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Le Japon accessible

Comment voyager au Japon avec un handicap ?

En France, on distingue 6 grandes familles de handicaps : moteur, sensoriel, psychique, cognitif, mental et invalidant. On estime par ailleurs qu’environ 80% des handicaps sont invisibles. Cet article traitera principalement des handicaps moteur et sensoriel, qui nécessitent des aménagements ou du matériel spécifiques pour être surmontés. Cependant, si votre question porte sur un autre type de handicap et ne trouve pas de réponse ci-dessous, je vous invite à solliciter directement Anaïs de Kokoro Voyages, via son formulaire de contact.

Parfait compromis entre le dépaysement de l’Orient et la modernité de l’Occident, le Japon est une destination qui sort indéniablement du lot pour les voyageurs en quête de confort. Petit tour d’horizon de ses atouts et faiblesses en matière d’accessibilité.

Les atouts du Japon

Le Japon offre d’indéniables garanties de confort et de sécurité à ses visiteurs, qui ne sont pas anodines pour les personnes à mobilité réduite. C’est un fait, l’archipel est vieillissant. En 2025, près de 30 % de ses 124 millions d’habitants ont plus de 65 ans, un chiffre qui devrait avoisiner les 40 % en 2050. Cette situation inquiétante présente néanmoins un avantage majeur. En effet, le pays est globalement bien adapté aux personnes en perte d’autonomie, de plus en plus nombreuses.

Des transports adaptés

Cette qualité est particulièrement visible dans les transports en commun. Confortables et propres, les grandes gares sont généralement dotées d’ascenseurs, ainsi que de rampes ou d’escaliers roulants.

Les emplacements pour les fauteuils sont aisément identifiables par un visuel rose, ce dès l’arrivée sur le quai. Réserver une assistance en amont pour prendre le train n’est pas nécessaire, il suffit de venir 30 minutes en avance. Quant aux bus, trains et tramways, ils sont souvent dotés de rampes amovibles, notamment (mais pas exclusivement) à Tokyo et Kyoto.

Confort et respect

Où que l’on aille au Japon, on trouve par ailleurs des toilettes propres en quelques minutes, et de quoi manger ou s’hydrater facilement. Sur les sites touristiques adaptés, le prêt de fauteuil roulant et la présence de toilettes polyvalentes est la norme. Sans oublier un personnel bien formé. Le respect est de mise chez la plupart des japonais, qui ne lorgnent pas sur les places de stationnement réservées aux PMR. L’entretien et les aménagements des rues facilitent également la circulation en fauteuil. Il n’y a pas de poubelles, de déjections canines ou de voitures garées sur les trottoirs par exemple.

Ces atouts ne concernent pas seulement Tokyo et Kyoto. Kanazawa, Takayama, Osaka, Kobe, Uji, Nara, Nagano, Nagoya, Fukuoka… sont des destinations tout à fait adaptées au tourisme pour les PMR. Ces lieux offrent par ailleurs une grande variété d’activités accessibles : musées, jardins, parcs, observatoires, temples, sanctuaires, châteaux…

Les faiblesses du Japon

Malgré ces atouts indéniables, le Japon présente également d’importants défis pour les PMR. Territoire très montagneux, l’archipel compte un grand nombre de sites touristiques haut perchés, difficiles d’accès même pour les personnes valides. Évoquons notamment des sanctuaires célèbres comme Fushimi Inari Taisha ou Kotohira-gu, dotés d’interminables escaliers. De même, les châteaux anciens tels que Himeji ou Matsumoto peuvent être admirés de l’extérieur, mais leur visite est absolument impossible, à cause de leurs escaliers raides et étroits.

Les quartiers historiques présentent eux aussi des contraintes importantes, leurs rues parfois très étroites obligeant les fauteuils à circuler sur la chaussée. De manière générale, la découverte des sites historiques peut s’avérer un défi de taille, les aménagements n’étant pas toujours possibles à mettre en œuvre sans dénaturer les lieux.

Le poids des traditions

Vivre l’expérience japonaise peut également s’avérer frustrant dans certains établissements, notamment les ryokan anciens et les restaurants traditionnels. Ces derniers peuvent en effet être très étroits ou dotés de genkan (marche délimitant l’entrée du logis) difficiles à franchir. Le fauteuil roulant n’est donc pas le bienvenu partout, même si les établissements plus modernes compensent largement cette difficulté. Malheureusement, il n’existe pas au Japon de label officiel recensant les hébergements, restaurants ou lieux de visite adaptés aux PMR, ce qui rend la recherche d’informations très fastidieuse.

Du côté des onsen et sento, de plus en plus d’établissements disposent de fauteuils roulants et d’aménagements adaptés, notamment de barres d’appuis. Malheureusement, la majorité de ces lieux continuent de refuser les personnes tatouées, ce qui exclut de nombreuses personnes à mobilité réduite. Le poids des traditions peut donc s’avérer un frein réel au bon déroulement de votre séjour.

Ville ou campagne ?

Si les grandes villes japonaises sont globalement bien adaptées aux PMR (avec une mention spéciale pour Tokyo, qui a récemment fait d’énormes efforts de communication sur l’accessibilité), les petites villes de province sont bien souvent à la traîne. Cette situation est notamment perceptible dans certaines gares rurales, qui ne disposent ni de rampes, ni d’ascenseurs pour accéder aux quais. Il est donc important de bien choisir sa destination pour éviter les mauvaises surprises une fois sur place.

Les villes offrent davantage de confort et restent également plus sûres pour les personnes malvoyantes, entre feux tricolores sonores et marquage au sol. Toutefois, les personnes souffrant de handicaps psychiques (autisme ou anxiété) pourront être déstabilisés par la foule, le brouhaha et les néons agressifs de certains quartiers touristiques, tels que Shinjuku ou Shibuya à Tokyo par exemple.

Comme mentionné précédemment, il n’existe pas au Japon de label équivalent à Tourisme et handicap. Cependant, des initiatives locales existent, notamment à Tokyo. On peut ainsi consulter en ligne une liste des métros accessibles, ou encore un guide d’accessibilité très complet, îles Izu et archipel d’Ogasawara inclus. Des bases de données plus larges, telles que celle du Japan Accessible Tourism Center ou de l’organisation Accessible Japan, existent également. Mais attention : les informations fournies sur ces sites ne sont pas toujours exactes ni à jour. Si vous les utilisez, n’hésitez pas à croiser les sources, et méfiez-vous surtout des liens hôteliers, parfois obsolètes.

Kokoro Voyages travaille actuellement à la création d’une carte du Japon accessible, avec l’aide de contributeurs extérieurs (dont je fais partie). Une version allégée de cette carte, en constante évolution, est disponible gratuitement sur demande. La version plus complète est destinée aux clients d’Anaïs.

Gardez en tête qu’un voyage accessible au Japon ne s’improvise pas. Les facteurs à prendre en compte sont nombreux, avec des conséquences potentiellement énormes sur le déroulé du séjour et, dans certains cas, des enjeux de santé bien réels. De nombreux travel planner ont démarré leur activité ces dernières années, mais très peu ont une expérience professionnelle réellement tournée vers l’accessibilité et la gestion du handicap. Contrairement à Anaïs, qui vous présente son activité ci-dessous.

Je suis Anaïs, travel planner spécialiste du Japon et de l’accessibilité depuis bientôt deux ans. J’ai créé Kokoro voyages avec l’envie de concilier mon amour du Japon, ma passion du voyage, mon besoin de me rendre utile. L’univers du tourisme était alors nouveau pour moi. Je me suis donc formée au métier de « conseiller vendeur en voyage ».

Avant cela, titulaire d’un BPJEPS Animation Sociale, j’ai travaillé durant près de 10 ans dans les domaines du social et de l’insertion, auprès de publics variés comme des personnes sous main de justice, des bénéficiaires du RSA, des jeunes déscolarisés mais aussi des enfants en situation de handicap mental et physique, des personnes âgées en EHPAD… 

Le respect, l’inclusion, le vivre ensemble sont pour moi une nécessité. C’est ce qui m’a amené à travailler auprès de public en difficulté (sociales, financières…). Travailler auprès et pour ces personnes m’a permis de me rendre compte qu’il y’avait une véritable injustice sur certains points, notamment l’accessibilité et la prise en compte de tout type de handicap. Combien de sorties, de visites j’ai dû mettre de côté à cause d’un manque d’accessibilité ! Une chose qui m’a marquée aussi, c’est le manque de tolérance, souvent dû à une méconnaissance. 

« Voyager est un droit »

En commençant à réfléchir et à travailler sur la destination Japon, je me suis vite rendue compte d’un manque flagrant de prise en considération d’un public présentant un handicap quel qu’il soit. Aucune agence de voyage généraliste (tout pays et Japon) ne proposait de séjour adapté. Certaines refusaient d’ailleurs d’organiser des voyages pour des personnes avec un handicap. Et les rares agences spécialisées sur le handicap ne proposaient que Tokyo.

C’est face à ce manquement que je me suis dis : « je peux et je dois faire quelque chose. » C’est grâce à mon parcours, mes expériences passées que je suis en mesure de comprendre les besoins et attentes des personnes en situation de handicap. Voyager est un droit. Je ne supporte pas l’injustice, qu’une personne soit mise de côté. Le voyage est un tel vecteur de bien-être, d’épanouissement, d’apprentissage, qu’il se doit d’être possible pour tous.

Oui il y’a certaines choses qui resteront inaccessibles. Oui cela demande plus de temps, d’énergie. Mais en ayant les bonnes informations, en ayant une meilleure connaissance du pays, voyager au Japon est possible

UN NOUVEAU VOYAGE COMMENCE !

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