Bâtiment principal du sanctuaire Kitaguchi Hongu Fuji Sengen de Fujinomiya, au pied du Mont Fuji (Fujisan), préfecture de Yamanashi (Chûbu)
Yamanashi

Le sanctuaire Kitaguchi Hongu Fuji Sengen au pied du Mont Fuji

Kitaguchi Hongu Fuji Sengen-jinja, à Fujiyoshida, est un sanctuaire bien connu des vaillants ascensionnistes du Mont Fuji. Ce superbe complexe shinto, niché au coeur d’une forêt de cèdres mystique, est en effet le point de départ de la voie Yoshida, l’un des 4 principaux itinéraires menant au sommet du Fujisan

Pour les croyants, le sanctuaire Kitaguchi Hongû Fuji Sengen est surtout dédié à la déesse de la montagne, Konohanasakuya (aussi appelée Sengen). La consécration du site remonterait à l’an 110, mais les bâtiments sont bien plus récents. Ils auraient été construits en 788, pour calmer la divinité du volcan suite à l’éruption de 781.

Depuis, le sanctuaire s’est petit à petit agrandi pour accueillir les nombreux pèlerins venus tenter l’ascension. Il fait désormais partie des sites classés par l’UNESCO en 2013, sous l’appellation Fujisan, lieu sacré et source d’inspiration artistique. En résumé, Kitaguchi Hongu Fuji Sengen-jinja est un site absolument incontournable à visiter si vous passez par la région des Cinq Lacs.

Kitaguchi Hongu Fuji Sengen, porte d’accès au Mont Fuji

Lors de ma visite en novembre 2019, le temps était brumeux et le Mont Fuji totalement invisible, caché derrière un épais mur de nuages blancs. Malgré cette déception, il régnait une ambiance vraiment très singulière dans l’enceinte du sanctuaire. La brume humide réverbérait les rayons de soleil, qui perçaient ça et là à travers les feuillages. C’était sublime et je garde donc un souvenir très fort de ce moment où je foulais pour la première fois les pentes de la montagne sacrée.

Le coeur spirituel du Mont Fuji

Kitaguchi Hongû Fuji Sengen est un sanctuaire très ancien, qui semble se fondre dans la forêt environnante. On y accède par une longue allée ombragée, bordée de lanternes de pierre moussues. Cette allée mène à l’une des attractions principales du site, le Fujisan Ôtorii, plus grand torii en bois du Japon, du haut de ses 17 mètres. À mon grand désespoir, ce dernier était en travaux lors de mon passage, et donc totalement masqué par une bâche opaque. C’est pourquoi il faudra vous contenter de mon dessin ci-dessous (en attendant que j’aie la chance de retourner sur place).

Deux komainu (statues de lions gardiens) recouverts de lichen montent férocement la garde à proximité du monument. Ils reflètent à merveille le charme de la statuaire du site, tantôt minérale, tantôt faite de bois peint aux teintes très vives. 

La cour intérieure est un peu plus loin, dominée par un impressionnant cèdre millénaire à la ramure enchevêtrée, baptisé Fuji Tarô Sugi. Impossible de s’y tromper : il est immense (environ 23 mètres), avec un large tronc entouré d’une corde sacrée (shimenawa). Comme le veut l’usage, ne manquez pas de vous purifier les mains à la fontaine centrale, avant d’aller prier devant le bâtiment central.

Vous trouverez également dans les parages une petite boutique commercialisant des ema à l’effigie du Fujisan, si vous souhaitez conserver un joli souvenir de votre visite. 

Cour centrale du sanctuaire Kitaguchi Hongu Fuji Sengen baignée de lumière, préfecture de Yamanashi (Chûbu)

D’une manière générale, l’ambiance du sanctuaire Kitaguchi Hongu Fuji Tengen est vraiment unique et ressourçante. J’aimerais beaucoup y faire un tour lors de la fête du Feu, le plus grand matsuri local. Cette dernière a lieu chaque année les 26 et 27 août, et il paraît qu’elle est impressionnante.

Dans les pas des pèlerins du Mont Fuji

Au-delà du simple défi sportif, l’ascension du Mont Fuji revêt pour la plupart des Japonais une profonde dimension spirituelle. On s’arrête donc sur place pour se mettre en conditions avant l’épreuve et prier la déesse de la montagne pour sa bienveillance.

Omikuji au sanctuaire Kitaguchi Hongu Fuji Sengen, préfecture de Yamanashi (Chûbu)

Le torii de pierre marquant le point de départ de la voie Yoshida se situe à droite du bâtiment principal. Il est facilement identifiable à la statue de pèlerin située juste à côté.

Torii de la voie Yoshida au sanctuaire Kitaguchi Hongu Fuji Sengen, préfecture de Yamanashi (Chûbu)
Statue de pèlerin au sanctuaire Kitaguchi Hongu Fuji Sengen, préfecture de Yamanashi (Chûbu)

La voie Yoshida qui traverse Kitaguchi Hongu Fuji Sengen-jinja est considérée comme le chemin d’ascension le plus classique pour atteindre le cratère du Mont Fuji. Si la plus ancienne voie est la voie Murayama, la voie Yoshida est incontestablement la plus sacrée. Elle est par conséquent jalonnée de sanctuaires parfois très anciens, mais aussi de salons de thé et de refuges. De quoi s’offrir une halte bien méritée avant de reprendre le chemin du sommet !

Kitaguchi Hongu Fuji Sengen, l’un des plus grands sanctuaires forestiers du Japon

Outre sa dimension spirituelle, le plus important sanctuaire de Fujiyoshida s’illustre par son environnement hors norme. Le shintoïsme, religion animiste, s’épanouit souvent dans des espaces naturels d’une beauté remarquable. Ici, c’est donc une vaste forêt de cèdres millénaires qui sert de décor, un peu comme à Hakone-jinja.

Forêt du sanctuaire Kitaguchi Hongu Fuji Sengen, préfecture de Yamanashi (Chûbu)

Désignés Monuments Naturels, les trois grands arbres délimitant l’enceinte du sanctuaire en sont aussi les protecteurs. L’ensemble du site couvre quasiment 10 hectares de forêt, faisant de Kitaguchi Hongu Fuji Sengen l’un des plus grands sanctuaires forestiers du Japon. J’ai aimé m’y promener en toute sérénité, le nez en l’air, pour admirer la percée des rayons du soleil dans les feuillages, me recueillir… et respirer.

Petit sanctuaire forestier près de Kitaguchi Hongu Fuji Sengen, préfecture de Yamanashi (Chûbu)

Kitaguchi Hingu Fuji Sengen-jinja fait partie de ces lieux sacrés, empreints de spiritualité, qui ne peuvent laisser indifférents. Il s’agit, pour moi, d’un incontournable de la préfecture de Yamanashi. J’aurais vraiment aimé m’y rendre par temps clair, et pouvoir admirer la belle silhouette du Fujisan entre les arbres. Malgré tout, je ne regrette pas ma visite, car la luminosité si particulière ce matin-là m’a offert de beaux moments de grâce et d’émerveillement. Un vrai coup de coeur.

Mise à jour : août 2022

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