Gotochi card challenge d’Hiroshima
Le Gotochi Card Challenge est de retour, avec en vedette une préfecture qui figure sans doute parmi mes préférées au Japon, Hiroshima. Découvrons ensemble les trésors de cette grande et belle préfecture.
Située au sud de l’île de Honshu, dans la région du Chugoku, la préfecture d’Hiroshima est bordée par celles d’Okayama et Tottori à l’est, Shimane au nord et Yamaguchi à l’ouest. Au sud, elle borde la mer intérieure de Seto. Sa capitale est bien évidemment Hiroshima. Chaque gotochi card d’Hiroshima évoque bien-sûr des spécialités locales, dont beaucoup de mets originaires de Miyajima.
La collection

Huître d’Ono-seto
牡蠣
2009
Cela fait plus de 450 ans que l’ostréiculture est pratiquée en préfecture d’Hiroshima. Réputées pour leur saveur, leur consistance ferme et juteuse et leur taille, les huîtres d’Ono-Seto sont les plus prisées. On les consomme principalement en hiver, de mille façons : crues, mijotées, grillées, frites, vinaigrées…

Au large de l’île de Miyajima, les élevages sont apparus plus tardivement (il y a environ 350 ans). L’environnement se veut en effet particulièrement propice au développement de cette activité. C’est aussi sur Miyajima qu’est né le tout premier matsuri (festival) dédié à l’huître. Il a lieu tous les ans au début du mois de février.

Spatule à riz et mascotte Carp Boy
しゃもじ withカープ坊や
2010
La spatule à riz est une spécialité artisanale de l’île de Miyajima, créée pendant l’époque Edo par le moine Seishin. Appelées shakushi (杓子), ces cuillères plates sont généralement fabriquées en bois et non en métal, de manière à ne pas abîmer le riz. De nos jours, leur production s’est bien-sûr industrialisée, mais le savoir-faire traditionnel n’a pas été abandonné pour autant.

La plus grande spatule en bois du monde se trouve par ailleurs dans la rue commerçante de Miyajima. Elle mesure 7,7 mètres de long, et constitue donc une attraction incontournable pour les visiteurs ! Dans les boutiques environnantes, on trouve des spatules de toutes tailles. Les plus grandes, baptisées o-shakushi, n’ont bien-sûr pas vocation à être utilisées en cuisine. Elle servent surtout de porte-bonheur, et sont généralement ornées d’illustrations réalisées à la main, ou de calligraphies par exemple.

Okonomiyaki
お好み焼き
2011
Variante japonaise du débat « pain au chocolat VS chocolatine », le duel « okonomiyaki d’Osaka VS okonomiyaki d’Hiroshima » est une excellente façon de vous faire des amis (ou pas) sur les réseaux sociaux. En ce qui me concerne, je tranche en faveur de celui d’Hiroshima (un avis 100% subjectif). Je l’ai trouvé tout simplement moins compact et plus varié (en terme de saveurs) que son cousin d’Osaka, même si les deux m’ont plu en définitive, en particulier leur surprenant goût sucré-salé.

L’okonomiyaki est un plat populaire, né dans le Japon d’après-guerre. Il se traduit littéralement par : « ce que vous aimez (okonomi, お好み) grillé » (yaki, 焼き). C’est donc un plat « fourre-tout », économique et familial, idéal pour accommoder les restes par exemple. L’okonomiyaki d’Hiroshima se caractérise donc par une superposition d’ingrédients variés, que vous pouvez adapter selon vos goûts. Nouilles, crêpe agrémentée de bouillon dashi et de chou, viande ou fruits de mer (généralement du porc ou du calamar), omelette, petits morceaux de ciboule, sauce sucrée et mayonnaise… Le tout est cuit sur une plaque, et manipulé à l’aide de grandes spatules en métal. Inutile de préciser que l’okonomiyaki est un plat hyper calorique. Il vous rassasiera donc pour la journée, sans le moindre doute.

Citron de Setoda
レモン
2012
Le climat chaud et sec de la mer intérieure de Seto a de tout temps permis la culture des agrumes. On trouve par exemple des mandarines et oranges à Ehime, du yuzu à Kochi, ou encore des citrons à Hiroshima. La production de ce fruit y est la plus importante du Japon.

Le citron de Setoda pousse sur l’île d’Ikuchi, au large d’Onomichi et Mihara. Il se décline notamment en confitures, gelées, pâtisseries… On peut trouver ces spécialités dans les boutiques d’omiyage (souvenirs) des environs. La photo ci-dessus, par exemple, à été prise dans la rue commerçante d’Onomichi. Notez que le citron de Setoda se cultive avec un minimum de pesticides, ce qui en fait donc un produit très qualitatif et apprécié.

Pinceaux de maquillage de Kumano
熊野筆
2013
Il paraît qu’au Japon, près de 80% des pinceaux utilisés pour la peinture, la calligraphie ou le maquillage sont fabriqués à Kumano. La petite ville, située à environ 20 km d’Hiroshima, a su conserver intact le savoir-faire ancien. Chaque pinceau est donc fabriqué à la main, à partir de poils d’animaux soigneusement sélectionnés. L’origine des poils (écureuil, cheval, chèvre, blaireau…) dépend de l’usage prévu pour le pinceau. Un savoir-faire aujourd’hui reconnu dans le monde entier !

Les pinceaux de maquillage sont particulièrement appréciés. Les plus grandes marques japonaises, comme Shiseido par exemple, les recommandent pour leur exceptionnelle qualité. À Miyajima, on en trouve dans quelques boutiques d’omiyage. À Kumano même, le musée Fudenosato Kobo permet quant à lui aux visiteurs d’expérimenter les techniques de fabrication en compagnie d’artisans.

Momiji manju
もみじ饅頭
2014
Qui ne connaît pas les momiji manju ? Ces petites pâtisseries fourrées, en forme de feuille d’érable, sont LA spécialité incontournable de Miyajima. Mais on les commercialise aussi ailleurs au Japon, notamment pendant le koyo (la coloration des érables). Il s’agit bien évidemment de manju industriels, qui sont loin d’être aussi savoureux que les momiji manju tous chauds fabriqués artisanalement à Miyajima !

Le momiji manju est né aux alentours de 1900, à la fin de l’ère Meiji. Il est cuit dans un moule et s’obtient en fourrant de la pâte à castella avec de l’anko (autrement dit, de la pâte de haricot rouge sucré). En vous baladant dans les rues commerçantes de Miyajima, vous croiserez des nombreuses boutiques, plus ou moins artisanales, proposant cette spécialité. Ne partez pas sans y avoir goûté! Il est également possible de participer sur place à un atelier de fabrication.

Port de Tomonoura
鞆の浦
2015
Tomonoura est un petit village de pêcheurs situé sur les rives de la mer intérieure de Seto. On y pratique principalement la pêche au poulpe et à la dorade. L’endroit n’est pas bien grand mais très pittoresque, au point d’avoir servi de décor à plusieurs films. Il a notamment inspiré Hayao Miyazaki pour la réalisation du film Ponyo sur la Falaise. Il fut aussi l’un des lieux de tournage du film Wolverine, le combat de l’Immortel, sorti en 2013.
Le panorama le plus connu des environs est celui de la marina, qui figure sur la gotochi card. On la reconnaît à sa belle lanterne de pierre datant de l’époque Edo. Je n’ai malheureusement pas pu visiter ce lieu plein de charme lors de mon séjour. Mais ce n’est que partie remise.

Anagomeshi
あなごめし
2016
L’anagomeshi est une spécialité de l’île de Miyajima, à base de riz cuit dans un bouillon d’anguille et de sauce soja, de morceaux d’anguille grillée disposés en « tuiles » et d’une sauce sucré-salé.

À l’origine, l’anagomeshi était un plat de pêcheurs, l’anago donburi. La recette évolua sous forme de bento de gare (ekiben). Elle s’est ensuite rapidement répandue vers d’autres régions du Japon, en suivant la ligne de chemin de fer San’yo. C’est aujourd’hui un plat populaire, que l’on retrouve aussi dans les izakaya par exemple.

Onomichi
尾道
2017-2018
La petite ville d’Onomichi est sans doute l’un de mes plus gros coups de cœur à Hiroshima. Elle se trouve sur les bords de la mer intérieure de Seto et est célèbre pour son temple Senko-ji et ses délicieux ramen.

Sa vue mythique sur la pagode du Tennen-ji et le pont de Shin-Onomichi apparaît par ailleurs en 1953 dans le célèbre film Voyage à Tokyo (Tokyo Monogatari) du cinéaste Ozu Yasujirô.

Kendama
けん玉
2019-2020
Située en bordure de la mer intérieure de Seto, la ville d’Hatsukaichi ne vous dira sans doute pas grand chose. Et pourtant, c’est bien sur son territoire que se situe l’île de Miyajima. Depuis le Moyen-Âge, Hatsukaichi s’est spécialisée dans l’industrie du bois, en lien avec la construction et l’entretien du sanctuaire Itsukushima.
Il n’est donc pas étonnant que ce savoir-faire s »étende à d’autres domaines que ceux de la construction, par exemple celui des jouets en bois. Hamoji Egusa, inventeur du kendama (sorte de bilboquet japonais), aurait lui-même sollicité le lancement d’une chaîne de production à Hatsukaichi. Depuis lors, de nombreux kendama ont été fabriqués sur place. À son apogée, la ville aurait produit jusqu’à 40% des kendama en vente au Japon.

Le gotochi card challenge, c’est quoi ?
Le gotochi card challenge est une sorte de rallye photo basé sur une série de cartes postales commercialisées dans les bureaux de poste japonais. Ces cartes illustrées valorisent l’identité des différentes préfectures du Japon. Spécialités culinaires ou artisanales, personnages ou sites historiques, paysages emblématiques, fêtes traditionnelles… L’objectif du gotochi card challenge est de photographier chaque carte avec le sujet représenté. Une façon ludique de parcourir le Japon, et de découvrir des pépites qui ne figurent pas toujours dans les guides touristiques.
Mise à jour : février 2025





6 commentaires
Cécile
Définitivement fan de tes articles "Gotochi card challenge" ; toujours bien illustrés et documentés.Momiji Manju = ou comment me faire saliver direct à l'heure du thé au boulot 😉 Trop envie de croquer dans cette délicieuse gourmandise au goût délicieux et remplie de souvenirs de Miyajima !!!Trop hâte de lire ton article sur ton expérience dans l'atelier de fabrication.
Passeport Japon
Merci pour ce retour Cécile, il faut que j’écrive plus souvent ce genre d’articles alors^^
L’atelier momiji manjû était une chouette expérience, j’en parlerai prochainement mais j’ai quelques articles dédiés à Kyushu en attente aussi, il faut que je reprenne le bon rythme !
Yoyo
Yeah!!! J'aime tellement ces articles!!! Même si ça me rappelle à quel point j'ai vraiment envie d'avoir des gotochi cards moi aussi…
J'ai déjà vu un reportage sur les pinceaux de Kumano! Si je ne me trompe ( et dieu sait à quel point je mélange tout…) ces pinceaux sont retravaillés un nombre incalculable de fois pour ne garder que les meilleurs poils. je me souviens mettre dit, qu'il fallait avoir vraiment beaucoup de patience ^^" Surtout qu'ils sont fait main!
J'aime beaucoup la carte de Carpe Boy mais je crois que je préfère toute même celle des momiji manju! >_<
Merci beaucoup pour cet article Céci!
Passeport Japon
Merci Yoyo pour tes encouragements 🙂 Tu as vu un reportage sur les pinceaux alors ? J’avoue que je les ai complètement découverts en réalisant cet article. Connaissant le perfectionnisme à la japonaise, je ne suis pas du tout étonnée par ton commentaire.
Mag
Trop bien ! 😀 Il est génial cet article ^^ Quelle bonne idée tu as eu de partir avec les gotochi cards comme fil rouge *_*C'est toujours aussi agréable de te lire ^_^Et j'ai hâte de découvrir ton atelier de fabrication des momiji manjû (mais il faudra que j'ai bien mangé avant, sinon je sens que je vais beaucoup trop saliver ^^)Merci de nous faire voyager le temps d'un article 😀
Passeport Japon
Aha mais je t’en prie 🙂 Oui je suis contente d’avoir choisi cet angle de visite, qui m’a permis de m’éloigner un peu des sentiers battus. Je pense finir mon cycle sur la préfecture d’Hiroshima dans un premier temps, donc l’article sur les momiji manjû ne devrait pas tarder… patience 😉