Iwakuni et l’impressionnant pont Kintaikyo
Iwakuni, à l’est de la préfecture de Yamaguchi, abrite l’un des plus célèbres ponts du Japon : le Kintaikyo. Long d’environ 175 mètres, cet ouvrage colossal, dominé par un château haut perché, est l’attraction principale de l’ancien quartier de samouraïs de la ville. Je vous emmène à la découverte de cette destination plutôt méconnue, et pourtant très facile d’accès depuis Hiroshima.
Je n’ai quasiment jamais parlé de la préfecture de Yamaguchi sur ce blog, alors que je m’y suis rendue dès novembre 2017, à l’occasion de mon troisième voyage au Japon. C’est dire si l’article que vous lisez actuellement fait partie de mes vieux dossiers ! Il est plus que temps de réparer cette injustice et de vous emmener dans cette discrète contrée de l’ouest du Chugoku.
Tout comme la préfecture de Hyogo, Yamaguchi a la particularité de posséder deux grandes façades maritimes : mer du Japon au nord et mer intérieure de Seto au sud. La célèbre ville-château de Hagi se situe dans la partie nord, tandis qu’Iwakuni et la ville de Yamaguchi sont tournées vers le sud. Cette zone, traversée par le San’yo shinkansen reliant Osaka à Fukuoka, est par ailleurs extrêmement facile d’accès. Je m’y suis arrêtée pour quelques heures lors de mon trajet entre Hiroshima et Fukuoka. Ce périple, en pleine saison des érables, m’a non seulement amenée à Iwakuni, mais aussi au sanctuaire Hofu Tenmangu et à la station thermale de Yuda Onsen.
Le majestueux pont Kitaikyô
C’est donc depuis Hiroshima que j’ai rejoint la gare d’Iwakuni via la ligne JR San’yo, par une belle matinée d’automne. De là, j’ai ensuite emprunté le bus municipal jusqu’à l’arrêt Kintaikyo. Je me suis alors retrouvée aux abords du tumultueux fleuve Nishikigawa, un large cours d’eau réputé pour ses crues impressionnantes.


C’est ici que se dresse le Kintaikyo, solidement ancré dans le lit de la rivière par quatre énormes piles de pierres issues des carrières du mont Iwakuni. Le pont se divise en 5 travées en arc, faites de divers bois (châtaignier, chêne, cyprès, pin ou encore zelkova). Selon l’endroit, chaque essence a été soigneusement choisie pour tirer partie de ses caractéristiques : dureté, flexibilité, résistance au pourrissement, etc. Le tout a été assemblé à l’aide de clous en métal de haute qualité. On peut admirer la solide charpente depuis le dessous de la structure.

L’histoire tumultueuse du pont Kintaikyo
La ville d’Iwakuni se développe dès le début de l’époque Edo de part et d’autre de la Nishikigawa. La cité est prospère mais très vite, les seigneurs locaux font face à une difficulté majeure : le fleuve est capricieux et ses crues fréquentes emportent avec elles tous les ponts successifs, engendrant de coûteuses reconstructions. C’est pour résoudre ce problème qu’en 1673, le seigneur Kikkawa Hiroyoshi entreprend de bâtir un nouveau pont, qu’il veut indestructible. Malgré ses solides piles et culées en pierres, ce premier Kintaikyo ne tient que quelque mois. La seconde tentative sera plus fructueuse : le pont tiendra 276 ans, avant d’être emporté par un typhon en 1950. Trois ans plus tard, il est reconstruit à l’identique, à l’aide de pierres qui avaient déjà servi à la construction du premier pont. C’est ce troisième Kintaikyo qui peut être admiré aujourd’hui.



La traversée du Kintaikyo est gratuite pour un aller simple, mais l’aller-retour est payant. À l’entrée du pont, un petit poste de péage permet d’acheter son billet. Il est également possible d’opter pour un billet couplé, incluant l’accès au téléphérique (aller-retour) et la visite du château d’Iwakuni.
Promenade dans le quartier historique d’Iwakuni
Le pont Kintaikyo conduit à une sympathique petite zone commerciale peuplée de quelques boutiques, salons de thé et restaurants. Une statue de Kikkawa Hiroyoshi se dresse également dans les parages. De là, il suffit d’aller tout droit pour rejoindre le parc Kikko, en longeant les élégants murs blancs d’anciennes demeures de samouraïs disséminées de part et d’autre d’un agréable espace vert.



En période de kôyô, l’endroit ne manque pas de charme. Le jour de ma visite, les érables étaient splendides et j’ai pris tout mon temps pour flâner et prendre quelques photos.
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Autour du parc Kikko
Le parc Kikko situé un peu plus loin est un vaste lieu de promenade servant de carrefour entre les différentes curiosités des environs. Depuis ce point, on peut rejoindre plusieurs lieux de visite remarquables.

Au sud-ouest du parc, le mausolée familial du clan Kikkawa marque notamment l’entrée d’un charmant quartier des temples.


Ici aussi, les érables sont superbes. On peut même admirer un très beau jardin sec (ou karesansui) dans l’enceinte du temple Yôkô-ji.






En suivant la rue, on peut atteindre l’entrée du sentier de randonnée menant au château. J’avoue que je n’ai pas eu le courage de suivre cet itinéraire à pied. Je suis donc repartie vers le nord-est du parc Kikko, où se situe non seulement le téléphérique, mais aussi un sanctuaire et plusieurs musées. Parmi eux, citons le musée Iwakuni Shiroebi consacré à une espèce locale de serpent blanc désignée monument naturel national en 1972.


À la découverte du château d’Iwakuni
Dominant l’ensemble du quartier historique, le château d’Iwakuni est une curiosité à ne pas manquer. Ses origines remontent à 1608, mais son histoire fut très courte. Il fut en effet abandonné dès 1615.
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Le donjon visible aujourd’hui est une reconstruction en béton datant de 1962. Il suffit de lever le nez pour l’admirer depuis le pont et les allées du parc Kikko.

Le moyen le plus simple et rapide de s’y rendre est évidemment le téléphérique, qui aboutit à proximité d’une mignonne tour de l’horloge. Depuis ce point, il faut encore marcher un peu pour atteindre l’édifice dominant la forêt.





Comme beaucoup de châteaux contemporains, le château d’Iwakuni abrite un musée d’histoire et un observatoire offrant une vue atypique sur la mer intérieure de Seto et le pont en contrebas. Je vous recommande vraiment d’y faire un tour pour compléter la visite du site, et surtout pour admirer le pont Kintaikyo sous un angle différent.



En conclusion
Iwakuni est une destination très riche qui mérite indéniablement votre attention si vous voyagez en préfecture de Yamaguchi ou du côté d’Hiroshima. Je n’ai pas tout exploré malheureusement car le sanctuaire Hofu Tenmangu m’attendait, mais prévoyez une bonne demi-journée si vous souhaitez prendre le temps de visiter les différents musées. Il existe également un petit jardin d’iris à découvrir pendant la floraison (fin mai-début juin), ainsi qu’un élevage de cormorans dans les parages. Les démonstrations de pêche au cormoran (ukai) sous le pont Kintaikyo font en effet partie des attractions incontournables de l’été à Iwakuni.
Comment se rendre à Iwakuni ?
Visiter Iwakuni en train
- Ligne JR San’yo depuis Hiroshima, descendre en gare d’Iwakuni puis prendre le bus municipal (descendre à l’arrêt Kintaikyo) ou correspondance vers la ligne JR Gantoku (descendre en gare de Nishi-Iwakuni, puis marcher 25 minutes).
- San’yo Shinkansen depuis Hiroshima, Yamaguchi ou Fukuoka, descendre en gare de Shin-Iwakuni puis prendre le bus municipal (descendre à l’arrêt Kintaikyo).
Accessibilité PMR
Les trois parkings les plus proches du pont Kintaikyo disposent de places pour les PMR.
Chaque travée en arc du pont étant dotée d’escaliers, il est impossible de traverser le Kintaikyo en fauteuil roulant. Les PMR peuvent néanmoins l’admirer depuis la promenade aménagée le long de la Nishikigawa. Ils peuvent également se promener sans peine dans les environs du parc Kikko.
Le musée Shiroebi, le musée Iwakuni Shokokan et le sanctuaire Kikko sont accessibles aux PMR. Il est également possible de monter en téléphérique pour admirer la vue depuis les abords de la tour de l’horloge.
Le château d’Iwakuni est inaccessible aux fauteuils roulants.
Mise à jour : septembre 2025

