Fukuoka

Le bouddha couché du temple Nanzo-in à Fukuoka

Le temple Nanzo-in de Sasaguri, dans la préfecture de Fukuoka, fait partie de ces lieux d’exception à découvrir absolument lors de votre voyage à Kyushu. Il faut dire que son immense nehanzo (statue de bouddha couché) est particulièrement impressionnant. Et pour cause: il s’agirait du plus grand bouddha incliné en bronze au monde !

Cette incroyable statue de 41 mètres de long est incontestablement l’attraction phare du temple Nanzo-in, qui accueille chaque année plus d’un million de visiteurs. L’endroit est, de plus, très accessible pour les voyageurs dotés d’un JR Pass.

Depuis Hakata à Fukuoka, il faut environ 25 minutes en train JR pour rejoindre la petite gare de Kidonanzoin-Mae, située à deux pas du temple. Une fois descendu du train, on atterrit alors dans un décor champêtre, entouré de reliefs boisés.

Le temple Nanzo-in, joyau du pèlerinage de Sasaguri Shikoku

Si le bourg de Sasaguri n’est pas très connu des voyageurs francophones, il revêt une très grande importance pour les croyants de l’île de Kyushu. Ses montagnes abritent en effet un grand nombre de temples bouddhistes, qui rendent hommage au mythique pèlerinage des 88 temples de Shikoku.

Version miniature de ce dernier, le pèlerinage de Sasaguri Shikoku s’effectue en 3 jours de marche (voire en une journée si vous le faites en voiture). Un carnet à tamponner et des goshuin (calligraphies porte-bonheur) spéciaux récompensent les pèlerins à chaque étapes du parcours. N’ayant pas le temps d’effectuer le pèlerinage complet, je n’ai visité que le temple Nanzo-in, considéré comme le plus important.

La surprenante histoire du temple Nanzo-in

Le Nanzo-in (南蔵院) faisait initialement partie des temples du mont Koya, dans la préfecture de Wakayama. Il appartient donc à la secte Shingon fondée par le moine Kôbô Daishi, au même titre que le Mitaki dera d’Hiroshima ou le Daisho in de Miyajima par exemple.

À partir des années 1870, le gouvernement japonais tente de séparer les différents cultes pour redonner au shintoïsme son statut de religion d’État. Un sentiment anti-bouddhiste se développe dans certaines régions, dont le temple Nanzo-in de Koyasan fait les frais. En 1886, ce dernier est menacé de destruction par les autorités locales. Des voix s’élèvent alors contre cette décision. Pour apaiser les tensions, on décide finalement de déplacer le temple à Sasaguri. Le chantier prendra environ 10 ans.

C’est donc en 1899 que le temple Nanzo-in est officiellement inauguré sur l’île de Kyushu. Son immense statue de bronze, quant à elle, ne sera construite que bien plus tard, en 1995.

Un temple niché dans un écrin de nature

Loin de se limiter à son impressionnant nehanzo, le temple Nanzo-in offre une agréable balade dans un bel environnement naturel. Depuis l’entrée du temple, on accède à une colline boisée peuplée de nombreuses statues. L’ascension s’effectue en suivant un petit escalier de pierre. Grottes, cascades, jizô et imposants arbres aux feuillages colorés ponctuent cette promenade pleine de charme, particulièrement agréable en automne.

On croise également sur ce parcours une statue colorée de l’esprit Fudo armé de son épée. Cette divinité, entourée de flammes menaçantes, est reconnaissable à son visage colérique particulièrement intimidant. Quelques figures du panthéon shinto sont évidemment présentes dans les environs, même si la statuaire est majoritairement bouddhiste.

Le bouddha couché, quant à lui, se situe de l’autre côté d’un petit tunnel voûté passant sous la forêt, qui donne sur une partie du temple plus aérée.

Le Bouddha couché du temple Nanzo-in

Étendu le long d’une plateforme dominant le paysage environnant, l’air tranquille et somnolent, le nehanzo du temple Nanzo-in est incontestablement le clou de la visite. Long de 41 mètres et haut de 11 mètres, il pèserait près de 300 tonnes. Ces dimensions hors-normes le placent largement en tête parmi les grands bouddhas japonais, loin devant les daibutsu de Kamakura ou du temple Todai-ji de Nara

Inauguré en 1995, ce bouddha de bronze se distingue également par son état impeccable. J’aurais pu passer des heures à le photographier sous tous les angles, tant il est photogénique.

Sous la plante de ses pieds, de magnifiques gravures dorées attirent immanquablement l’attention. La roue en or qu’elles représentent est l’un des huit signes de bon augure issus de la tradition bouddhiste. Les fidèles y déposent des pièces de monnaie en offrande.

On appelle également cette statue Shaka Nehan, nom qui signifie « Nirvana », en référence à sa posture sereine, proche de l’Illumination. 

Les reliques du Nanzoin

Tout comme le Daibutsu de Kanagawa, le grand Bouddha de bronze du Nanzo-in est creux. L’intérieur abriterait d’importantes reliques offertes par le Myanmar, en remerciement des généreux dons de la secte Shingon à plusieurs causes humanitaires. Ces reliques sont les cendres du Bouddha et de deux de ses disciples, Maudgalyayana et Ananda. Une délégation de 1300 moines venus du Myanmar et du Népal était d’ailleurs présente lors de l’inauguration de la statue, en 1995.

En hommage au pèlerinage de Shikoku, le nehanzo du Nanzo-in abrite également un peu de sable prélevé dans chacun des 88 temples de ce parcours mythique

Malgré leur jeune âge, le Nanzo-in et son bouddha couché ont donc su s’intégrer avec brio dans la grande histoire du Bouddhisme, tissant au passage de nombreux liens. Si vous passez par Fukuoka, ne manquez pas cette belle visite empreinte de spiritualité.

Plus d’informations sur
nanzoin.net

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