Lectures

Guide Tao Japon, un livre pour voyager écolo et éthique

Allier voyage au Japon et respect de l’environnement, tel est l’objectif du tout nouveau guide Tao « Japon, un voyage écolo et éthique ». Une petite révolution puisque cet ouvrage, sorti début 2022, est le tout premier guide de voyage francophone à traiter d’écotourisme au Japon. Son auteur n’est autre que Julien Giry, à qui l’on doit déjà le livre Les cent vues du Japon. Je suis allée à sa rencontre.

Avec déjà trois livres à son actif (dont deux co-écrits avec Aurélie Roperch dans le cadre du projet Nippon 100), Julien Giry fait partie de ces auteurs passionnés et prolifiques, qui font la richesse de la blogosphère Japon. C’est en 2015 qu’il foule pour la première fois le sol de l’archipel nippon, le temps d’un voyage de 6 mois où il expérimente principalement le volontariat dans des fermes biologiques, via le réseau Wwoofing Japan.

Le projet Nippon 100 germe à cette occasion. Il se concrétise en 2017, avec un nouveau voyage centré autour des 100 paysages de l’ère Heisei, et la parution en 2018 du livre Les cent vues du Japon.

Entretien avec Julien Giry, auteur du guide Tao Japon

Quelle est ton affinité personnelle avec le thème du tourisme durable ? Est-ce que ça fait partie de ton ADN de voyageur ?

J’ai toujours accordé beaucoup d’importance au développement durable au quotidien, que ce soit en choisissant mieux les produits que nous consommons, en réduisant les déchets produits ou en privilégiant du local. La donne est restée la même au Japon, où ma compagne et moi avons toujours fait en sorte de privilégier les restaurants servant des produits locaux, voire biologiques, les productions artisanales, le train… et en apprenant rapidement à refuser les sacs plastiques à la caisse des combinis !

Nous avons aussi été rapidement sensibilisés à toutes ces filières au Japon, de par notre première approche du pays dans des fermes biologiques, qui nous a tout de suite permis de rencontrer des Japonais engagés sur ces questionnements, souvent radicalement. Pour ces raisons, nous nous sommes assez naturellement mis à voyager durable au Japon, comme une évidence. 

Pourquoi avoir choisi de participer à la collection de guides Tao ? 

C’est au moment de la publication puis de la promotion des Cent vues du Japon que j’ai rencontré Nicolas des éditions Viatao, sur un salon du livre de voyage. Je ne connaissais pas leurs collections auparavant, mais j’ai tout de suite été séduit par le concept de promouvoir des acteurs engagés pour chaque destination. Je lui ai rapidement demandé si un guide sur le Japon était déjà publié ou programmé, et ce n’était pas le cas. Mais Nicolas m’a confié que c’était une demande répétée de leurs lecteurs.

Vu la connaissance pratique que j’avais du pays, alors que je venais de visiter les 47 préfectures avec le point de vue d’un voyageur sensible aux questions durables, je me suis tout de suite proposé comme auteur. Et l’équipe de Viatao a rapidement validé que j’étais un bon candidat !

Comment s’organise le guide Tao Japon, et comment bien l’utiliser ?

Le guide Tao Japon n’est pas un guide culturel. Je veux dire par là qu’il n’est pas focalisé sur des informations touristiques ou pratiques liées aux sites à visiter (il y a déjà énormément d’informations sur le sujet par ailleurs, sur internet, des blogs ou d’autres publications). Après la partie « magazine » du guide (une trentaine de pages donnant les clés pour commencer l’organisation d’un voyage au Japon), 364 adresses sont présentées. Un tiers d’hébergements, un tiers de restaurants et un tiers d’activités. Toutes ont comme point commun d’être durables et/ou engagées, d’une manière ou d’une autre, selon le cahier des charges des éditions Viatao.

Les adresses sont réparties dans tout le Japon, divisé en 14 régions de Hokkaido à Okinawa. Le guide est donc plutôt un annuaire dans lequel piocher de quoi agrémenter un voyage. Il privilégie des rencontres authentiques, des activités qui ont un sens car elles se font par exemple au bénéfices des locaux, dans des zones rurales à l’économie et à la population déclinante.

Dans le détail, je pense qu’il y a deux utilisations du guide. D’abord, en amont, au moment de la préparation du voyage, pour placer sur son itinéraire quelques hébergements engagés, sortant de l’ordinaire ou dans des territoires que l’on aurait pas envisagé au départ. Ou, de la même manière, pour viser une ou deux activités spécifiques. Puis ensuite, sur place, pour repérer sur le pouce un restaurant où manger bio, local ou végétarien par exemple.

Il existe à ce jour très peu de publications francophones sur l’écotourisme au Japon. Pourquoi traiter le sujet aujourd’hui ?

Je ne sais pas si l’on peut parler de manque, mais il est vrai que les guides ou les publications sur le Japon en général n’abordent pas souvent les questions écologiques. Le voyage au Japon est un rêve dépaysant, dont on a envie de profiter au mieux et s’en forcément prendre le temps de s’interroger sous cet angle. Et puis les publications engagées ont, à l’inverse, souvent délaissé le Japon, trop éloigné (le coût écologique d’un voyage étant déjà une barrière empêchant d’envisager la destination).

LIRE AUSSI
Le Japon en train

À l’inverse, je pense qu’il est important que chacun puisse, en profitant d’un voyage, soutenir les acteurs locaux qui vont dans le bon sens, et s’engagent à leur échelle pour un meilleur rapport entre l’homme et l’environnement. Et les voyageurs d’aujourd’hui sont demandeurs. Ils cherchent à favoriser le contact avec l’habitant et ont de plus en plus besoin de conseils pour trouver des restaurants végétariens, par exemple, afin de découvrir la gastronomie nippone sans aller à l’encontre de leurs choix. La pandémie a accéléré ces nécessités : la demande de conseils sur le sujet est de plus en plus forte.

Voyager durable au Japon, est-ce que c’est compliqué ?

C’est encore un peu compliqué dans le sens où le durable est l’exception, et n’est pas toujours mis en avant. Et la géographie nippone rend encore presque obligatoire certaines liaisons intérieures en avion (sauf à avoir beaucoup de temps, ce qui est à favoriser !). Mais une fois que l’on a quelques clés pour sélectionner restaurants et hébergements, que l’on arrive à reconnaître certains critères, il est possible de rester globalement durable.

Pour ce qui est de la proximité, de la saisonnalité et de l’agriculture biologique, le monde du tourisme au Japon est bien positionné car les productions locales sont toujours mises en avant, promues et proposées comme omiyage.

Sur les sites touristiques, il y a généralement moyen de trouver de quoi se sustenter en produits locaux.

Pour l’hébergement, même s’il n’est pas consciemment engagé, rien de tel qu’un ryokan de petite échelle, qui à la fois servira une cuisine kaiseki (donc célébrant par définition la saison et les spécialités du cru), sera généralement chauffé à la géothermie, grâce à l’eau canalisée du onsen, et construit le plus souvent avec des matériaux locaux. En plus, ces ryokan familiaux sont souvent moins cher que les grands ryokan refaits à neuf, avec une ou plusieurs annexes en béton.

Quels obstacles risque de rencontrer un voyageur dans sa démarche de voyager durable au Japon ?

Le principal obstacle est le manque de labels clairs et d’informations en anglais sur ces questions. Heureusement, pour se diriger au quotidien, nombre de sites ou d’appli référencent par exemple les restaurants végétariens/bio, à commencer par HappyCow.

L’autre obstacle est la volonté du voyageur lui-même : on a toujours envie d’en faire le maximum pour remplir au mieux le voyage, ce qui encourage parfois à multiplier les trajets et les aller-retour en tous sens. Là où le mieux sera de passer plus de temps sur place (quitte à repousser un peu un voyage pour se donner le temps d’en profiter davantage) ou à limiter par exemple sur une région ou deux régions proches… et garder le reste pour un prochain voyage.

Quelles bonnes adresses éthiques et durables peux-tu nous recommander au Japon ?

L’un de mes principaux coups de coeur reste En-Ya à Fujinomiya, qui est l’une de mes premières rencontres avec le concept même d’écotourisme, théorisé en tant que telle. Sur le versant sud du Mont Fuji, pas touristique comparé au secteur des 5 lacs au nord, ou à Hakone un peu plus à l’est, la structure propose des tours de vélo à la découverte de la campagne, des habitants, avec une guide locale et anglophone. Ce qui est parfait pour découvrir le secteur et avoir de vrais échanges. L’idée étant bien que l’arrivée de voyageurs profite au mieux aux habitants, en faisant par exemple travailler une petite boutique ancienne de kimono pour essayer ce vêtement. En-Ya organise aussi des cours d’anglais pour les habitants.

J’aime aussi beaucoup les activités qui permettent d’observer autrement faune et flore, que ce soit le corail, les cigognes ou les baleines.

Côté hébergement, je suis fan des ryokans isolés, en pleine nature, avec de superbes bains chauds. Il y en a plein, par exemple du côté de Nyuto Onsen, ou le ryokan Takamine Onsen à Nagano, à plus de 2000m d’altitude, qui propose en plus des sessions d’observations des étoiles.

Quelle est ton expérience personnelle la plus marquante autour de cette notion de voyage durable ?

Ce qui m’a le plus marqué, c’est à quel point les structures durables font un pas de côté et permettent de prendre le temps d’échanger. Dans les ryokan familiaux dont je parle, ou à l’occasion des séjours à la ferme par exemple, il y a toujours moyen d’échanger avec ses hôtes (même sans parler japonais, avec les mains ou une appli). Ces rencontres constituent les souvenirs les plus mémorables d’un voyage.

Une fois, sur la côte de la préfecture de Kyoto, nous avons séjourné dans un ryokan en activité depuis près de quatre siècle, et toujours aux mains de la même famille. La dernière génération de la famille, alors au collège, était là pour faire un peu de traduction et avait préparé avec son père des panneaux explicatifs en anglais pour mettre en lumière l’histoire locale et les antiquités présentes dans l’hébergement. Ce sont des expériences touchantes, très humaines.

Question bonus : quelle sera ta première destination à la réouverture des frontières ?

J’ai énormément voyagé au Japon, mais il y a encore beaucoup de site que j’aimerai explorer. La pandémie a mis à mal quelques projets, et je commence à être sérieusement en manque d’onsen : ma première destination sera donc une station thermale que je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter, peut-être Kinosaki ou Ginzan Onsen ! Ce sont deux lieux que je rêve de voir depuis un moment maintenant…

Où se procurer le guide Tao Japon ?

Le guide Tao Japon de Julien Giry ne coûte que 12,50€.  Il est disponible dans toutes les bonnes librairies, au rayon littérature de voyage. Vous pouvez également vous le procurer ici ou le site guidestao.com, ou tenter d’en remporter un exemplaire (papier ou numérique) via le concours Instagram Passeport Japon x Viatao, du 1er au 10 avril 2022.

Cet article contient un lien partenaire. Si vous effectuez un achat via ce lien, une petite commission sera reversée à Passeport Japon, sans incidence pour vous. N’hésitez pas à utiliser ce lien si vous souhaitez soutenir Passeport Japon. どうもありがとうございます。>_<

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.