise à jour : mai 2020

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