Temple Koshibyo, préfecture de Nagasaki (Kyûshû)
Nagasaki

Kôshibyô, une enclave chinoise à Nagasaki

Le Kôshibyô est un temple confucéen, qui aurait été bâti par des ouvriers chinois en 1893. Gravement endommagé par la bombe atomique d’août 1945, il rouvre au public en 1967, avant d’être de nouveau rénové en 1982.

Le Kôshibyô a la particularité d’être une petite enclave chinoise en territoire japonais. Le site est donc géré par l’ambassade de Chine à Tokyo. Ce qui signifie que je suis allée en Chine malgré moi. Une expérience qui a un prix, celui du billet d’entrée.

Plus sérieusement, l’endroit dégage beaucoup de charme, avec son bassin rempli de carpes, ses lions gardiens de pierre et ses ornements colorés. Un vrai bijou architectural, qui tranche avec la sobriété des temples et sanctuaires japonais.

À la rencontre des 72 disciples de Confucius

L’attraction principale du temple Kôshibyô est sa cour intérieure, qui abrite pas moins de 72 statues représentant les disciples de Confucius.

J’aurais pu passer des heures à photographier leurs visages, tantôt sérieux, tantôt rieurs. Une expérience qui m’a rappelé ma visite du temple Daisho-in de Miyajima, toutes proportions gardées.

En parcourant les recoins du Kôshibyô, on peut admirer toute la richesse et la finesse de l’art chinois. Le site abrite également un musée, situé juste derrière le bâtiment principal, mais je n’ai pas pris de photos sur place, à cause des vilains reflets sur les vitrines.

Dans les salles remplies de trésors, j’ai pris conscience d’une différence qui me paraît fondamentale, entre savoir-faire chinois et japonais. Peut-être saurez-vous conforter mon impression? Je me disais qu’au Japon, la beauté d’un objet réside moins dans sa richesse intrinsèque, que dans l’application mise à le fabriquer. Les japonais célèbrent avant tout le savoir-faire de l’artisan, la perfection de son geste. Tandis qu’en Chine, c’est davantage le résultat, souvent ostentatoire, qui est apprécié et mis en valeur.

J’avoue me sentir plus proche de la philosophie japonaise, après avoir longtemps rêvé d’aller en Chine lorsque j’étais adolescente. Quelque part, mon passage à Nagasaki a conforté ce penchant: j’admirerai toujours la culture chinoise millénaire, mais mon coeur appartient au Japon… à jamais.


  • Tramway Nagasaki Denki (ligne 5), descendre à l’arrêt Oura Cathedral ou Ishibashi

4 commentaires

  • Yoyo

    Ooh… cette fin d’article…. c’est si… si beau…!! T_T Je savais déjà que tu avais un talent pour l’écriture mais là… j’adore! ^_^ XD
    J’aimerai bien ajouter ce lieu à ma liste mais… mais quelque chose me gêne. J’aime beaucoup l’architecture chinoise mais… j’aimerai autant la voir en Chine! Pourtant, ce lieu m’attire vraiment. La raison : cette fameuse porte du temple sofuku Ji!!!! Absolument Ma-Gni-Fique! Bon j’arrête mon cirque… je l’ajoute. Mais dans les « pas prioritaire ». (Mais bon Sang cette porte! ^^’´ )
    Merci beaucoup Céci pour cette petite balade. Ça fait du bien quand on ne voit que ses cours depuis deux semaines XD

    • Passeport Japon

      J’adore ton enthousiasme Yo Yo !^^
      Et je comprends ton point de vue, même si je ne le partage pas à 100%. Disons que la spécificité de Nagasaki est clairement ce côté « cosmopolite » qui déroute : il y a les influences chinoises bien-sûr, mais aussi occidentales, et tout ça se mélange pour créer une identité vraiment très spécifique…
      Nagasaki incarne une facette assez singulière du Japon. C’est difficile à expliquer : j’ai l’impression que les japonais ont un don pour s’approprier les influences culturelles étrangères, les assimiler et les transformer. Au final, ils parviennent à en tirer quelque chose de nouveau et, curieusement… très japonais !^^ J’ai beaucoup de mal à mettre des mots sur cette analyse, mais je peux te dire que Nagasaki est clairement l’endroit où je l’ai compris et observé avec le plus d’évidence.

  • Cécile

    Il ne faut jamais dire jamais chère Cécilia 😉 Étant allée en Chine et au Japon, je me dis que ces 2 cultures sont bien différentes : l’attitude des locaux, l’architecture, la bienséance… incomparables !
    Merci d’avoir partager ta découverte et ton ressenti !

    • Passeport Japon

      Aha je veux bien te croire Cécile !^^ La Chine a été l’un de mes gros coups de coeur en Asie. Pour être plus précise : j’ai eu ma période cambodgienne, vietnamienne, thaïlandaise, népalaise, tibétaine et chinoise, avant de me fixer définitivement sur le Japon. J’ai énormément lu sur la Chine à une époque, et sans prétendre tout savoir de cette culture, j’ai fini par décrocher sur des « désaccords » d’ordre esthétiques, moraux et philosophiques.
      Ce que j’ai exploré de la culture chinoise m’a un peu « refroidie », tout bêtement.

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