8 conseils pour voyager responsable au Japon

Le petit guide du voyageur engagé

Vous souhaitez voyager écolo au Japon ? Avec son incroyable diversité paysagère, ses 34 parcs nationaux et ses 5 sites naturels inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Japon est une destination de choix pour les amoureux de nature. Entre cuisine de saison, traditions ancestrales et culte de la nature, l’art de vivre nippon est plus que jamais un modèle d’inspiration à découvrir.

Quand on pense au Japon, on a souvent en tête l’image d’un pays moderne et urbanisé, avec sa mégalopole tentaculaire allant de Tokyo à Fukuoka. C’est oublier que l’archipel nippon est recouvert de montagnes et de collines à près de 70%. À peine un cinquième de sa superficie totale est réellement habitable. Le reste appartient… à la nature.

Situé sur la ceinture de feu du Pacifique, le Japon est aussi un territoire à l’activité volcanique et sismique intense, et aux impressionnants contrastes climatiques. Des froides plaines d’Hokkaido aux îles subtropicales d’Okinawa, les Japonais ont développé un lien très singulier avec la nature, au fil de leur histoire. 

Voyager écolo au Japon n’est donc pas aussi contre-intuitif qu’on pourrait l’imaginer. Au contraire : les Japonais appliquent naturellement et depuis toujours un grand nombre de ces « bonnes pratiques » que nous peinons encore à assimiler en Occident. Alors pourquoi ne pas profiter de votre séjour pour vous inspirer de leur savoir-faire ? Voici quelques idées, inspirées par le guide Tao Japon, un voyage écolo et éthique.

Se rendre au Japon, l’épineuse question du bilan carbone

À moins d’envisager un long périple en train et en ferry, voyager au Japon depuis la France implique de prendre l’avion… ce qui n’est guère idéal pour minimiser son empreinte carbone. La meilleure solution consiste donc à voyager sur place le moins souvent possible… quitte à y rester un peu plus longtemps, afin de rentabiliser le vol au maximum !

Il n’y a pas de durée idéale pour un voyage au Japon, mais en-dessous de 10 jours, on peut considérer que le jeu n’en vaut pas vraiment la chandelle. Pour rappel, hors pandémie de Coronavirus, la durée maximale d’un séjour au Japon est de trois mois consécutifs. Tout le monde ne peut bien-sûr pas se permettre de disparaître trois mois, mais trois semaines à un mois constituent déjà une durée plus raisonnable si vous vous souciez de votre empreinte carbone.

Si vraiment vous n’avez pas la possibilité d’allonger votre séjour, pourquoi ne pas envisager de soutenir un projet éthique et responsable en compensation, via le site greentripper.org par exemple ?

Privilégier les transports en commun et la mobilité douce

Une fois au Japon, il vous faudra circuler un minimum pour profiter de votre séjour. Heureusement, le Japon est doté de l’un des meilleurs réseaux de transports en commun au monde. Bus, train, métro, voire même ferry si vous êtes aventureux… Les compagnies nipponnes, qu’elles soient publiques ou privées, rivalisent d’efficacité pour vous emmener sans encombre jusqu’à destination.

Le JR Pass national, ainsi que ses variantes régionales, constituent une excellente option si vous envisagez l’itinérance. Attention toutefois à bien calculer leur seuil de rentabilité, en fonction de votre programme et de la durée du voyage. Dans tous les cas, évitez au maximum les vols intérieurs.

EN SAVOIR PLUS
Le Japon en train

Prendre la route au Japon, une mauvaise idée ?

La route n’est pas totalement à proscrire. Pour les escapades lointaines par exemple, le bus de nuit constitue une excellente solution. Certes moins écologique que le train, ce mode de transport vous fera économiser une nuitée. 

Louer une voiture au Japon est une autre option à envisager, que l’on réservera toutefois à l’exploration des campagnes profondes, mal desservies par les transports en commun. Shikoku, les zones montagneuses du Tohoku ou des Alpes Japonaises, la péninsule de Kii… font partie de ces destinations où la circulation des bus et trains peut s’avérer laborieuse. Veillez toutefois à choisir un véhicule hybride ou électrique, pour minimiser votre impact sur l’environnement. De même, n’envisagez le taxi que pour les situations d’urgence, si aucune autre alternative n’est possible.

Du côté des transports doux, on peut trouver au Japon des agences spécialisées dans la location de vélos, quand ce n’est pas l’office de tourisme, ou même votre guest house qui proposera ce service. Pensez à vous renseigner avant votre séjour. Les plus courageux, enfin, choisiront la marche à pied pour arpenter les nombreux sentiers de randonnées ou de pèlerinages nippons

Adopter la slow attitude

Et si, au lieu de bouger sans cesse, vous optiez pour un séjour longue durée dans un joli recoin de Japon ? Expérimenter le slow tourisme, c’est rendre le temps d’explorer un territoire en profondeur, et de s’imprégner de son atmosphère en douceur.

Une grand-mère et son chat contemplent les canaux à Yanagawa, préfecture de Fukuoka

« Être slow », c’est aussi accepter de se poser un instant, respirer, prendre le temps de contempler la nature et les gens qui nous entourent. En résumé, c’est être ouvert à la vie et aux rencontres, simplement. Tout un état d’esprit.

On peut rattacher cette pratique au concept typiquement nippon de mono no aware. C’est cette nostalgie de l’éphémère, si enracinée dans l’identité locale, qui pousse chaque année les Japonais à contempler avec émotion la floraison des sakura.

Le slow tourisme au Japon (ou ailleurs), présente de nombreux avantages. En évitant de multiplier les trajets, vous limiterez considérablement votre empreinte carbone, et aurez tout le temps de découvrir votre environnement, à pied ou à vélo, sans la moindre pression. Vous aurez également plus de temps pour faire de vraies rencontres, communiquer, nouer des liens sur place. Enfin, vous ne survolerez pas votre destination, mais prendrez le temps de la découvrir en profondeur, de vous y attacher.

Oser sortir des sentiers battus

Le tourisme est bien-sûr une importante manne économique pour les Japonais. Mais le tourisme de masse est aussi une nuisance, pour l’environnement comme pour la qualité de vie des habitants qui le subissent au quotidien. À Kyoto par exemple, les nombreuses incivilités des visiteurs étrangers ont eu raison de la patience du comité des habitants de Gion, qui a décrété en octobre 2019 l’interdiction… de prendre des photos sur place.

Rêver à certaines destinations emblématiques n’est bien-sûr pas un mal, surtout dans le cadre d’un premier voyage. Mais sortir du chemin tout tracé de la traditionnelle Golden Route « Tokyo-Kyoto-Osaka » vous permettra de découvrir un autre Japon, plus authentique.

En bonus, vous contribuerez également à désengorger les sites saturés, et à faire connaître d’autres lieux, qui méritent davantage d’attention.

File d'attente devant le torii flottant du sanctuaire Hakone jinja, Moto-Hakone, préfecture de Kanagawa

Privilégier les hébergements traditionnels

Face aux caprices des forces de la nature, les Japonais ont très tôt appris à construire des habitations légères, avec un minimum d’emprise au sol, et donc faciles à reconstruire en cas de nécessité. L’habitat traditionnel japonais emploie des matériaux naturels et locaux, et exploite bien souvent une autre richesse naturelle : la géothermie.

Rotenburo au ryokan Asanoya, Yumura onsen, préfecture de Hyogo

Utilisées pour alimenter les bains, chauffer les habitations et cuisiner au quotidien, les sources chaudes japonaises ont mille vertus insoupçonnées. Dans les nombreuses stations thermales de l’archipel, on les croise parfois sous forme de bains de pied publics (ashiyu).

Souvent gérés par les mêmes familles depuis des générations, les ryokan (auberges traditionnelles japonaises) offrent aussi d’enrichissantes rencontres humaines. Ils sont particulièrement recommandés aux voyageurs curieux et ouverts à l’aventure.

On peut également inclure, parmi les habitats traditionnels, les petites pensions familiales (minshuku), certaines auberges de jeunesse et les hébergements à la ferme (type farm stay ou minpaku). Sans oublier les temples hôteliers (shukubo), qui offrent une expérience des plus mémorables.

Consommer local et de saison

Qui dit ryokan dit bonne cuisine. C’est pourquoi la plupart des auberges traditionnelles proposent à leur clientèle des formules en demi-pension, incluant dîner kaiseki et petit-déjeuner japonais.

Si vous tentez l’expérience kaiseki, aucune chance de trouver du boeuf argentin dans votre assiette ! Cette cuisine raffinée s’appuie exclusivement sur des produits locaux, frais et de saison. Elle offre également une large variété de couleurs, de saveurs et de textures, qui peuvent dérouter en première dégustation, mais sauront séduire les voyageurs en quête d’expériences originales.

Les temples hôteliers ont également leur cuisine spécifique, qui valorise des produits exclusivement végétariens. La Shojin Ryôri est la cuisine traditionnelle des moines bouddhistes, qui ne consomment ni viande, ni poisson. On retrouve dans ce genre de menu certaines caractéristiques du repas kaiseki, comme l’usage de produits de saison cultivés localement, et la même variété de textures.

D’une manière générale, les Japonais accordent une grande attention à la saisonnalité en cuisine. Si vous avez l’occasion de préparer vos propres plats, n’hésitez pas à fréquenter les marchés locaux plutôt que les konbini pour vous faire une idée de la richesse des produits nippons.

Soutenir les savoir-faire locaux

Voyager éthique et responsable au Japon suppose d’être pleinement conscient de ses choix de consommation. Dans l’assiette comme lors de vos séances shopping, soyez donc toujours attentifs à l’origine des produits achetés.

Parmi les achats incontournables, vous croiserez notamment de nombreux omiyage, ces spécialités régionales à partager avec vos proches et amis à votre retour de voyage. Malheureusement, l’amour des Japonais pour les packaging chatoyants est très difficile à contourner. Choisissez soigneusement vos produits, en évitant autant que possible le suremballage.

Pour vos achats d’objets locaux, privilégiez l’artisanat et les productions dûment estampillées made in Japan. Le choix des matériaux est aussi important. Si possible, fuyez le plastique pour vous orienter vers des matériaux naturels, moins nocifs pour l’environnement. 

Une autre façon d’éviter de surconsommer est d’opter pour des souvenirs moins encombrants. Les goshuin, par exemple, sont de jolies calligraphies à collectionner à l’intérieur d’un carnet appelé goshuinchô. En plus d’être peu coûteux, ces goshuin ont la réputation de porter bonheur. Autre souvenir typique et amusant : les tampons touristiques, véritable institution au Japon. 

Soutenir les initiatives locales et respecter les bonnes pratiques

Privilégier les activités labellisées écotourisme au Japon est une excellente manière de s’assurer que votre programme respecte l’environnement, ainsi que les valeurs qui vous sont chères. C’est aussi une manière d’encourager les initiatives locales, qui se multiplient depuis quelques années.

Au Japon comme en Occident, la prise de conscience fait son chemin. C’est elle qui a permis, par exemple, de sauver in extremis la cigogne de Toyooka, symbole de la préfecture Hyogo, au bord de l’extinction il y a quelques années.

Lors de votre voyage, votre participation active est évidemment importante. Les poubelles sont rares au Japon, ne jetez jamais vos déchets dans la nature, gardez-les plutôt sur vous le temps de trouver un endroit propice pour vous en débarrasser. Pratiquez le tri sélectif, comme vous le feriez chez vous. Ne prélevez aucun élément naturel. Veillez à suivre les itinéraires et sentiers aménagés pour ne pas dégrader l’environnement.

En résumé, comportez-vous au Japon comme vous le feriez dans votre propre pays, tout simplement.

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