Tsukigahama, la plage de sable chantant à Iriomote
La plage de Tsukigahama est l’endroit le plus éloigné de Tokyo (et aussi le plus isolé) que j’ai visité à ce jour au Japon. Située dans les îles Yaeyama, sur les terres du chat sauvage d’Iriomote, cette plage de sable fin et doré porte en réalité le nom de plage de Tudumari. Le surnom de Tsukigahama, litt. « plage de la lune », lui vient de sa forme en arc, qui rappelle celle d’un croissant de lune.
Au large d’Ishigaki, Iriomote est la seconde plus grande île de la préfecture d’Okinawa. Mais c’est aussi –et surtout– un site naturel exceptionnel, classé depuis 2021 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Lors des préparatifs de mon séjour à Okinawa, en mai 2024, je ne connaissais d’Iriomote que ses mangroves. J’ai donc programmé une petite excursion en bateau dans l’estuaire du fleuve Nakamagawa, en débarquant le matin au port d’Ohara. Après quoi, il m’a fallu prendre le bus qui longe le littoral nord de l’île pour rejoindre le terminal maritime du port d’Uehara, d’où j’avais prévu de repartir en fin d’après-midi. Cet itinéraire peut sembler tortueux, donc retenez juste qu’il existe deux ports à Iriomote : Ohara au sud-est (endroit d’où on peut explorer les mangroves) et Uehara au nord-ouest.
Sur ce parcours, il me restait tout juste le temps de programmer une excursion dans les environs d’Uehara. Et mon choix s’est porté sur la plage de Tsukigahama. Pourquoi ce lieu ? Parce que l’endroit est très célèbre pour sa beauté sauvage et pour son fameux sable chantant. Il n’en fallait pas plus pour éveiller ma curiosité !
Tsukigahama, l’une des plus belles plages des îles Yaeyama
La plage de Tsukigahama occupe la baie d’Urauchi. Cette dernière est cernée, au nord, par le cap Unarizaki dominant la mer de Chine orientale et, au sud, par l’estuaire du fleuve Urauchigawa abritant une mangrove. Le sable de Tsukigahama est donc issu de sédiments charriés par le fleuve. Ainsi, contrairement à de nombreuses autres plages d’Okinawa (par exemple celles de Zamami) l’eau n’est ici pas transparente. Ne comptez pas faire de la plongée ou du snorkeling dans les parages ! Cet environnement n’est, de toute façon, pas adapté au développement du corail.






À défaut de pouvoir y observer la faune marine avec palmes et tuba, on vient sur la plage de Tsukigahama pour savourer un moment de tranquillité. Ou encore pour admirer le coucher du soleil et le ciel étoilé par temps clair. Pour ma part, je m’y suis rendue en milieu d’après-midi, et il n’y avait quasiment personne sur place. J’ai à peine croisé un couple occupé à admirer le panorama en quittant les lieux.

Le calme est indéniablement l’un des points forts du site, si bien que j’ai cru un instant que la plage était privée, mais non. Il y a bien un hôtel de la franchise de luxe Hoshino Resort à proximité (dont la construction, en 2004, n’a pas manqué d’inquiéter les locaux paraît-il), mais la plage est totalement libre d’accès. La baignade y est également autorisée mais notez que l’endroit n’était pas surveillé le jour de ma visite, donc prudence.
Nakisuna, le « sable chantant »
Je ne vais pas vous mentir, ma plus grosse attente concernant la plage de Tsukigahama était cette histoire de « sable chantant ». Et de ce côté-là j’ai été un peu déçue. Je pensais en effet qu’il suffisait de marcher sur le sable pour que le son se manifeste, mais c’est un peu plus compliqué que ça. Je n’ai eu le fin mot de l’histoire qu’après mon retour en France, en faisant quelques recherches sur le phénomène. Mon expérience personnelle n’a donc pas été concluante, mais ça ne veut pas dire qu’il en sera de même pour vous, surtout si vous lisez les conseils ci-dessous.

Il faut savoir qu’il existe plusieurs plages de sable chantant au Japon. Toutes partagent une caractéristique commune : leur sable se compose en grande partie de quartz. C’est le frottement de ces grains de quartz qui produit une sorte de grincement quand le sable est brutalement mis en mouvement. Pour faire « chanter » le sable, vous devez donc en faire bouger une certaine quantité de manière brusque, par exemple en créant un petit tas de sable et en le séparant d’un geste ample avec vos mains. Notez par ailleurs que le phénomène ne se manifeste que sur le sable sec.
J’espère que ce petit tuto vous aidera. Tsukigahama est la seule plage de sable chantant de la préfecture d’Okinawa. Si vous avez l’occasion de passer par là, n’hésitez pas à tester et à me faire un retour en commentaires. Je suis très curieuse de savoir si ça fonctionne.
Un sanctuaire pour la vie sauvage
Dans le dialecte d’Iriomote, le mot tudumari signifie « rester ». Ce nom explique peut-être certaines croyances locales, qui prétendent que l’endroit serait la résidence de divinités. Que la légende soit vraie ou non, Tsukigahama est indéniablement un sanctuaire pour la faune et la flore indigène, qui s’épanouit aussi bien sur le sable que dans la forêt environnante.
Entre mangrove, îlots et falaises
La forêt primaire couvre environ 90% de l’île d’Iriomote, et sa présence se fait évidemment ressentir à Tsukigahama. En tournant les yeux vers le sud, l’estuaire du fleuve Urauchigawa colonisé par la mangrove se dessine. Il est marqué par la présence de deux îlots rocheux (ou atuk dans le dialecte local). Il est possible de longer le littoral à pied pour admirer de plus près leurs hautes falaises en grès envahies pas la végétation.




Je manquais un peu de temps pour explorer la mangrove malheureusement. Je me suis donc contentée de me poser sur la plage, pour rester à portée de l’arrêt de bus et ne surtout pas manquer le dernier ferry vers Ishigaki. Et croyez-moi, malgré l’absence de touristes, je ne me suis jamais sentie seule !



À Iriomote (et plus généralement dans tout l’archipel d’Okinawa), tous les coquillages sont habités, même les plus petits. Il suffit donc de s’éloigner un peu pour les voir trotter sur le sable, ou se recroqueviller à l’approche du danger. J’ai aussi vu à Tsukigahama de minuscules crabes, que je suis bien incapable d’identifier avec certitude. Celui que j’ai photographié pourrait bien être un jeune crabe bleu du sud. Par ailleurs, la plage de Tsukigahama est aussi connue comme un important lieu de ponte pour les tortues de mer.
Au-delà des espèces que j’ai pu croiser, sachez qu’il est également possible d’observer sur l’île d’énormes crabes des cocotiers à la tombée de la nuit. Sans oublier le mythique chat sauvage d’Iriomote, représenté absolument partout sur l’île ! L’écosystème local est incroyablement foisonnant, ce qui explique le classement par l’UNESCO en 2021.
Une intrigante laisse de mer
C’est un peu triste à dire, mais l’un des points qui m’ont le plus émerveillé à Tsukigahama n’est autre que la propreté absolue des lieux. Il n’y avait aucun déchet sur le sable, pas le moindre mégot de cigarette. Rien qui soit issu de l’activité humaine en tout cas. Et pas d’éclats de coraux ni de coquillages brisés non plus. L’essentiel de la laisse de mer est d’origine végétale : graines, branches, feuilles, fruits… Tout cela provient bien évidemment de la mangrove du fleuve Urauchigawa tout proche, et donne à Tsukigahama une identité vraiment unique. J’aurais pu passer des heures à photographier la rencontre entre l’écume, le sable et la laisse de mer, dans cette atmosphère de bout du monde incroyablement apaisante.



Pour conclure, petite promo pour mon partenaire Ninja Wifi. Iriomote est vraiment l’endroit le plus isolé que j’ai visité à ce jour au Japon, et malgré tout, mon pocket wifi a fonctionné à merveille sur place. Je peux donc vous recommander l’offre en connaissance de cause.

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Comment se rendre à la plage de Tsukigahama ?
Visiter la plage de Tsukigahama en ferry
- Ferry Yaeyama Kanko ou Anei Kanko vers Uehara depuis le terminal maritime d’Ishigaki, puis prendre le bus local jusqu’à l’arrêt Uranai (environ 12 min de trajet)
Accessibilité PMR
Aucun aménagement spécifique (type caillebotis bois) n’ayant été mis en place, Tsukigahama est inaccessible aux fauteuils roulants. Toutefois, son accès ne présente pas de difficultés majeures pour les personnes dotées d’un minimum de mobilité : le chemin qui y mène est plat, sans obstacles majeurs.
Mise à jour : juin 2025




