Icone fujisan rouge

Le Japon en train

Le dossier complet pour préparer son séjour

Accueil > Pratique > Transports > Le Japon en train

Si de plus en plus d’agences de voyage proposent des solutions alternatives, le train au Japon reste le moyen de transport le plus répandu et le plus simple. Il faut dire que le réseau ferroviaire japonais est bien développé, sûr, plutôt abordable pour les étrangers (merci le JR Pass !)… et surtout réputé pour la qualité de son service.

Mais pour être parfaitement honnête, le système japonais n’est pas des plus simples à comprendre quand on s’y frotte pour la première fois. Comment fonctionnent les lignes de train au Japon? Quel JR Pass choisir? Comment choisir, utiliser et recharger une carte IC ? Personnellement, il m’a fallu trois voyages et quelques galères pour commencer à me sentir vraiment à l’aise dans mes déplacements. D’où mon envie d’écrire ce petit guide du Japon en train qui, je l’espère, vous aidera à y voir plus clair, en particulier si vous préparez votre premier séjour…

Lignes JR et JR Pass

Commençons par LA base. L’acronyme JR désigne la compagnie Japan Railways, qui est un peu l’équivalent de notre SNCF. Cette compagnie est née de la privatisation de la Japan National Railways (JNR) en 1987. Il s’agit donc, à l’origine, des chemins de fer nationaux, qui couvrent la majorité de l’archipel.

Le réseau JR

Japan Railways est divisée en 6 entités régionales chargées du transport des passagers : JR Hokkaido, JR East, JR Central, JR West, JR Shikoku et JR Kyushu. Je vous épargne la branche dédiée au fret…

Répartition des compagnies JR au Japon

Pour le voyageur, ce découpage peut être intéressant à connaître, puisqu’il conditionne l’achat des JR Pass régionaux dont je vous parlerai un peu plus loin. Il est, par exemple, impossible d’acheter un Kyushu Pass à la JR Shikoku. 

JR Pass national VS JR Pass régionaux

La compagnie JR est très connue pour son fameux JR Pass national. Réservé uniquement aux étrangers, ce Pass illimité de 7, 14 ou 21 jours permet de circuler sans restrictions sur la totalité du réseau JR (auquel toutes les grandes villes japonaises sont bien sûr connectées). À moins de s’aventurer au fin fond de la campagne, un JR Pass standard est en général largement suffisant pour profiter de son séjour. Mais attention: il n’est pas forcément rentable.

Comment déterminer si l’achat en vaut la chandelle? Il suffit simplement d’étudier son itinéraire sur Hyperdia, un site bien pratique qui permet de connaître les horaires et le coût de ses différents trajets en un clin d’oeil (toutes lignes confondues). 

Votre itinéraire avec le JR Pass national n’est pas rentable? Pourquoi ne pas vous pencher sur l’alternative des JR Pass régionaux? Ils pourront vous faire faire de belles économies. Concrètement ces JR Pass offrent des avantages très similaires au Pass national, mais sont limités géographiquement. De plus, ils ne couvrent pas nécessairement les mêmes trains. Le shinkansen Nozomi, par exemple, est bien inclus dans le Sanyo San’in Area Pass… mais pas dans le JR Pass national. Du coup, je vous encourage a bien étudier ces pass avant de faire votre choix.

Exemple de calcul pour le JR Pass

Pour ma part, ayant passé 3 semaines au Japon en novembre 2017, j’ai opté pour un Sanyo San’in Area pass de 7 jours (146€), et 3 North Kyushu Pass de 5 jours pour couvrir les 15 jours restant (3×77€). La valeur totale de ces 4 pass, pour 22 jours de voyage, s’élève donc à 377€. Le Pass national, quant à lui, m’aurait coûté 456€, pour 21 jours seulement. Le calcul est vite fait.

Si vous séjournez une longue période dans une même zone, je vous recommande donc de vous procurer le pass régional correspondant, qui vous coûtera moins cher. En revanche, si vous comptez sillonner le Japon de long en large sur une courte période, le Pass national sera préférable.

Commander son JR Pass

Le JR Pass ayant une durée de validité limitée, ne le commandez pas trop tôt avant votre départ. Pour l’avoir expérimenté sans le moindre accroc, je vous recommande les services de l’agence Keikaku. La démarche est simple, attention toutefois à bien renseigner le même nom que sur votre passeport, pour éviter les complications avec l’administration japonaise.

Après avoir rempli le formulaire et payé en ligne, vous recevrez vos vouchers par courrier dans un délai de quelques jours. Les vouchers sont à remettre au guichet JR, une fois arrivé au Japon. On trouve un guichet JR dans chaque aéroport international et dans toutes les grandes gares. Par exemple, j’ai fait faire mon Sanyo San’in Area Pass à l’aéroport International du Kansai et mon North Kyushu Pass en gare d’Hakata, à Fukuoka.

Une fois votre JR Pass en poche, il vous faudra le présenter en gare à chaque trajet. Pas la peine d’utiliser les portiques de sécurité: il suffit de prendre la file appelée Rail Pass Gate (située à l’une ou l’autre extrémité). Ce système n’est pas compliqué, mais peut être fastidieux à la longue, en particulier dans les grandes gares aux heures de pointe. Il peut en effet arriver qu’une file se forme au niveau de la Rail Pass Gate. Mais généralement, c’est plutôt fluide.

Les lignes de train privées au Japon

C’est là que ça se complique! En dehors de Japan Railways, une multitude de compagnies privées animent également le réseau ferroviaire japonais…

La forte implantation locale des compagnies privées

Dans les grandes villes, ce sont ces compagnies qui exploitent généralement les transports en commun. Souvent bien implantées localement, elles peuvent aussi avoir d’autres activités en parallèle. Par exemple, à Kyushu, la compagnie privée Nishitetsu gère à la fois des lignes ferrovières privées, mais aussi des lignes de bus… et des hôtels (comme le Nishitetsu Hotel Croom Hakata).

Pour en revenir au train, autant le dire d’emblée: votre JR Pass ne vous sera d’aucune utilité sur les lignes privées. C’est donc un budget supplémentaire dont il vous faudra tenir compte. Si vous séjournez à Tokyo toutefois, sachez que la Yamanote est bien une ligne JR. Vous pourrez donc parfaitement rentabiliser votre pass dans la capitale… pour peu que vous ne sortiez pas trop des sentiers battus.

Un aspect assez impressionnant du réseau privé japonais est qu’il ne se contente pas d’emprunter les voies de chemin de fer préexistantes. Certaines compagnies possèdent carrément leurs propres lignes, et donc leurs propres gares, qui parfois font “doublon” avec les gares JR (mais complètent en réalité le maillage ferroviaire local). Comment savoir, alors, si vous êtes dans la bonne gare ? Et bien généralement, lorsque c’est nécessaire, le nom de la compagnie privée précède celui de la gare. Un exemple, près de Dazaifu: une gare JR nommée Futsukaichi, dont l’équivalent privé se nomme Nishitetsu-Futsukaichi. Tout simplement.

Les rail pass privés

Il fallait s’y attendre, le réseau parallèle des lignes privées possède lui aussi ses propres pass de transport, qui peuvent également s’avérer rentables selon votre parcours. Je ne m’étalerai pas trop sur le sujet car je n’ai pas testé ce genre de pass, mais lors des préparatifs de mon premier voyage, j’avais fortement envisagé l’achat d’un Kansai Thru Pass, avant d’abandonner cette idée.

Je pense que ces pass pourront vous intéresser si vous souhaitez approfondir l’exploration d’une région, et sortir des sentiers battus en vous affranchissant du confort que procure le JR Pass. Car oui, l’un des effets pervers du JR Pass est que l’on finit par concevoir son itinéraire de manière à ce qu’il soit rentable, au détriment parfois de destinations plus confidentielles (car mal desservies par les lignes JR). 

Au final, déterminer si tel ou tel pass est adapté à votre situation peut s’avérer une gymnastique assez fastidieuse, qui laisse également peu de place à l’improvisation.

Les principaux rail pass

Voici une liste (non-exhaustive) de quelques rail pass privés à connaître.

  • Le Kansai Thru Pass: comme son nom l’indique, ce pass vous permet de circuler sur l’ensemble des lignes privées du Kansai, incluant bus et métro. Son autre avantage est d’offrir des réductions sur l’entrée de nombreux sites touristiques, musées mais aussi temples. On trouve ce pass en office de tourisme.
  • Le Kintetsu Rail Pass Wide: ce pass permet de se déplacer librement sur toutes les lignes de la compagnie Kintetsu, qui desservent (entre autres) Kyoto, Nara, Osaka, Nagoya et Ise. On le trouve en office du tourisme ou à l’Aéroport International du Kansai (KIX).
  • Le Hakone Free Pass: si vous comptez visiter Hakone en excursion depuis Tokyo, ce pass est fait pour vous. Valable sur deux jours consécutifs, il inclut le trajet entre Shinjuku (gare Odakyu) et Hakone, via les trains de la compagnie Odakyu, ainsi que de nombreux moyens de transport pour circuler une fois sur place: bus, télécabine, funiculaire, bateau…  Cerise sur le gâteau, le Hakone Free Pass vous offre de belles réductions sur les principaux sites touristiques des environs. Si c’était à refaire, je pense que je l’achèterais. On peut se le procurer dans les gares de la compagnie privée Odakyu.

Les cartes IC

Si vous avez tenu jusqu’ici, vous le savez désormais: le choix d’un pass au Japon est principalement conditionné par sa rentabilité. Mais un autre problème se pose, dont j’ai peu parlé: l’aspect pratique. Avoir un pass signifie s’affranchir du passage au guichet à chaque trajet. Un gain de temps et de stress non négligeable. Oui mais, comme dit plus haut, les pass ne sont pas valables partout . Ils peuvent être limités géographiquement, ou ne pas fonctionner sur tel ou tel type de train ou compagnie. D’où l’intérêt de posséder, en complément, une carte IC.

Une carte IC, c’est quoi ?

Il s’agit tout simplement d’une carte prépayée et sans contact, qui s’utilise au niveau des portiques de sécurité des gares, mais aussi pour régler ses achats dans certains distributeurs ou au konbini. En résumé, une carte IC est comme un petit porte-monnaie virtuel qui sert à faire de menus achats un peu partout au Japon.

Les différentes cartes IC

Il existe de très nombreuses cartes différentes, dont les propriétés sont toutes similaires. En règle générale, elles fonctionnent toutes en-dehors de leur périmètre d’origine. Par exemple, une SUICA venue de Tokyo pourra parfaitement fonctionner à Fukuoka, Kyoto ou Osaka. Mais attention: cela ne veut pas dire que votre carte peut remplacer la monnaie absolument partout. Dans la campagne japonaise par exemple, rares sont les autobus disposant d’un lecteur prenant en compte les cartes IC. Vous devrez donc acheter votre ticket “à l’ancienne”, et payer le conducteur en monnaie sonnante et trébuchante. Dans les grandes villes par contre, le système est bien rôdé, tout comme dans les konbini.

Une carte IC s’achète en gare. En ce qui concerne la SUICA, vendue à Tokyo, la carte est prête à l’emploi et déjà créditée de ¥2000 (dont ¥500 de caution) au moment de l’achat. Vous pouvez récupérer la caution à l’issue de votre séjour, en ramenant votre carte à Tokyo, dans les gares de la compagnie JR East. Mais vous pouvez aussi choisir de conserver votre carte pour le prochain voyage. Sa durée de validité est de 10 ans.

Cartes IC au Japon

Le nom et le look de votre carte dépendra de l’endroit où vous vous la procurerez.

Répartition des cartes IC au Japon

Recharger sa carte IC

En ce qui concerne la recharge, rien n’est plus simple ! Vous croiserez fréquemment en gare des bornes IC comme celles ci-dessous : il vous suffit d’y introduire votre carte, de choisir le montant du rechargement et d’insérer la somme (monnaie ou billet). L’interface est disponible en anglais, si vous craignez de ne pas vous y retrouver… 

À chaque utilisation de votre carte IC, le montant restant apparaît. Si vous ne disposez pas d’un crédit suffisant pour régler votre trajet, le portique de sécurité virera au rouge. Vous devrez alors vous rendre au guichet le plus proche pour régulariser votre situation.

Les trains au Japon

Voilà, vous savez à peu près tout sur les options qui s’offrent à vous, en matière de rail pass et de cartes prépayées. Évoquons maintenant les différents types de trains que l’on croise au Japon…

Le Shinkansen

On ne présente plus le TGV japonais ! Plusieurs générations de shinkansen circulent actuellement au Japon : Kodama, Sakura, Hikari, Nozomi… Plus le shinkansen est ancien, moins il est rapide, et plus il est accessible (d’un point de vue tarifaire ou dans le cadre du JR Pass)

Pour prendre le shinkansen, il est recommandé de réserver son billet, même si certaines voitures sont spécialement dédiées aux voyageurs sans réservation. Dans les grandes gares, les shinkansen circulent de façon très régulière (un départ environ toutes les 15 minutes). Dans les plus petites gares par contre, tout dépend du type de train. Le Kodama par exemple, modèle ancien, desservira plus de gares que le Nozomi, modèle récent. Notez que les gares dédiées spécialement au shinkansen sont nommées en utilisant le préfixe shin-, comme la gare de Shin-Osaka, ou encore celle de Shin-Yamaguchi.

Répartition des lignes de shinkansen au Japon

Si Hokkaido et Shikoku sont très mal (voire pas du tout) desservies par endroits, les deux autres îles disposent d’un vaste réseau permettant de relier les grandes villes entre elles.

Les trains locaux

En dehors du shinkansen, les trains JR locaux et les Express ou Super Express sont également inclus dans le JR Pass. Ce qui est bien pratique quand on s’éloigne des grandes villes ou qu’on visite des préfectures dépourvues de lignes à grande vitesse. Vous serez sans doute amenés à utiliser ces moyens de transport fréquemment, si comme moi vous privilégiez l’itinérance.

Les trains touristiques

Autre type de train intéressant à connaître: les trains touristiques. J’en ai fait assez peu durant mes voyages, donc je ne m’étalerai pas trop sur le sujet. Mais certaines lignes japonaises m’ont vraiment surprise. La JR SeaSide Liner à destination de Sasebo (depuis Nagasaki) par exemple. Sa particularité est de longer la côte au plus près. Un souvenir incroyable!

 

Le petit train rouge de la ligne Hakone Tozan, qui relie Hakone à Odawara, est également très célèbre. On le surnomme “le train aux hortensias”, à cause des nombreux buissons d’hortensias plantés en bordure des rails. Ces derniers fleurissent au mois de juin. Si vous avez de la chance, vous pourrez même vous mettre à l’avant du train pour profiter de la vue. Celui-ci est doté d’une grande vitre panoramique.

Les gares au Japon

Pour clore ce dossier, je ne pouvais pas manquer de vous parler des gares japonaises. Si les petites gares de campagne ressemblent beaucoup à ce que l’on peut connaître en France, les gares des grandes villes sont généralement gigantesques. Elles intègrent d’immenses centres commerciaux, souvent sur plusieurs étages.

C’est assez déroutant quand on le découvre la première fois, mais il faut admettre que c’est bien pratique.

Les consignes à bagages

Si vous n’êtes pas familiarisé avec le service de livraison Takkyûbin (pour vous libérer de vos bagages entre deux escales), les consignes à bagages (coin lockers) seront vos meilleures amies! Il s’agit des casiers de taille variable, dont la location coûte (selon la dimension) de ¥100 à ¥700. Il peut être compliqué de trouver un coin locker libre dans une gare, en particulier si votre bagage est encombrant. À Hakata, j’ai tourné au moins une heure avec ma valise, avant de trouver une consigne libre… au 10e étage du centre commercial voisin.

Omiyage et ekiben

Si vous cherchez des omiyage (souvenirs de voyage), les gares japonaises constituent le bon plan idéal. Vous y trouverez de nombreuses boutiques mettant à l’honneur les spécialités régionales et l’artisanat local. 

Les gares japonaises sont aussi de véritables paradis pour les gourmands. Outre les nombreuses enseignes proposant de quoi grignoter sur le pouce, on y croise également des kiosques spécialisés dans les ekiben. Ces bento de gare sont réputés pour leur excellente qualité.

Derniers conseils

À présent que vous savez tout sur le fonctionnement du système ferroviaire japonais, quelques derniers conseils pour vous organiser…

Planifier son itinéraire avec Hyperdia

Pour déterminer à la fois le meilleur itinéraire et la rentabilité de vos pass, Hyperdia est le principal outil à connaître. Le site est très simple d’utilisation, et vous donne, pour chaque requête, plusieurs variantes d’itinéraires. Vous pouvez également affiner vos critères de recherche (par exemple, exclure le shinkansen ou les lignes JR, etc.). Ultra pratique et redoutablement fiable.

Ne pas hésiter à comparer les prix

Avant de commander votre JR Pass, n’hésitez pas à sortir la calculatrice. Et n’oubliez pas le large éventail qui s’offre à vous via les Rail Pass régionaux, JR ou privés.

Adapter son itinéraire…

Si comme moi vous avez tendance à vous fixer de très nombreux objectifs de voyage, n’oubliez pas de tenir compte des contraintes d’accessibilité pour concevoir votre itinéraire de façon optimale. Concrètement, si certaines escales nécessitent de prendre 4 correspondances en train, ou trois bus et un taxi, peut-être vaut-il mieux repenser votre parcours pour éviter de perdre un temps considérable dans les transports (au détriment de la découverte).

…ou pas !

Pour autant, ne vous privez pas d’un lieu qui vous tient vraiment à coeur parce que la logistique est un peu compliquée. En dehors du train, les bus peuvent être une bonne alternative dans certains cas.

Pour les trajets urbains, investir dans une carte prépayée

Si vous êtes amenés à circuler de manière fréquente sur des lignes privées, ou si le JR Pass ne s’avère pas rentable dans votre cas, faites comme les japonais : pensez aux cartes IC. Elles vous éviteront de devoir acheter vos billets à chaque trajet. Et pourront vous dépanner au konbini.