Gifu

Shirakawago

Shirakawago est un incontournable au Japon. Pourtant, on ignore souvent que l’appellation « Villages historiques de Shirakawago et Gokayama » (donnée par l’UNESCO lors du classement du site en 1995) désigne en réalité trois lieux. Il s’agit des villages d’Ogimachi, Ainokura et Suganuma, disséminés dans les montagnes des préfectures de Gifu et Toyama. C’est à Ogimachi que je me suis rendue lors de mon premier voyage dans la région, en novembre 2019.

J’y suis repassée en mai 2023 sur le trajet vers Gokayama. C’est pourquoi j’ai décidé d’ajouter quelques photos printanières à cet article, pour vous donner une idée de l’ambiance à différentes saisons.

Situé sur la route reliant Kanazawa et Takayama, le paisible hameau d’Ogimachi borde la rivière Shô qui serpente parmi les montagnes boisées. Ce décor de carte postale peut être admiré depuis l’observatoire Tenshukaku, accessible via une navette depuis le centre du village. C’est la vue la plus célèbre de Shirakawago.

Les pittoresques maisons gasshô-zukuri de Shirakawago

À l’arrivée sur place, ce qui frappe l’imagination est évidemment le charme des habitations locales. Leur architecture, de style gasshô-zukuri, est unique au Japon. On les reconnaît à leurs imposants toits de chaume à double pente. Leur forme très accentuée permet un meilleure répartition du poids de la neige en hiver (et une fonte plus rapide). Le mot gasshô signifie « deux mains en prière ».

Ces maisons gasshô-zukuri sont toutes bâties sans clous ni métal, à l’aide de matériaux naturels (bois et paille) provenant des forêts avoisinantes. Elles sont orientées vers le nord ou le sud, pour une meilleure exposition au soleil. L’entretien de leurs toits est, paraît-il, extrêmement coûteux, pour une durée de vie moyenne d’une trentaine d’années. C’est pourquoi cet habitat typique était en voie de disparition avant le classement à l’UNESCO.

Il est aujourd’hui possible de visiter certaines de ces maisons pour en admirer la conception, du mobilier aux solides charpentes. C’est notamment le cas des maisons Wada et Nagase.

Au cœur du village, quelques demeures abritent également salons de thé, restaurants ou boutiques. On peut notamment s’y procurer l’incontournable souvenir de Gifu, la poupée Sarubobo.

Un patrimoine immatériel

Au-delà de ce décor authentique et inspirant, c’est aussi la préservation de son art de vivre qui a valu à Shirakawago sa distinction par l’UNESCO. Ici, on croise encore rizières et potagers peuplés d’épouvantails (kakashi) portant sur le visage les hiragana caractéristiques へのへのもへ (henohenomohe). On mange des mets savoureux, à base de légumes frais, tout en admirant le panorama imprenable sur les montagnes. La culture du mûrier et l’élevage de vers à soie demeurent la grande affaire des habitants de la région, malgré l’évolution inévitable du mode de vie local et le développement du tourisme. 

Les maisons de style gasshô-zukuri sont parfaitement adaptées à ce mode de vie rural. Si leurs greniers sont très spacieux, c’est pour abriter outils, vers à soie ou réserve de grains pour l’hiver. Le village offre également au voyageur curieux la possibilité de loger dans l’une de ces maisons traditionnelles. Une expérience singulière, à vivre en hiver de préférence.

Une visite de Shirakawago est aussi l’occasion de quelques activités optionnelles, qui enrichiront sans nul doute votre découverte.

Gasshô zukuri Minkaen, le village-musée de Shirakawago

Ogimachi se divise en deux zones bien distinctes. Le village en lui-même, toujours habité, concentre l’essentiel des commerces et activités. Il occupe principalement l’est de la rivière Shô. À l’ouest, Gasshô zukuri Minkaen est un « village-musée » consacré au mode de vie de la région, avec ses visites, ateliers et animations. L’endroit a beaucoup de charme à l’automne, sous les momiji.

Gasshô zukuri Minkaen a été aménagé à partir de 1968, suite au rachat et au déplacement de 26 bâtiments du village. On y trouve des habitations traditionnelles bien-sûr, mais aussi un moulin à eau d’origine. Sans oublier un sanctuaire shinto et le butsudô (bâtiment principal) d’un temple bouddhiste. Lors de mon passage hors-saison, l’endroit était très calme. La visite m’a donné le sentiment de découvrir un environnement totalement figé dans le temps. Elle offre néanmoins une agréable promenade sous les érables flamboyants, et un témoignage précieux du mode de vie local, inchangé depuis les années 70. 

Le bain public Shirakawago-no-yu

Après tant d’émotions, cap sur la dernière escale de la journée, Shirakawago-no-yu. Si Ogimachi n’a rien d’une station thermale, le village dispose en effet d’un petit onsen, au bord de la rivière Shô. Je m’y suis arrêté avant de rejoindre l’arrêt de bus, direction Takayama.

L’endroit n’est pas immense, mais offre une agréable halte pour se détendre entre deux visites touristiques. L’eau de cette source chaude (la seule de la région) est riche en chlorure de sodium. Elle est donc idéale pour soigner les douleurs musculaires, articulaires ou d’origine nerveuse.

Depuis le rotenburo, il suffit de lever le nez au-dessus de la palissade de bois pour profiter d’une charmante vue sur la montagne, et le cours d’eau en contrebas.


  • Bus Nohi depuis Kanazawa ou Takayama

4 commentaires

  • Yoyo

    Je lis cet article en plein confinement et j’avoue que ça fait du bien de pouvoir s’évader un peu! Bien que je n’y sois encore jamais allée, le japon sous la pluie m’a toujours fascinée. Cela donne une atmosphère tellement paisible…! 😀 J’avais déjà vu des photos de ce lieu mais jamais son nom… Je vais désormais pouvoir l’ajouter à ma fameuse liste! Merci pour cette petite balade Céci!

    • セシリアCéci

      C’est vrai que le Japon a aussi du charme sous la pluie, surtout quand on explore un paysage comme celui-là 🙂 J’ai eu de la chance cela dit, il n’a pas plu lors de ma visite, le ciel était juste un peu gris. Ça donne à mes photos une atmosphère douce et mélancolique, qui colle bien avec l’ambiance d’Ogimachi. J’ai vraiment adoré cet endroit, tu peux le rajouter sans problème sur ta liste petite Yoyo 🙂

  • Alexandre Le Bris

    Merci pour toutes ces précisions très intéressantes sur ces villages pittoresques. Nous sommes allés à Shirakawago au Printemps et nous avons adoré l’ambiance, surtout en venant à contre-courant sur les tours. Lieu très paisible qu’on imagine facilement recouvert de neige en hiver, au chaud dans un onsen !

    • Passeport Japon

      Effectivement, c’est une destination plutôt rustique. J’y suis passée deux fois : en novembre 2019 et mai 2023, mais clairement ça doit être génial en hiver ! Dans le même genre, Gokayama est pas mal aussi, c’est moins fréquenté car plus isolé mais j’ai beaucoup aimé 🙂

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