Le jardin Ritsurin à Takamatsu
Récompensé par 3 étoiles au guide Vert Michelin, le jardin Ritsurin est un lieu à visiter absolument si vous voyagez à Takamatsu. D’une superficie totale de 75 hectares (dont 16 hectares de jardins), le site s’étend au pied du mont Shiunzan recouvert de forêts. Je vous raconte mon expérience sur place.
Quand on évoque les jardins japonais, ce sont souvent les fameux Nihon sanmeien, les « trois plus beaux jardins du Japon », qui viennent immédiatement à l’esprit. Il faut dire que le Kenroku-en de Kanazawa, le Kôraku-en d’Okayama et le Kairaku-en de Mito sont trois splendides jardins historiques, dont la réputation est loin d’être usurpée. Plus discret, le jardin Ritsurin n’a rien à leur envier. En ce qui me concerne, je le considère même comme un sérieux prétendant au podium.
J’ai découvert ce lieu en avril 2024, à l’occasion de mon premier voyage à Shikoku, et son exploration m’a enchantée. L’endroit est en effet idéal pour occuper une matinée ensoleillée. Comptez 3h minimum pour en faire le tour en prenant votre temps. Il est même possible de déjeuner ou prendre le thé sur place.

Mon hôtel étant situé non loin de la gare de Kawaramachi, je me suis rendue sur place via la ligne Kotoden Kotohira qui relie Takamatsu à l’impressionnant sanctuaire Kotohira-gu. Notez qu’il est donc tout à fait possible de visiter le jardin Ritsurin sur le trajet vers Kotohira. Mais vous pouvez aussi le rejoindre directement depuis la gare de Takamatsu via la ligne JR Kotoku.
Ritsurin, le plus grand jardin historique du Japon
Peuplé de pavillons de thé, de vastes plans d’eau et d’îlots verdoyants, le jardin Ritsurin de Takamatsu possède une longue histoire, qui remonte à la seconde moitié du 16e siècle. Vers 1625, la construction du bassin sud lui donne sa forme actuelle, mais il n’est réellement achevé qu’en 1745. Lieu de résidence des seigneurs du clan Matsudaira pendant 228 ans, le site voit se succéder onze générations de daimyô jusqu’à la Restauration de Meiji, qui marque le début d’une ère nouvelle. Ouvert au public en 1875, il survit aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale et se voit désigner « Paysage exceptionnel » en 1953.
Magnifiquement agencé, le Ritsurin comporte six étangs et treize collines artificielles, disséminées entre deux grands espaces : le jardin Nord et le jardin Sud.
Le jardin Nord du Ritsurin
Le jardin Ritsurin possède deux accès : la porte Nord proche de la gare JR, et la porte Est desservie par la gare Kotoden. C’est par cette dernière que je suis entrée, et j’en suis heureuse car on y trouve un office de tourisme doté d’une splendide boutique, dont je vous parlerai un peu plus loin. Que vous arriviez par l’une ou l’autre de ces portes, la balade vous encouragera assez naturellement à commencer par explorer la partie nord du jardin… qui n’est pas la plus intéressante du parcours. De fait, ma première impression sur le Ritsurin a été assez mitigée.


Dans le jardin Nord, le gros de la visite se résume à faire le tour de deux vastes plans d’eau, parmi lesquels le Gun’ôchi, le plus grand bassin du parc. Réservée durant la période Edo à la chasse au canard, la zone abrite un somptueux jardin d’iris, que je n’ai malheureusement pas pu admirer en pleine floraison. Il faut venir sur place fin mai-début juin pour le découvrir. À la place, j’ai eu droit à la vision quelque peu déprimante des fleurs de lotus fânées. Mauvais timing pour moi, donc… et bonne excuse pour revenir à l’occasion !


Heureusement, on trouve aussi dans le jardin Nord deux attractions intéressantes en toutes saisons :
- le petit musée Sanuki Mingeikan consacré à l’artisanat de l’ancienne province de Sanuki ;
- le superbe Shoko Shoreikan, un bâtiment de l’ère Meiji (1899) qui abrite aujourd’hui un espace d’exposition, une belle salle de réception et un café.



Une vitrine pour les savoir-faire de la préfecture de Kagawa
De mémoire, il me semble que le Sanuki Mingeikan n’était pas entièrement accessible le jour de mon passage, peut-être pour travaux. Je me suis donc consolée en explorant la remarquable exposition d’onigawara située dans le Kawarakan, un petit espace localisé à l’arrière du musée.



Au Japon, on appelle onigawara les tuiles ornementales (kawara) représentant des démons (oni), qui décorent les toits de nombreux temples bouddhistes, mais aussi de certains châteaux. À la manière des shachihoko (poissons à tête de tigre), leur aspect effrayant sert à éloigner les mauvais esprits.



Si l’artisanat traditionnel de la préfecture de Kagawa vous intéresse, ne manquez pas également de faire un détour par la boutique située au niveau de la porte Est. L’endroit est une véritable caverne d’Ali Baba ! J’ai craqué pour une adorable poupée Hoko-san, mais on y trouve aussi de grands éventails de Marugame, entre autres trésors. Notez que la préfecture est notamment réputée pour son savoir-faire de la laque urushi, son artisanat du bois très diversifié et ses céramiques Okamotoyaki, Riheiyaki et Kankakeyaki.
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Le jardin Sud du Ritsurin
Cap à présent sur la partie la plus impressionnante de la visite, le jardin Sud, dont la visite commence par longer le bassin central en direction du pavillon de thé Higurashi-tei, bâti en 1898. Avec son atmosphère ultra pittoresque, cette première escale donne le ton : nous entrons dans une zone bien plus riche et travaillée.




Le jardin Sud abrite cinq magnifiques pavillons de thé, parmi lesquels le Kyûhigarushi-tei, contruit dans les années 1700 et caché au sud-ouest du parc… si bien d’ailleurs que je l’ai manqué. Impossible en revanche de rater le pavillon Kikugetsu-tei, le plus grand de tous. Je m’en souviens d’autant plus précisément qu’au moment de mon arrivée sur place, un énorme nuage de pollen s’est abattu sur moi, recouvrant mon appareil photo d’une fine pellicule de poudre vert clair.

Le bassin sud est incontestablement le clou de la visite et le cœur du jardin Ritsurin. D’une superficie de 7900m2, il possède trois îlots verdoyants que l’on peut admirer depuis les berges ou dans le cadre d’une mini-croisière en bateau wasen (prêt du chapeau de paille inclus !).


Le tour du plan d’eau, avec ses ponts, ses îlots ultra photogéniques et le mont Shiunzan en toile de fond, offre de superbes points de vue au photographe à l’affût. J’aurais pu passer des heures à admirer ce paysage exceptionnel, si mon estomac ne m’avait pas ramenée à la réalité. C’est donc au Fukiage-tei que je me suis posée pour déguster un bol de sanuki udon, LA spécialité incontournable de la préfecture de Kagawa. Le petit pavillon de thé se situe au sud-est du jardin, tout près de la source alimentant les différents bassins.



En conclusion
Ici s’achève notre découverte du jardin Ritsurin. Pour être honnête, j’aurais pu vous ensevelir sous une montagne de photos supplémentaires car l’endroit est vraiment immense, mais j’ai préféré m’en tenir à une sélection raisonnée qui vous donnera, je l’espère, un bon aperçu de la richesse des lieux. Le jardin Ritsurin figure parmi mes coups de cœur à Shikoku et je vous recommande chaudement d’y faire un tour si vous voyagez un jour en préfecture de Kagawa.

Petit bonus sympa pour les enfants (ou les collectionneurs fous), la visite inclut un rallye tampons, avec à la clé un petit cadeau à récupérer à l’office de tourisme. Ne me demandez pas de quoi il s’agissait, j’ai complètement oublié, mais le challenge en lui-même était très sympa en tout cas.
Comment se rendre au jardin Ritsurin ?
Infos pratiques
Visiter le jardin Ritsurin en train
- Ligne JR Kotoku depuis la gare de Takamatsu, descendre en gare Ritsurin-Kōen Kitaguchi puis marcher environ 5 min
- Ligne Kotoden Kotohira depuis la gare de Kawaramachi (correspondance vers la gare Takamatsu-Chikko), descendre en gare Ritsurin-Koen puis marcher environ 10 min
Accessibilité PMR
Le jardin Ritsurin est accessible aux personnes à mobilité réduite. Des fauteuils roulants sont à la disposition des visiteurs, ainsi que des chaises pour les personnes âgées.
Mise à jour : juillet 2026


