Gotochi card challenge

Gotochi card challenge d’Hiroshima

Le Gotochi Card Challenge est de retour, avec en vedette une préfecture qui figure sans doute parmi mes préférées au Japon : Hiroshima. Découvrons ensemble les trésors de cette grande et belle préfecture.

Située au sud de l’île de Honshu, dans la région du Chûgoku, la préfecture d’Hiroshima est bordée par celles d’Okayama et Tottori à l’est, Shimane au nord et Yamaguchi à l’ouest. Au sud, elle borde la Mer Intérieure de Seto (Seto Naikai). Sa capitale est bien évidemment… Hiroshima.

La collection

Cliquez sur la carte pour accéder directement au descriptif.

2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017-2018
2020

Huître d'Ono-seto

牡蠣
2009

Cela fait plus de 450 ans que l’ostréiculture est pratiquée en préfecture d’Hiroshima. Réputées pour leur saveur, leur consistance ferme et juteuse et leur taille, les huîtres d’Ono-Seto sont les plus prisées. On les consomme principalement en hiver, de mille façons : crues, mijotées, grillées, frites, vinaigrées…

Au large de l’île de Miyajima, où les élevages sont apparus plus tardivement (il y a environ 350 ans), l’environnement se veut particulièrement propice au développement de cette activité. C’est aussi sur Miyajima qu’est né le tout premier matsuri (festival) dédié à l’huître. Il a lieu tous les ans au début du mois de février.

Spatule à riz et mascotte Carp Boy

しゃもじ withカープ坊や
2010​

La spatule à riz est une spécialité artisanale de l’île de Miyajima, créée pendant l’ère Edo par le moine Seishin. Appelées shakushi (杓子), ces cuillères plates sont généralement fabriquées en bois et non en métal, me manière à ne pas abîmer le riz. De nos jours, leur production s’est bien-sûr industrialisée, mais le savoir-faire traditionnel n’a pas été abandonné pour autant.

La plus grande spatule en bois du monde se trouve dans la rue commerçante de Miyajima : elle mesure 7,7 mètres de long, et constitue une attraction incontournable pour les visiteurs ! Dans les boutiques environnantes, on trouve des spatules de toutes tailles. Les plus grandes, baptisées o-shakushi, n’ont bien-sûr pas vocation à être utilisées en cuisine : elle servent surtout de porte-bonheur, et sont généralement ornées d’illustrations réalisées à la main ou de calligraphies.

Je n’ai malheureusement pas pu trouver la combinaison proposée sur la gotochi card lors de mon voyage. Les shakushi représentant Carp Boy, la mascotte des Carps (l’équipe de baseball d’Hiroshima) sont en vente dans les boutiques officielles de l’équipe. J’ai néanmoins croisé Carp Boy un peu partout en ville, sur des affiches, des boîtes de biscuits, des t-shirts, et une foule d’autres souvenirs ! Il est mignon, non ?

Okonomiyaki

お好み焼き
2011

Variante japonaise du débat « pain au chocolat VS chocolatine », le duel « okonomiyaki d’Osaka VS okonomiyaki d’Hiroshima » est une excellente façon de vous faire des amis (ou pas !^^) sur les réseaux sociaux. En ce qui me concerne, je tranche en faveur de celui d’Hiroshima (un avis 100% subjectif, pas taper !). Je l’ai trouvé tout simplement moins compact et plus varié (en terme de saveurs) que son cousin d’Osaka, même si les deux m’ont plu en définitive, en particulier leur surprenant goût sucré-salé.

L’okonomiyaki est un plat populaire, né dans le Japon d’après-guerre. Il se traduit littéralement par : « ce que vous aimez (okonomi, お好み) grillé » (yaki, 焼き). C’est donc un plat « fourre-tout », économique et familial, idéal pour accommoder les restes par exemple. L’okonomiyaki d’Hiroshima se caractérise pas une superposition d’ingrédients variés, que vous pouvez adapter selon vos goûts : nouilles, crêpe agrémentée de bouillon dashi et de chou, viande ou fruits de mer (généralement du porc ou du calamar), omelette, petits morceaux de ciboule, sauce sucrée et mayonnaise… le tout cuit sur une plaque, et manipulé à l’aide de grandes spatules en métal.

Inutile de préciser que l’okonomiyaki est un plat hyper calorique, qui vous rassasiera pour la journée !

Citron de Setoda

レモン
2012​

Le climat chaud et sec de la mer intérieure de Seto a de tout temps permis la culture des agrumes : mandarines et oranges à Ehime, yuzu à Kochi (Shikoku) et citrons à Hiroshima, où la production de ce fruit est la plus importante du Japon.

Le citron de Setoda pousse sur l’île d’Ikuchi, au large d’Onomichi et Mihara. Il se décline en confitures, gelées, pâtisseries… que l’on peut trouver dans les boutiques d’omiyage (souvenirs) des environs. La photo ci-dessus, par exemple, à été prise dans la rue commerçante d’Onomichi. Notez que le citron de Setoda se cultive avec un minimum de pesticides, ce qui en fait un produit particulièrement qualitatif et très apprécié.

Pinceaux de maquillage de Kumano

熊野筆
2013

Il paraît qu’au Japon, près de 80% des pinceaux utilisés pour la peinture, la calligraphie ou le maquillage sont fabriqués à Kumano. La petite ville, située à environ 20 km d’Hiroshima, a su conserver intact le savoir-faire ancien : chaque pinceau est fabriqué à la main, à partir de poils d’animaux soigneusement sélectionnés. L’origine des poils (écureuil, cheval, chèvre, blaireau…) dépendra de l’usage prévu pour le pinceau. Un savoir-faire aujourd’hui reconnu dans le monde entier !

Les pinceaux de maquillage sont particulièrement appréciés. Les plus grandes marques japonaises, comme Shiseido pour ne citer que la plus connue, les recommandent pour leur exceptionnelle qualité. À Miyajima, on en trouve dans quelques boutiques d’omiyage. À Kumano même, le musée Fudenosato Kobo permet au visiteur d’expérimenter les techniques de fabrication en compagnie d’artisans.

Momiji manjû

もみじ饅頭
2014

Qui ne connaît pas les momiji manjû ? Ces petites pâtisseries fourrées, en forme de feuille d’érable, sont LA spécialité incontournable de Miyajima. On les commercialise un peu partout au Japon pendant le koyo (la coloration des érables), mais il s’agit bien souvent de manjû industriels… qui sont loin d’être aussi savoureux que les momiji manjû tous chauds fabriqués artisanalement à Miyajima !

Le momiji manjû est né aux alentours de 1900, à la fin de l’ère Meiji. Le terme de manjû est assez inapproprié à cette recette : traditionnellement, un manjû est un petit gâteau rond et blanc, que l’on cuit à la vapeur. On le croise souvent dans les stations thermales, sous forme d’onsen manjû cuits à la vapeur des sources chaudes. Le momiji manjû, quant à lui, est cuit dans un moule. Il s’obtient en fourrant de la pâte à castella avec de l’anko (pâte de haricot rouge sucré).

En vous baladant dans les rues commerçantes de Miyajima, vous croiserez des nombreuses boutiques, plus ou moins artisanales, proposant cette spécialité : ne partez pas sans y avoir goûté!

Il est également possible de participer à un atelier de fabrication.

Marina de Tomonoura

鞆の浦
2015

Tomonoura est un petit village de pêcheurs situé sur les rives de la mer intérieure de Seto. On y pratique principalement la pêche au poulpe et à la dorade. L’endroit n’est pas bien grand mais très pittoresque, au point d’avoir servi de décor à plusieurs films : il a inspiré Hayao Miyazaki pour la réalisation du film Ponyo sur la Falaise, et été l’un des lieux de tournage du film Wolverine, le combat de l’Immortel en 2013.

Le panorama le plus connu des environs est celui de la marina (qui figure sur la gotochi card), avec sa belle lanterne de pierre datant de l’ère Edo. Un lieu plein de charme que je n’ai malheureusement pas pu visiter lors de mon séjour… mais ce n’est que partie remise.​

Anagomeshi

あなごめし
2016

L’anagomeshi est une spécialité de l’île de Miyajima, à base de riz cuit dans un bouillon d’anguille et de sauce soja, de morceaux d’anguille grillée disposés en « tuiles » et d’une sauce sucré-salé. À l’origine, l’anagomeshi était un plat de pêcheurs appelé anago donburi. La recette a évolué sous forme de bento de gare (ekiben), et s’est rapidement répandue vers d’autres régions du Japon, en suivant la ligne de chemin de fer Sanyo. C’est aujourd’hui un plat populaire, que l’on retrouve aussi dans les izakaya.

Pour l’anecdote, j’ai pris cette photo lors d’un dîner en compagnie d’Aala (un Gaijin au Japon). Nous avons arpenté plusieurs étages du centre commercial de la gare d’Hiroshima pour trouver un anagomeshi digne de ce nom, et celui-ci était vraiment très bon, même s’il ne ressemble pas exactement à celui de la gotochi card.

Onomichi

尾道
2017-2018

La petite ville de pêcheurs d’Onomichi est sans doute l’un de mes plus gros coups de coeur à Hiroshima. Située sur les bords de la mer intérieure de Seto, elle est principalement connue pour son temple Senko-ji, ses délicieux ramen… ​

Sa vue mythique sur la pagode du Tennen-ji et le pont de Shin-Onomichi a été immortalisée en 1953 par le cinéaste Ozu Yasujirô, dans son film Voyage à Tokyo (Tokyo Monogatari, 東京物語).

LIRE AUSSI : Onomichi

Kendama

けん玉
2020

Située en bordure de la mer intérieure de Seto, la ville d’Hatsukaichi ne vous dira sans doute pas grand chose. Et pourtant, c’est bien sur son territoire que se situe l’île de Miyajima! Depuis le Moyen Âge, Hatsukaichi s’est spécialisée dans l’industrie du bois, en lien avec la construction et l’entretien du sanctuaire Itsukushima.​

Ce n’est donc pas étonnant si ce savoir-faire s’est étendu à d’autres domaines que ceux de la construction, notamment celui des jouets en bois. Hamoji Egusa, inventeur du kendama (sorte de bilboquet japonais), aurait lui-même sollicité le lancement d’une chaîne de production à Hatsukaichi. Depuis lors, de nombreux kendama ont été fabriqués sur place. À son apogée, la ville aurait produit jusqu’à 40% des kendama commercialisés au Japon.

Le gotochi card challenge, c’est quoi ?


Le gotochi card challenge est une sorte de rallye photo basé sur une série de cartes postales commercialisées dans les bureaux de poste japonais. Ces cartes illustrées valorisent l’identité des différentes préfectures du Japon: spécialités culinaires ou artisanales, personnages ou sites historiques, paysages emblématiques, fêtes traditionnelles…
L’objectif du gotochi card challenge est de photographier chaque carte avec le sujet représenté. Une façon ludique de parcourir le Japon, et de découvrir des pépites qui ne figurent pas toujours dans les guides touristiques.

Remerciements

Merci à Miwako Trinidine et à Sébastien, qui m’ont aidé à collecter les cartes de cette préfecture.

6 Comments

  • Cécile

    Définitivement fan de tes articles "Gotochi card challenge" ; toujours bien illustrés et documentés.
    Momiji Manju = ou comment me faire saliver direct à l'heure du thé au boulot 😉 Trop envie de croquer dans cette délicieuse gourmandise au goût délicieux et remplie de souvenirs de Miyajima !!!
    Trop hâte de lire ton article sur ton expérience dans l'atelier de fabrication.

  • Yoyo

    Yeah!!! J'aime tellement ces articles!!! Même si ça me rappelle à quel point j'ai vraiment envie d'avoir des gotochi cards moi aussi…
    J'ai déjà vu un reportage sur les pinceaux de Kumano! Si je ne me trompe ( et dieu sait à quel point je mélange tout…) ces pinceaux sont retravaillés un nombre incalculable de fois pour ne garder que les meilleurs poils. je me souviens mettre dit, qu'il fallait avoir vraiment beaucoup de patience ^^" Surtout qu'ils sont fait main!
    J'aime beaucoup la carte de Carpe Boy mais je crois que je préfère toute même celle des momiji manju! >_<
    Merci beaucoup pour cet article Céci!

  • セシリア Céci

    Merci pour ce retour Cécile, il faut que j'écrive plus souvent ce genre d'articles alors^^
    L'atelier momiji manjû était une chouette expérience, j'en parlerai prochainement mais j'ai quelques articles dédiés à Kyushu en attente aussi, il faut que je reprenne le bon rythme !

  • セシリア Céci

    Merci Yoyo pour tes encouragements 🙂 Tu as vu un reportage sur les pinceaux alors ? J'avoue que je les ai complètement découverts en réalisant cet article. Connaissant le perfectionnisme à la japonaise, je ne suis pas du tout étonnée par ton commentaire.

  • Mag

    Trop bien ! 😀 Il est génial cet article ^^ Quelle bonne idée tu as eu de partir avec les gotochi cards comme fil rouge *_*
    C'est toujours aussi agréable de te lire ^_^
    Et j'ai hâte de découvrir ton atelier de fabrication des momiji manjû (mais il faudra que j'ai bien mangé avant, sinon je sens que je vais beaucoup trop saliver ^^)
    Merci de nous faire voyager le temps d'un article 😀

  • セシリア Céci

    Aha mais je t'en prie 🙂 Oui je suis contente d'avoir choisi cet angle de visite, qui m'a permis de m'éloigner un peu des sentiers battus. Je pense finir mon cycle sur la préfecture d'Hiroshima dans un premier temps, donc l'article sur les momiji manjû ne devrait pas tarder… patience 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.