Oita

Bôzu Jigoku, l’Enfer méconnu de Beppu

Souvent confondu avec Oniishibozu Jigoku, Bôzu Jigoku est pourtant, à mes yeux, beaucoup plus marquant. C’est un lieu sur lequel il est difficile de trouver des informations détaillées. Je me contenterai donc de partager avec vous la balade et surtout mes impressions.

Plantons le décor. Je suis tombée sur Bôzu Jigoku en revenant du quartier de Myôban onsen, sous un ciel gris et chargé. J’avais repéré l’endroit sur mon plan touristique, et plutôt que de prendre le bus pour retourner vers le quartier de Kannawa depuis Myôban Jigoku et le salon de thé Okamotoya, j’ai finalement décidé de faire le trajet à pied (soit près de 2km, environ 25 minutes, principalement en descente).

Comme Bôzu Jigoku ne fait pas partie de la liste officielle des Enfers de Beppu, je m’attendais à un petit Enfer sans grand intérêt. Mais j’avais un peu de temps devant moi et j’étais quand-même curieuse. Vous connaissez la suite. J’ai été très agréablement surprise par ce site qui cache bien son jeu !

Un enfer né d’un séisme ancien

Dès l’entrée, on découvre un mini-jardin japonais verdoyant qui offre une agréable transition avec le monde extérieur. Puis la végétation devient plus clairsemée à l’approche de l’Enfer en lui-même, qui s’avère plutôt grand et bien aménagé. La promenade s’effectue le long d’un chemin bordé de barrières en bambou, serpentant entre les espaces. Les nombreux empilements de pierres rappellent la dimension religieuse de Bôzu Jigoku. La légende locale raconte en effet qu’un temple bouddhiste se situait autrefois ici, et fut détruit lors d’un violent tremblement de terre en 1498…

De part et d’autre, on croise les fameuses mares de boues formant de grosses bulles grises. Ce sont ces dernières qui donnent à Bôzu Jigoku son nom d’Enfer des Moines. En effet, leur forme rappelle celle d’un crâne rasé émergeant de la boue.

Plus loin sur le parcours, on croise sources et rochers fumants, bordés par une végétation en souffrance, mais malgré tout rompue à cet environnement hostile. Comme à Myôban Jigoku, la terre semble acide, corrosive par endroits. Un paysage d’apocalypse, où l’on ressent une nouvelle fois toute la puissance du volcanisme.

Contrairement à d’autres Enfers (notamment Oniishibozu Jigoku), Bôzu Jigoku est un site qui me semble avoir bénéficié de moins d’aménagements susceptibles de le dénaturer. Il m’a donc paru plus authentique, moins « calibré » pour le tourisme que les autres.

Cette impression est accentuée par la présence de nombreuses statues austères et grimaçantes, aux reliefs parfois à-demi effacés. Elles semblent abandonnées à la végétation et aux caprices des éléments. Leurs silhouettes baignent constamment dans un nuage de vapeur, enveloppées d’une aura de mystère.

Au bord des sources chaudes, les pièces de monnaie porte-bonheur lancées par les visiteurs sont à moitié fondues, renforçant l’impression de désolation émanant des lieux. Si vous n’aviez pas compris à quel point l’environnement de Bôzu Jigoku est hostile, c’est désormais le cas !

Pour conclure, je crois que Bôzu Jigoku a su parler à mon imaginaire. J’espère donc avoir su rendre justice à cet Enfer méconnu, qui mérite toute votre attention si vous passez par la préfecture d’Oita.


  • Accès en bus depuis la gare Honbozu Beppu (environ 20 min de trajet) via la gare routière de Kannawa (direction Myôban Onsen)

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