Wakayama

Hanami au château de Wakayama

Le château de Wakayama est un lieu particulier pour moi. C’est en effet la toute première destination que j’ai visité lors de mon sixième voyage au Japon, en avril-mai 2024. Lors de ce séjour, j’avais prévu de rejoindre Tokushima en ferry depuis la ville de Wakayama, qui n’est qu’à une heure de train de l’aéroport international du Kansai. Entre l’atterrissage au Japon et la traversée en bateau le lendemain matin, je n’avais le temps de faire qu’une seule visite sur place, et j’ai donc choisi d’explorer le château. Je suis ravie de mon choix, et surtout d’avoir opté pour cet itinéraire.

En effet, quand j’arrive au Japon, je suis toujours très fatiguée à l’atterrissage. Je dors très peu dans l’avion, et la fatigue m’a déjà joué de mauvais tours. Lors de mon troisième voyage par exemple, j’ai enchaîné les catastrophes (chute, perte d’une carte SUICA chargée à bloc, téléphone grillé à l’hôtel… l’angoisse !). Cette fois-ci, je n’avais donc pas envie de me retrouver dans une ville trop animée comme Osaka pour commencer mon séjour. J’étais en quête de tranquillité, d’un endroit pas trop touristique pour récupérer en douceur. Et puis je voulais revenir dans la préfecture de Wakayama depuis longtemps. Mon dernier passage remontait à avril 2016, et je n’avais vu que Koyasan. En résumé, Wakayama cochait toutes les cases pour un bon début de séjour, avec un bonus non négligeable : les derniers jours du hanami.

Depuis la gare de Wakayamashi, il faut marcher environ 25 minutes pour rejoindre le château de Wakayama. Ma guesthouse se trouvait sur le trajet, j’y suis donc passée rapidement pour déposer ma valise avant de repartir à l’aventure sous un magnifique soleil.

La petite histoire du château de Wakayama

Le château de Wakayama se situe sur la colline de Torafusuyama, non loin de l’embouchure du fleuve Kinokawa qui prend sa source dans les montagnes de Nara. Cœur historique de la cité éponyme, il a été construit en 1585 à l’initiative de Toyotomi Hideyoshi. Le puissant seigneur de guerre souhaitait ainsi sécuriser la zone hautement stratégique du détroit de Kitan, qui sépare la baie d’Osaka de l’océan Pacifique. Attaqué en 1615 par les derniers partisans du clan Toyotomi, il fut pris et renforcé par les Tokugawa pour devenir l’une de leurs places fortes les plus importantes. Wakayama offrit par la suite au Japon l’un de ses plus illustres shôgun, Tokugawa Yoshimune, qui dirigea le pays de 1716 à 1751.

Le château a survécu au démantèlement durant la Restauration de Meiji, mais pas aux bombardements de 1945. Il a été reconstruit en 1958, sa structure en béton conservant toutefois la même apparence qu’au début du 17e siècle. Les grands murs de pierre (ou ishigaki) visibles sur le site sont quant à eux d’origine.

Perché à 48,9 m d’altitude, le donjon à trois étages se visite pour une poignée de yens. Comme la plupart des châteaux japonais, il abrite un petit musée d’histoire locale où l’on peut notamment observer de plus près les shachihoko ornant la toiture. Allez savoir pourquoi, j’ai une vraie passion pour ces étranges animaux hybrides, mi-tigre mi-carpe. Je les trouve à la fois très mignons et féroces !!!

Le château de Wakayama offre aussi, depuis son observatoire, un magnifique panorama sur la mer. J’y ai passé un long moment à admirer l’estuaire du fleuve Kinogawa, en essayant de repérer les reliefs de l’île d’Awaji à l’horizon.

Le jardin Momiji Teien et son pont Ohashirôka

En-dehors du donjon en lui-même, le château de Wakayama abrite plusieurs autres attractions, notamment un petit musée d’histoire, un zoo et quelques sanctuaires. Au sud-ouest du site se trouve également un musée d’Art moderne inauguré en 1994, où près de 13 000 œuvres sont exposées. Et puis il y a le joli petit jardin Momiji Teien, dont je garde un souvenir assez marquant. On y trouve en effet un ouvrage très atypique, le pont Ohashirôka.

Ce pont couvert, dont l’inclinaison est d’environ 11 degrés, relie le jardin au site de l’ancien palais Ninomaru, en traversant une partie des douves. Il a été reconstruit en 2006 suivant des plans datant de l’époque Edo, et offre une vision assez insolite. J’ai passé un bon moment à l’admirer et à chercher le meilleur endroit pour le prendre en photo, car ce genre de structures sont aujourd’hui assez rares au Japon.

Comme son nom le laisse deviner, le jardin Momiji Teien est un agréable spot automnal, mais j’ai tout de même beaucoup apprécié la visite des lieux au printemps. Le pavillon En’gyo-kaku posé sur l’eau, en particulier, est très photogénique.

Les châteaux japonais sont en général d’excellents endroits pour admirer la floraison des sakura, et le château de Wakayama ne fait pas exception à cette règle. On y trouve environ 600 cerisiers disséminés dans l’enceinte des fortifications, dont certains au pied du donjon. Le jour de ma visite, de jolies lanternes étaient suspendues un peu partout dans le parc. Des dizaines de yatai (stands ambulants) se dressaient également le long des allées, proposant de la street food ou des jeux pour les enfants. Je me suis laissée tenter par quelques baby castella servis dans un emballage ultra mignon. とてもかわいいですね。^_^

À l’heure de mon passage, l’ambiance était encore calme, mais j’ai beaucoup aimé cette petite atmosphère de fête foraine, sans attractions spectaculaires, juste la beauté des arbres fleuris. Les japonais s’émerveillent de bien peu de choses, le spectacle de la nature leur suffit.

La période de la floraison étant bien entamée, il y avait beaucoup de pétales au sol. J’aurais aimé être là une petite semaine plus tôt pour voir les cerisiers yoshino dans toute leur splendeur. Mais le spectacle était quand même splendide !

Le parc du château de Wakayama abrite également quelques yaezakura à floraison tardive, dont les fleurs ressemblent à des pompons roses. C’est cette même variété que l’on peut admirer chaque année au parc de Sceaux.

En conclusion

La promenade s’achève ici, sous les cerisiers en fleur. J’espère que ce récit vous donnera envie de faire halte à Wakayama, une ville souvent éclipsée par Osaka ou le mont Koya, mais qui mérite tout de même d’être explorée. Je n’y suis pas restée assez longtemps cette fois, mais j’espère avoir l’occasion d’y repasser un jour. J’aimerais beaucoup assister au spectacle de la découpe d’un thon géant au marché de Kuroshio par exemple. Ou admirer les 1200 sakura du temple Kimii-dera.


La gare la plus proche du château de Wakayama est la gare de Wakayamashi accessible via les lignes suivantes :

  • Ligne JR Kisei depuis Shingu et la gare de Wakayama
  • Ligne principale Nankai depuis Osaka (Namba) via l’aéroport international du Kansai
  • Lignes Nankai Kada et Wakayamako

De là, il suffit de marcher 25 min à pied ou de prendre le taxi (5 min de trajet).

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