Que faire à Yamaguchi ?

L’essentiel de la préfecture

À l’extrémité ouest de l’île d’Honshu, la préfecture de Yamaguchi est relié à Kyushu par un large pont traversant le détroit de Kanmon. Lieu de passage incontournable, il est le seul département du Chugoku à posséder une double façade maritime, mer du Japon au nord et mer intérieure de Seto au sud. Ce contraste est d’autant plus marqué qu’une chaîne de montagnes isole les deux littoraux. Hagi et Nagato, au nord, ont ainsi une culture et un climat semblables à ceux de Shimane et Tottori. Le sud, plus urbanisé, partage quant à lui de nombreux points communs avec Hiroshima et Okayama.

Grâce au San’yo Shinkansen reliant Osaka à Fukuoka, visiter Yamaguchi est très simple et rapide depuis le Kansai ou le nord de Kyushu.

Chef-lieu de la préfecture, la ville de Yamaguchi est idéalement située entre Hiroshima et Fukuoka. L’embouchure du fleuve Fushino lui assure une large ouverture sur la mer intérieure de Seto. Visiter Yamaguchi invite également à explorer la plus célèbre station thermale de la préfecture, Yuda Onsen.

De la pagode du Ruriko-ji au temple Joei-ji

Cité marchande fondée vers 1360 par le puissant clan Ouchi, Yamaguchi est surtout célèbre pour son patrimoine religieux. On y trouve une remarquable temple zen, le Joei-ji, doté d’un magnifique jardin sec typique de la période Muromachi, le jardin de Sesshu.

La pagode à cinq étages du Ruriko-ji, bâtie en 1442, est quant à elle l’un des symboles de la préfecture. Haute de 31,2 m, elle figure parmi les plus belles pagodes du Japon. C’est donc un incontournable à visiter à Yamaguchi. Le parc Kameyama, enfin, est l’un des centres culturels de la ville. On y trouve pas moins de deux musées préfectoraux, ainsi que l’église Saint François Xavier inaugurée en 1998. À l’est du parc, la rivière Ichinosakagawa, bordée de sakura, est un agréable lieu de promenade en plein cœur de la ville.

Yuda Onsen, la station thermale de Yamaguchi

La gare JR Yamaguchi se situe au sud du quartier et permet de rejoindre en quelques minutes la zone thermale de Yuda Onsen, surnommée « le bain du renard blanc ». La légende locale raconte en effet que ces sources auraient été découvertes grâce à l’intervention d’un mystérieux renard blanc, venu tremper sa patte blessée dans l’eau miraculeuse jaillissant des environs. En hommage à cette histoire, une immense statue de renard se dresse près de la gare. C’est l’un des spots les plus insolites à visiter à Yamaguchi !

Yuda Onsen abrite de nombreux ryokan parfois désuets et quelques sympathiques boutiques et restaurants. On peut aussi s’amuser à y chercher les références cachées au renard blanc jusque sur les plaques d’égout décorant les rues. Enfin, plusieurs ashiyu disséminés dans le quartier invitent à s’offrir une pause relaxante.

Les vallées de Yamaguchi

L’essentiel du territoire de la ville de Yamaguchi est occupé par les montagnes où l’on peut s’aventurer par la route. Au nord-ouest, les gorges de Chomonkyo bordant la rivière Abugawa sont le décor idéal d’une belle randonnée automnale. Tout comme les allées du temple Ryuzo-ji, niché au cœur d’une forêt tortueuse où s’épanouissent ginkgo et bambous. À l’est, Chogen no Sato est un passionnant parc à thème consacré au moine Chogen, qui consacra vingt-cinq années à la reconstruction du Todai-ji de Nara. Le village de Chogen reconstitue l’atmosphère nostalgique d’un hameau de montagne d’antan, avec ses maisons à toits de chaume, ses moulins à eau et son artisanat traditionnel.

La ville de Hofu

Hofu borde la mer intérieure de Seto au sud-est de Yamaguchi. Son histoire est liée au clan Mori, qui régna sur Yamaguchi à la suite du clan Ouchi dès les années 1560. La résidence et le jardin Mori sont l’un des joyaux de la ville. Aménagée entre 1892 et 1912, la demeure est désormais un musée abritant les trésors amassés par le clan. Le temple Suo Kokubun-ji, fondé en 741, doit également beaucoup à la générosité de la famille Mori. Il est le principal temple de la ville.

Hofu Tenmangu, enfin, est le plus ancien des trois grands sanctuaires Tenjin du Japon. Son histoire remonte au 10e siècle.

POUR ALLER PLUS LOIN

Prolongez la découverte de la préfecture de Yamaguchi avec Gotochi, le guide illustré du Japon régional (vol. 1)

La cité historique d’Iwakuni figure parmi les paysages les plus célèbres du Japon grâce à son pont Kintaikyô, dont l’histoire remonte au 17e siècle. 

La ville historique d’Iwakuni 

Iwakuni s’est développée durant l’époque Edo sur les deux rives du fleuve Nishiki, cours d’eau très capricieux aux crues impressionnantes. En 1673, le seigneur local inaugure un pont qu’il veut indestructible. Malgré ses solides piliers, le premier pont Kintaikyô ne résiste cependant que quelques mois. Le second en revanche tiendra 276 ans. Il est emporté par un typhon en 1950 et reconstruit à l’identique trois ans plus tard. C’est ce même pont qui peut être admiré aujourd’hui. Il permet d’accéder au quartier historique entourant le parc Kikkô. Celui-ci abrite plusieurs demeures de samouraïs, une ancienne brasserie de saké et quelques musées.

Pour les plus vaillants, le château d’Iwakuni, perché sur les hauteurs, peut être rejoint à pied via le sentier ouest traversant le parc Momijidani. Les autres préfèreront emprunter le téléphérique. Le château bâti en 1608 et abandonné en 1615 a été reconstruit en 1962. Il abrite un musée d’histoire locale et offre une vue exceptionnelle sur les environs et sur le pont en contrebas.

Yanai

Au sud d’Iwakuni, la ville marchande de Yanai s’est développée durant l’époque Edo. Son quartier historique gravite autour de la rue Shirakabe, célèbre pour ses entrepôts, ses belles maisons aux murs d’un blanc immaculé et son Kingyo Chôchin matsuri en été. La résidence de marchands Muroya-no-Sano, dotée de onze bâtiments, est l’une des plus grandes du Japon.

De Kaminoseki à Shûnan

À l’est de Yanai, la ligne JR San’yo longe jusqu’à Hofu et Yamaguchi un littoral tortueux bordé de nombreuses îles et de plages. Kaminoseki, à la pointe orientale, abrite le parc historique de Shiroyama. Kudamatsu également mérite le détour pour son charmant sanctuaire Hanaoka. À Shûnan enfin, le parc Tosoh Eigenzan surprend par son atmosphère néerlandaise un peu cliché, entre moulin et parterres de tulipes.


Uiro

(Yamaguchi)

Iwakunizushi

(Iwakuni)

Hagi hamaboko

(Hagi)

Natsumikan

(Hagi)

Kawara soba

(Shimonoseki)

Sashimi de fugu

(Shimonoseki)

Nichées sur le littoral nord de Yamaguchi, côté mer du Japon, Hagi et Nagato sont deux villes pleines de charme occupant une position stratégique.

La ville-château de Hagi

Hagi s’est développée à partir de 1604 autour de son château aujourd’hui disparu. Ses vestiges occupent la petite péninsule située au nord-ouest du quartier historique, où règne une atmosphère nostalgique digne du temps des samouraïs. La ville fortifiée était autrefois la capitale du domaine de Choshu dominé par le clan Mori. De nombreuses résidences anciennes peuvent être visitées à travers la ville, dont la maison Asa-Mori et la maison Kikuya, située à l’angle de l’allée Kikuya Yokochô. Ici, les murs blancs bardés de treillis laissent dépasser les branches d’orangers natsumikan peuplant d’invisibles jardins.

Statue de Terumoto Mori au château de Hagi

Hagi fut aussi un important foyer révolutionnaire à l’aube de la Restauration de Meiji. On retient de cette époque troublée le nom d’Ito Hirobumi, jeune samouraï devenu le tout premier Premier ministre du Japon en 1888. Opposé au shogunat, il voyagea illégalement en Angleterre en 1863, accompagné de quatre camarades de la région. Sa maison natale existe toujours à Hagi, dans le même quartier que l’académie Shôka Sonju-ku, où le révolutionnaire étudia dans sa jeunesse.

Un peu plus à l’est, le Tôkô-ji est le temple familial du clan Mori, abritant d’importantes sépultures entourées de lanternes de pierre soigneusement alignées. L’autre temple majeur de Hagi est le Daisho-in, sur la rive sud du fleuve Hashimoto.

Nagato

Ville natale de la poétesse Kaneko Misuzu, Nagato se situe au sud-ouest de Hagi. Avec ses 123 torii vermillons alignés le long du littoral, Motonosumi Inari-jinja en est le paysage le plus iconique. Accessible uniquement par la route, ce sanctuaire a été fondé en 1955 par un pêcheur des environs, suite à l’apparition d’un mystérieux renard blanc. Les torii ont été construits entre 1987 et 1997. Non loin de là, la vaste prairie de Senjojiki surplombe la mer du Japon à 333 m d’altitude, offrant l’un des plus beaux panoramas de la préfecture de Yamaguchi.

La poétesse Kaneko Misuzu (1903-1930)

La péninsule occupée par les deux sites fait face à l’île d’Omijima, dotée de nombreuses formations rocheuses insolites entre grottes, falaises et piliers battus par les flots. Une croisière permet de les admirer au plus près. On peut également rejoindre l’île par la route via le quartier de Senzaki, en remontant depuis la gare éponyme la rue Kaneko Misuzu. Le mémorial dédié à la poétesse se situe sur le trajet.


Ouchi Ningyô

(Yamaguchi)

Kingyo Chôchin

(Yanai)

Céramique Hagi-yaki

(Hagi)

À l’extrémité ouest du département, la région de Shimonoseki assure la liaison stratégique entre Honshu et l’île de Kyushu. Cette zone, en particulier les environs d’Ube et Mine, invite à visiter Yamaguchi loin des sentiers battus.

La ville de Shimonoseki

L’histoire de Shimonoseki est émaillée d’épisodes tumultueux liés au contrôle du détroit de Kanmon séparant les deux îles. Le plus connu d’entre eux est la bataille navale de Dan-no-Ura, en 1185. Non loin du mémorial érigé dans le parc Mimosusogawa, l’élégant sanctuaire Akama-jingu rend hommage au jeune empereur Antoku qui périt noyé pendant la bataille, à l’âge de 6 ans.

Aujourd’hui, un large pont suspendu relie Shimonoseki au quartier de Kokura à Kitakyushu, doublé d’un réseau de trois tunnels sous-marins, dont un piéton. Le pont Kanmon date de 1973. On peut l’admirer depuis le parc Hinoyama. Avec son splendide jardin de tulipes, ce dernier offre l’un des plus beaux panoramas nocturnes du Japon.

Parmi les autres attractions de Shimonoseki, on trouve notamment :

  • la tour Kaikyô Yume
  • l’ancien consulat britannique
  • l’aquarium Kaikyô-kan
  • le marché aux poissons de Karato, réputé pour ses sashimi de fugu
  • le sanctuaire Kameyama Hachimangu
  • le quartier Chôfu (jardin Chôfu, résidence Chôfu Mori, temple Kôzan-ji)

Enfin, la petite île de Tsunoshima est quant à elle l’endroit idéal pour pour profiter du paysage grandiose de la mer bleu cobalt en été.

Ube et Mine

Cité industrielle, Ube possède un important musée d’art contemporain, dans l’écrin verdoyant du parc Tokiwa. 200 sculptures sont disséminées à travers la ville, principalement dans le parc et le quartier de la gare Ube-Shinkawa. Elles sont liées à un important festival international de sculpture contemporaine, la Biennale d’Ube.

Au nord, Mine est un territoire montagneux où l’on peut admirer le spectaculaire plateau karstique Akiyoshidai. Si vous souhaitez visiter Yamaguchi hors des itinéraires classiques, vous êtes au bon endroit ! Ici se dressent de surprenantes formations rocheuses datant de plus de 300 millions d’années. On trouve également dans les parages la grotte calcaire d’Akiyoshido et l’étang Beppu Benten aux eaux d’un bleu intense.


Bâtie par le clan Ouchi sur le modèle de Kyoto, la ville de Yamaguchi possède comme l’ancienne capitale son propre Gion matsuri. Celui-ci inclut parades, défilés de mikoshi et danse du héron.

Le festival des lanternes de poissons rouges est l’événement phare de l’été à Yanai. Il offre une belle occasion de visiter Yamaguchi sous l’angle du folklore et de la tradition. Des chars ornés de lanternes typiques déambulent dans les rues à la nuit tombée.


  • San’yo Shinkansen depuis Osaka, Kobe, Himeji, Okayama, Hiroshima et Fukuoka (Hakata)
  • Ligne JR San’yo depuis Himeji, Okayama, Kurashiki, Hiroshima et Shimonoseki
  • Ligne JR San’in depuis Matsue, Tottori et Kyoto


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