Kanagawa

Le port de Yokohama

À moins d’une heure de train du centre de Tokyo, le port de Yokohama est une escale de premier plan au sein du Grand Tokyo. Des entrepôts de briques rouges du début du 20e siècle au quartier Minato Mirai 21, il nous raconte l’incroyable développement du Japon de la restauration Meiji, et son ouverture au commerce international, après deux siècles d’isolationnisme total.

Yokohama, c’est surtout la deuxième ville la plus peuplée du Japon, avec plus de 3,7 millions d’habitants, et le premier port international de l’archipel. Tout comme Kobe et Nagasaki, la ville a bénéficié très tôt d’un essor économique remarquable, au contact des premiers négociants étrangers. Cette ouverture précoce au monde a fait de Yokohama une cité moderne et cosmopolite. On y croise, par exemple, le plus grand Chinatown du Japon, et des églises catholiques, comme la surprenante église Notre-Dame de Yokohama, dont la petite silhouette détonne au milieu des gratte-ciel.

Le plus important port du Japon

Longtemps resté un modeste bourg de pêcheurs en bordure de la baie de Tokyo, Yokohama prend son essor dès 1859, grâce à l’inauguration de son port qui acquiert progressivement une dimension internationale. Le début du 20e siècle est une période d’expansion foisonnante! En grande partie détruite lors du grand séisme du Kanto en 1923, puis dévastée par les bombardements américains pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville conserve malheureusement peu de traces visibles de ces années glorieuses.

Red Brick Warehouse, l’entrepôt de briques rouges de Yokohama

Baptisé Akarenga Soko en japonais, cet ensemble de deux bâtiments se situe en plein coeur de la zone portuaire. Il est facilement reconnaissable à son architecture d’inspiration occidentale, très atypique pour l’endroit. C’est pourtant un japonais qui en a dessiné les plans, l’architecte Yorinaka Tsumaki, à qui l’on doit notamment le pont Nihonbashi à Tokyo. Tsumaki a choisi la brique rouge, matériau rarement employé au Japon, pour habiller la solide structure en acier de l’édifice. L’ensemble offre une remarquable résistance aux incendies.

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Le quai Shinko où se dresse le Red Brick Warehouse était autrefois le centre névralgique du port de Yokohama, où amarraient les navires de commerce venus du monde entier. Les entrepôts n°1 et 2 datent respectivement de 1913 et 1911. Ils servaient au stockage des marchandises, et faisaient initialement la même taille, avant que le grand séisme de 1923 ne détruise la moitié du bâtiment n°1. Ce dernier abrite désormais un centre culturel accueillant spectacles et concerts, tandis que l’entrepôt n°2 accueille une zone commerciale avec restaurants et boutiques.

Enfin, l’Event Space situé entre les deux bâtiments accueille des événements saisonniers, comme par exemple un marché de Noël en hiver ou un village balnéaire l’été. 

Le majestueux Nippon maru

Autre vestige de la gloire de Yokohama dans la première moitié du siècle dernier, le navire-école Nippon Maru, construit à Kobe en 1930, trône fièrement au pied de la Landmark Tower. Transformé en navire musée, il marque l’emplacement du Yokohama Port Museum.

Le musée portuaire de Yokohama (Yokohama Port Museum) est actuellement fermé pour rénovation, de juin 2021 à avril 2022. Le Nippon Maru, quant à lui, est toujours accessible de 10h à 17h (fermé le lundi).

Désigné Bien Culturel important en 2017, le Nippon Maru a servi à la formation de près de 11500 marins japonais en 54 ans de service, parcourant un total de 1 830 000 km à travers les mers du globe. Considéré comme l’un des fleurons de la puissance maritime japonaise, il est ouvert au public depuis 1985.

Avec sa coque blanche, élégante et élancée, et ses impressionnants quatre mâts, le Nippon Maru est incontestablement l’une des attractions phares du port de Yokohama. Il est surtout l’un des symboles de son quartier des affaires: Minato Mirai 21.

Minato Mirai 21, le quartier des affaires de Yokohama

Silhouette emblématique de la skyline de Yokohama, le quartier Minato Mirai 21 est une construction récente, démarrée en 1983. Pour l’admirer dans toute sa splendeur, le meilleur point de vue est sans conteste le terminal maritime international de Yokohama, à deux pas du parc Yamashita. 

Une promenade le nez en l’air

Visiter Minato Mirai 21 a de quoi donner le vertige. Vastes parcs et esplanades, hauts gratte-ciel côtoyant les nuages… Je me suis sentie minuscule dans ce décor démesuré. Le quartier de Shin Umeda City, à Osaka, m’avait donné une impression similaire, tout comme Shinjuku à Tokyo. C’est dans ce genre d’endroits que l’on prend conscience de l’immensité écrasante des mégalopoles japonaises.

Cette impression m’a semblée d’autant plus forte que je suis arrivée par la gare souterraine de Minato Mirai, située sous un très grand centre commercial entouré d’immeubles vertigineux (dont la Landmark Tower). J’ai donc passé mes premiers instants à Yokohama le nez en l’air, cherchant à m’éloigner pour prendre la mesure de ce que je voyais, avec le sentiment d’être une petite fourmi écrasée par son environnement. C’est une expérience difficile à décrire, une sorte de vertige face à l’immensité, qui m’a saisie dès mon arrivée.

Le quartier de tous les records

Minato Mirai 21 est surtout connu pour deux de ses attractions, qui ont fait entrer la ville au Guinness Book des Records. Cosmo Clock 21 tout d’abord est une grande roue géante installée en 1989, dans le cadre de l’exposition de Yokohama. Haute de 107,5 mètres à l’origine (112,5 mètres depuis son réassemblage en 1999), elle restera pendant 8 ans la plus haute grande roue du monde

Cosmo Clock 21 est également, aujourd’hui encore, la plus grande horloge du monde. La voir d’en bas est impressionnant. Je ne suis pas montée dedans, mais il paraît qu’un tour complet dure environ 15 minutes, et offre un superbe panorama sur l’ensemble de la zone portuaire.

Aussi immense qu’elle soit, Cosmo Clock 21 ne peut rivaliser avec sa voisine, la monumentale Landmark Tower. Haute de 296 mètres, cette tour achevée en 1993 était, à l’époque de sa construction, le plus haut bâtiment du Japon, et la seconde plus haute structure de l’archipel, derrière la tour de Tokyo. Il faudra attendre 2010 pour que l’Abeno Harukas d’Osaka fasse mieux.

La Landmark Tower est également réputée pour abriter l’un des ascenseurs les plus rapides du monde, capable de gravir 12,5 mètres par seconde. Je n’ai bien-sûr pas résisté à l’envie de monter au 69e étage de cet édifice, pour admirer la vue sur Yokohama et la baie de Tokyo.

Au sommet de la Landmark Tower

Vous le savez, j’ai un faible pour les observatoires japonais. La Landmark Tower constituait donc, à mes yeux, un incontournable. Il s’ajoute à ma petite collection d’articles, après la Tokyo Skytree et la Tour de Tokyo, la Kyoto Tower et l’Umeda Sky Building d’Osaka.

Réalisation américano-japonaise, la Landmark Tower comporte 71 étages. Du sous-sol au 7e étage, elle accueille principalement des commerces et restaurants. Des bureaux occupent les niveaux suivants, jusqu’au 49e étage où se situe l’hôtel 5* Yokohama Royal Park. Les 69e et 70e étages abritent respectivement une boutique de souvenirs et l’observatoire à 360°. Le 71e étage, enfin, est inaccessible au public.

Vous vous en doutez, à près de 300 mètres d’altitude, le Landmark Tower Sky Garden offre une vue exceptionnelle sur Yokohama, mais aussi Tokyo, sa baie, et le Fujisan par beau temps. 

La météo était nuageuse lors de mon passage, mais on devine sans peine la mythique silhouette du mont Fuji dans la brume au loin. Une vue qui confirme que le Landmark Tower Sky Garden est incontestablement l’un des meilleurs observatoires de la préfecture de Kanagawa, et même de l’ensemble de la région du Kanto.

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