Nagasaki

Sur les traces de Sakamoto Ryoma à Nagasaki

Sakamoto Ryoma est une figure incontournable au Japon, et notamment à Nagasaki. C’est en effet dans le district d’Irabayashi, sur les hauteurs de la ville, qu’il fonda en 1865 la compagnie maritime Kameyama Shachu. Cette dernière est à l’origine de la future marine impériale japonaise. Pour ma dernière matinée sur place, j’ai mis le cap sur ce quartier, situé sur les flancs escarpés du mont Kazagashira. Une exploration ponctuée d’adorables petites rencontres. L’endroit est en effet un véritable « quartier des chats », de ceux qui valent à Nagasaki son surnom affectueux de « Nyagasaki ».

Au départ de l’arrêt Meganebashi, notre itinéraire du jour passe par le « pont lunettes », puis par Teramachi-dori. Située au nord de Chinatown, cette rue abrite principalement des temples, et aussi des cimetières. L’ascension du mont Kazagashira emprunte quant à elle une rue baptisée « rue Sakamoto Ryoma », qui mène à la statue du célèbre personnage. Elle n’est pas de tout repos et offre son lot de moments de bravoure, avec des escaliers d’la mort comme je les aime (T_T) et de jolis points de vue sur l’ensemble de la ville. 

Mais avant d’entamer cette balade vers les hauteurs, retour sur les rives du fleuve Nakashima, en contrebas de Teramachi. C’est là que commence notre exploration, avec la découverte du Meganebashi (眼鏡橋, littéralement « Le pont lunettes »).

Le pont lunettes

Pourquoi vous parler de cet édifice en particulier ? Tout simplement parce qu’il s’agit du plus ancien pont en pierre de tout le Japon, bâti en 1634. Il doit son nom à ses deux arches, qui rappellent la forme d’une paire de lunettes ronde quand elles sont reflétées dans l’eau.

Classé « Bien Culturel Important » en 1960, ce pont a été très endommagé par une crue du fleuve en 1982. Depuis, il a été restauré à l’identique et consolidé. Des aménagements spécifiques ont été faits aux alentours, pour le protéger des inondations. À noter que les plus observateurs pourront repérer quelques pierres en forme de coeur, le long des digues qui l’entourent.

Teramachi, le quartier des temples

Depuis le pont Megane, Teramachi-dori n’est qu’à environ 250 mètres, à peine 3 minutes à pied. Je ne m’attarderai pas longtemps sur cette rue, car j’y ai passé assez peu de temps. On y trouve principalement des temples chinois, et ayant largement exploré les influences chinoises à Nagasaki les deux jours précédents, j’avais tout simplement envie d’autre chose pour cette dernière matinée d’excursion.

Le plus connu de ces temples est le Kofukuji, surnommé « le temple rouge » à cause de son imposante porte vermillon. Ce serait l’un des plus anciens temples bouddhistes de la ville (1623).

Le Royaume des Chats

Depuis Teramachi-dori, on accède très facilement aux ruelles escarpées qui sillonnent les flancs du mont Kazagashira, et qui abritent quantité de cimetières haut perchés. Ici, les escaliers étroits et pentus coupent littéralement le souffle. Il suffit cependant de se retourner pour être récompensé de ses efforts. La vue sur Nagasaki, qui se dévoile au fur et à mesure de l’ascension, est vraiment jolie.

La population dominante du quartier est du genre poilue et agile! Je parle évidemment des chats qui pullulent dans les environs. L’endroit m’a d’ailleurs un peu fait penser à Onomichi et sa ruelle Neko no Hosomichi, où je n’avais croisé absolument aucun chat malgré les très nombreux signes attestant de leur présence. Pas de déception cette fois: les petits habitants du quartier sont venus nombreux à ma rencontre.

Dans les bottes de Sakamoto Ryoma

Un peu plus haut, un minuscule « parc de poche » donne l’occasion de souffler un peu, tout en admirant un superbe panorama sur la ville, « dans les bottes de Sakamoto Ryoma ». L’endroit a été aménagé en 1995, pour célébrer le 130e anniversaire de la création de la société Kameyama à Nagasaki. Fondée en 1865 par Sakamoto Ryoma lui-même, cette entreprise commerciale, spécialisée dans le transport maritime, est considérée comme la toute première société moderne du Japon. Un musée commémoratif lui est dédié à Teramachi, à deux pas du parc, mais je ne l’ai pas visité.

À noter que Sakamoto Ryôma (1836-1867) est l’un des artisans de la modernisation du Japon. Il fait partie de ces figures historiques incontournables, qu’il est bon de connaître quand on s’intéresse à l’histoire et à la culture japonaise.

À proximité de Teramachi, plusieurs statues lui sont dédiées, notamment à l’entrée du sanctuaire Wakamiya Inari, prochaine halte de notre périple.

Le sanctuaire Wakamiya Inari

S’il n’est pas très grand, ce sanctuaire plein de charme fait partie de mes coups de coeur de cette excursion.

Il est bien-sûr situé sur les hauteurs, comme tous les sanctuaires Inari. On y accède en traversant une succession de torii grimpant. Pour ma part, j’ai fait la promenade à l’envers, car je suis arrivée par l’arrière du temple et redescendue en passant sous les torii, en profitant juste de la vue.

Teramachi et ses hauteurs sont une jolie découverte. Le quartier est idéal pour flâner, si vous n’avez pas peur de transpirer un peu. J’aurais pu approfondir davantage la visite, notamment du côté de Teramachi-dori. Mais le train m’attendait pour d’autres aventures dans la région de Kyushu. Ce n’est que partie remise !

Mise à jour : septembre 2020

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