Hyogo

Le temple Daijoji

Le temple Daijoji est un splendide complexe religieux situé au nord de Hyogo, à Kasumi. Il a été fondé en 745 par la secte bouddhique Shingon Koyasan. On l’appelle parfois l’Ôkyo-ji : le temple abrite en effet les peintures d’un célèbre artiste de l’ère Edo, Ôkyo Maruyama.

L’ensemble du site occupe une superficie d’un peu plus d’un hectare. Dès mon arrivée, j’ai été émerveillée par l’élégante sobriété de ses bâtiments. Ces derniers baignaient ce jour-là dans une lumière douce et apaisante.

Les paravents fusuma-e, trésors du temple Daijoji

Le jushoku du Daijoji (supérieur du temple) est un homme un peu froid, mais passionné par l’histoire des lieux. Il connaît notamment sur le bout des doigts la vie et l’oeuvre d’Ôkyo Maruyama.

Ôkyo Maruyama (1733-1795), un artiste accompli

Actif dans la deuxième moitié du 18e siècle, Ôkyo Maruyama est un artiste polyvalent. Il est notamment réputé pour le réalisme de ses représentations de la nature. Son sens de l’observation, en particulier lorsqu’il s’agit de dessiner les oiseaux ou les poissons, est légendaire. Il s’illustre en particulier par la qualité de ses grands formats. On lui attribue, par exemple, de nombreux paravents destinés à des temples ou à des maisons bourgeoises. Il réalise également les décorations intérieures de plusieurs monastères, parmi lesquels le temple Daijoji.

Les fusuma-e du temple Daijoji

On appelle fusuma-e la peinture sur portes coulissantes. L’oeuvre maîtresse du temple appartient à cette catégorie. Il s’agit de la représentation d’un pin grandeur nature et de plusieurs paons, réalisée à base d’encre de Chine et de feuilles d’or.

Cette peinture daterait d’avril 1795 (soit quatre mois à peine avant la mort de l’artiste) et je la trouve très impressionnante! Quelle que soit la configuration des portes (ouvertes ou fermées), le dessin reste cohérent. De plus, la peinture épouse totalement l’architecture de la pièce, si bien qu’on a l’impression de regarder un arbre en trois dimensions.

Le temple Daijoji abrite une collection de 165 peintures d’Ôkyo ou des ses élèves. Quelques-unes font notamment partie de la liste officielle des Biens Culturels Importants.

Arbre sacré et feuillages d’automne

Après avoir obtenu la calligraphie goshuin du temple, la visite continue du côté de la cour intérieure. Un arbre très ancien (près de 1200 ans), aux racines recouvertes de mousse, occupe une bonne partie de l’espace. Il serait la demeure d’une divinité protectrice.

Si vous visitez les lieux, ne manquez pas de faire un détour par le cimetière aussi. Il se situe un peu en retrait, du côté du shôrô (le clocher). Les feuillages d’automne y sont magnifiques.

En conclusion, le temple Daijoji est une belle étape à découvrir si vous passez par le nord de Hyogo et cherchez un peu de répit dans un cadre apaisant. En-dehors des fusuma-e (qui valent à eux seuls le détour), l’architecture des lieux et sa végétation harmonieuse offrent en effet un décor des plus inspirants.

Horaires : Ouvert tous les jours, de 9h à 16h

Tarifs : ¥800 par adulte,  ¥500 par enfant

Plus d’informations sur www.daijyoji.or.jp

Mise à jour : juin 2020

Cet article est le fruit d’un partenariat avec l’Office de Tourisme de Hyogo.

10 commentaires

  • Yoyo

    Aller zou! Un truc de plus sur la liste!
    C'est vraiment magnifique! Je ne connaissais pas les fusuma-e et j'avoue que ça doit valoir de détour!
    T'es photos sont vraiment magnifique en tout! Je te félicite!
    Elles sont trop kawaii les chaussettes! On dirait un peu mes chausson :p lol
    Merci beaucoup pour ce petit article très enrichissant! J'apprends pleins de choses grâce à toi! 😀

  • Olivier

    Alors là je suis complètement bluffé par tes photos ! On a pourtant visité le même site mais je n'ai rien de spectaculaire, je crois que le froid a eu raison de ma motivation de photographe. J'ai l'impression de re-découvrir ce temple, notamment avec tous ces gros plans sur des petits détails que je n'ai pas pris la peine d'observer… il n'y avait pas que les fusuma à la feuille d'or qui valaient le coup ! Comme d'habitude, un article bien documenté, merci Ceci !

  • Mag

    Je radote, je radote, mais j'aime beaucoup tes photos ^^ Ma préférée est celle qui s'appelle "L'entrée du temple Daijo-ji", j'ai envie de la contempler longtemps.

    Et je pense que tu viens de trahir ton identité secrète de ninja (ou de cat's eyes), sinon comment expliquer comment tu as pris la photo "Une architecture soignée dans le moindre détail" ? 😉

    Et les petites chaussettes c'est trop cool !

  • Cécile

    Très bel article bien documenté avec de jolies photos ; comme à ton habitude !
    Les fusuma-e sont superbes et le fait que l’œuvre soit "lisibles" en ouvrant les portes, c'est l'illustration du raffinement japonais.
    Très gentille attention le prêt des chaussettes en laine, elles te vont très bien.
    Merci pour la visite !!!

  • セシリア Céci

    Alors pour la petite histoire, ce détail d'architecture n'est pas situé sur le toit d'un temple, mais au sommet d'un petit muret (pas plus d'1m60), ce qui explique que j'ai pu prendre la photo de trèèèès près.
    La cour intérieure du temple est vraiment très jolie, la mousse recouvre les pierres et les racines, c'est effectivement un décor qui semble créé pour la contemplation… et un vrai bonheur à photographier 🙂

  • セシリア Céci

    J'ai été bluffée par les fusuma-e, c'est très ingénieux je confirme !^^
    Pour les chaussettes, j'ai trouvé ça très incongru mais super utile, car il faisait vraiment très froid dans le bâtiment. Encore un geste qui prouve l'incroyable sens du service des japonais…

  • セシリア Céci

    De rien Olivier, je t'avoue que ce temple m'a beaucoup inspiré, mon oeil était attiré un peu partout et j'ai eu un mal fou à choisir mes photos pour l'article car j'en avais trop d'exploitables !!! C'est rare, d'habitude c'est plutôt l'inverse lol
    Je suis certaine que tes photos sont chouettes aussi voyons… 😉

  • セシリア Céci

    Tu as trouvé le mot juste Hachi, "harmonieux". Le Daijo-ji dégage une atmosphère très apaisante, en particulier la cour et les environs du cimetière. Je suis contente d'avoir réussi à retranscrire ce sentiment dans mon article 🙂

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