Osaka

Dotonbori, paradis de la street food

Rien de tel qu’une balade nocturne à Dotonbori pour apprécier pleinement le grain de folie monumental d’Osaka. Et aussi sa street food réputée. Car Osaka se revendique comme la capitale de la street food japonaise, rien de moins! Et le titre n’est pas usurpé: takoyaki, okonomiyaki, kitsune udon, kushikatsu… font partie des mets incontournables de la ville.

Depuis la gare de Namba, on accède à Dotonbori en suivant un réseau de galeries commerçantes menant au carrefour du Glico ManCet athlète géant, courant les bras levés sur une piste bleue, a été installé en 1935. Il est le symbole du confiseur Ezaki Glico, qui commercialise notamment les délicieux Pocky.

Dotonbori et la street food

Le Glico Man pourrait être une fantaisie isolée, mais il n’en est rien. Car à Dotonbori, absolument TOUT est délirant!

Enseignes lumineuses géantes et colorées, chorégraphies de J-Pop endiablées dans les salles d’arcade, mascottes un peu flippantes… Comme le célèbre clown à rayures Kuidaore Taro par exemple, qui me fait surtout penser au héros de “Où est Charlie ?” ou à un Harry Potter sous acide!

Cui-daoré, visage de la street food à Dotonbori

Il paraît que cette marionnette était à l’origine la mascotte d’un restaurant fondé en 1949. L’endroit s’appelait Kuidaore, une référence à une expression japonaise, “食い倒れ”, qui signifie… “manger jusqu’à la ruine” ! J’avoue que je trouve ce nom plutôt bien adapté à un quartier comme Dotonbori.

Cui-daoré à Dotonbori, préfecture d'Osaka

Pour l’anecdote, le visage étrangement réaliste de Kuidaore Taro serait inspiré de celui de Rokuro Yamada, fondateur du restaurant. Malgré la fermeture de l’établissement en 2008, après 59 ans de bons et loyaux services, le personnage est demeuré l’un des symboles d’Osaka. Son image se décline désormais en multiples souvenirs un peu loufoques, que vous trouverez notamment dans la boutique du Nakaza Kuidaore Building.

takoyaki illustration
Les takoyaki (boulettes fourrées au poulpe)

L’autre chaîne de restaurants “star” de Dotonbori, toujours en activité cette fois, s’appelle Kushikatsu Daruma. Elle offre une expérience conviviale et gourmande, autour d’une spécialité incontournable de la ville : les kushikatsu.

Un dîner chez Kushikatsu Daruma

Les kushikatsu sont des brochettes panées et frites que l’on trempe dans une sauce tonkatsu, le tout généralement accompagné de quelques feuilles de chou. C’est simple, pas cher (entre ¥120 et ¥240 la brochette, selon son type) et plutôt bon. On peut bien-sûr trouver des kushikatsu à base de viande ou de légumes, mais aussi au poisson ou aux fruits de mer… Le bol de sauce tonkatsu étant partagé entre les clients, il est interdit de tremper sa brochette une deuxième fois après l’avoir goûtée !

Kushikatsu Daruma à Dotonbori, préfecture d'Osaka

Il paraît d’ailleurs que les premières brochettes jamais servies ont été cuisinées chez Daruma en 1929, dans le quartier de Shinsekai… à Osaka bien-sûr. Impossible de vous tromper d’endroit : si vous croisez la marionnette d’un cuisinier moustachu brandissant deux kushikatsu avec un air énervé, c’est que vous y êtes sans le moindre doute ! 

Enseigne Kushikatsu Daruma à Dotonbori, préfecture d'Osaka

Cette mascotte représente M. Ueyama, le président de la compagnie. Aujourd’hui, l’enseigne est implantée un peu partout dans la ville, il y a d’ailleurs souvent plusieurs restaurants par quartier. J’ai mangé dans le restaurant d’Hozen-ji, et il m’a fallu faire la queue une bonne dizaine de minutes avant de pouvoir m’installer.

Le temple Hozen-ji, coeur spirituel de Dotonbori

À deux pas du restaurant, Hozen-ji Yokocho est une ruelle très célèbre. Je n’avais pas réalisé à quel endroit je me trouvais avant de tomber dessus, et de voir les deux lanternes rouges de part et d’autre de l’entrée ouest.

Hozen-ji Yokocho

Il paraît que la calligraphie qui orne cette porte a été peinte par un acteur local très populaire, appelé Kanbi Fujiyama. Il y en a une similaire au-dessus de l’entrée est, peinte par un autre acteur, Harudanji Katsura III. Je n’ai aucune idée de ce que ces deux-là ont bien pu tourner durant leur carrière, mais le clin d’oeil est vraiment sympa. Il souligne une nouvelle fois la personnalité bien affirmée d’Osaka.

Hozenji yokocho, préfecture d'Osaka

L’atmosphère nocturne d’Hozen-ji Yokocho, à la lueur des lanternes, est vraiment unique. Elle donne presque le sentiment d’avoir remonté le temps… Mais si l’endroit est si célèbre, c’est surtout parce qu’il a servi de décor à un roman publié en 1940, “Meoto Zenzai” de Sakunosuke Oda. Ce livre a d’ailleurs été adapté en film dans les années 50.

Le temple Hozen-ji

Hozen-ji Yokocho signifie littéralement “rue à côté de Hozen-ji”, car cette petite allée borde un temple fondé en 1637, le… Hozen-ji, tout simplement. L’endroit est très petit aujourd’hui, mais ne l’était pas à l’origine. Il a été complètement rasé par un bombardement durant la Seconde Guerre Mondiale, et seule une statue a survécu.

Sanctuaire Hozenji, préfecture d'Osaka

J’avoue ne pas y avoir fait attention lors de ma visite. Mais ce n’est pas étonnant : elle est aujourd’hui complètement recouverte de mousse, j’ai donc dû la prendre pour une plante verte dans l’obscurité (ahaha). Cette statue représente l’esprit Fudo, une divinité bouddhiste au visage colérique. On raconte qu’il y a plusieurs décennies, une femme fit un voeu en jetant de l’eau sur cette statue… et ce voeu fut exaucé ! Tout le monde se mit donc à l’imiter, et à force d’arrosage, la mousse finit par s’installer durablement. Depuis, on surnomme cette statue Mizukake-Fudo, “l’esprit Fudo éclaboussé”.

J’espère que cette petite promenade nocturne à Osaka vous aura enchanté autant que moi. J’ai dit à plusieurs reprises que je n’appréciais pas cette ville à sa juste valeur, mais certains lieux ont quand-même su me parler, et c’est le cas de Dotonbori. À ce propos, j’ai souvent entendu dire d’Osaka que c’était un endroit fait pour être “vécu”, et non juste “visité”. J’en suis de plus en plus convaincue. Voilà pourquoi je pense que je redonnerai sa chance à cette ville et même à la préfecture dans son ensemble, mais cette fois en milieu de séjour, pour en profiter sans pression.

Mise à jour : septembre 2020

13 commentaires

  • Emma

    Super photos! Je suis allée au Japon au mois d'octobre mais je n'ai passé qu'une soirée à Osaka. On a préféré s'attarder sur Kyoto. Mais on a tellement adoré qu'on aurait aimé avoir plus de temps pour y rester plus longtemps. J'espère que ce sera possible dans un prochain voyage. 😉

  • Cécile

    Merci pour ce sympathique article et tes superbes photos.
    Ce quartier est unique c'est agréable que le redécouvrir à travers ton expérience. Pendant notre visite en décembre dernier, notre fille ne savait plus où donner de la tête et s'est bien amusée a repérer les enseignes les plus farfelues (et nous aussi)!!!

  • Yoyo

    Ah! Il faut absolument que j'aille voir ça! L'ambiance doit être vraiment génial!
    Cette mascotte est juste extraordinaire! Il faut absolument que je la vois de mes propres yeux XD
    Merci pour la petite balade! 😉

  • Hachi

    Hello Ceci!!! J'arrive avec coupable retard et je te fais "Bonne 2018" maintenent. Je m'excuse mais je passe à l'italien parce que c'est diffcile pour moi exprimer tout ce que je te veux dire en français…
    Questo tuo post è davvero bello! Anch'io la penso come te su Osaka e su questo quartiere in particolare: è così colorato e rumoroso e i profumi….. mamma che fame a ripensarci!!!
    Buon 2018. Ho letto anche il post precedente, sul bilancio dell'anno: ti mando un abbraccio fortissimo. Ganbatte per tutto e continua a tenerci compagnia. Bacioni.

  • セシリア Céci

    Merci pour ce commentaire Emma, je te souhaite d'y retourner alors, c'est une ville qui demande un peu de temps pour être explorée en profondeur. Cela dit, pour Kyoto je te comprends^^ Difficile de tout caser dans un seul voyage…

  • セシリア Céci

    Ah mais mon avis sur cette ville est en constante évolution^^ Sur le moment, j'étais hyper fatiguée donc peu réceptive, mais quand je redécouvre mes photos après-coup, c'est un pur bonheur et je me dis que je dois persévérer.

  • セシリア Céci

    Oui, Osaka est clairement un incontournable, et tout particulièrement ce quartier que je trouve fantastique. J'ai envie d'en parler depuis des mois (puisque j'y suis passée en avril 2016), mais le rythme un peu lent de mon récit de voyage m'en a empêché… du coup je suis contente d'avoir enfin l'occasion d'évoquer Osaka sur ce blog, malgré mes petites mésaventures dans cette ville.

  • Mina

    Cette ville est sublime, comme toutes celles du Japon en fait. Franchement, je pense qu’on ne peut pas aller qu’une seule fois dans ce pays. Il y a tellement de choses à découvrir et à faire !

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