Kurayoshi, préfecture de Tottori (Chûgoku)
Tottori

Kurayoshi

À Kurayoshi, le quartier Utsubuki-Tamagawa illustre à la perfection l’image d’un Japon « hors du temps », empreint de nostalgie. Celui-là même que l’on retrouve souvent dans les films du studio Ghibli ou dans certains mangas.

Kurayoshi a servi de décor au manga Quartier lointain de Jirô Taniguchi, préfecture de Tottori

À l’époque de ma visite (en décembre 2016), j’avais, une connaissance très vague de l’œuvre de Jirô Taniguchi. Je ne connaissais que son roman graphique L’homme qui marche. Depuis, j’ai découvert avec délice les deux tomes du Gourmet solitaire, et j’ai bien-sûr lu Quartier lointain, dont l’histoire prend place à Kurayoshi. Un plan de visite, disponible à l’Office de Tourisme, permet d’ailleurs de mêler réalité et fiction, le temps d’une promenade sur les traces du héros.

Historiquement, Kurayoshi est une ville marchande (ou shôka-machi). La plupart des bâtiments visibles dans le quartier Utsubuki-Tamagawa datent d’entre le début de l’époque Edo et la fin de l’ère Meiji, du 17e au début du 20e siècle. Ce sont principalement des machiya, ces maisons traditionnelles en bois typiques des bourgs et centre-villes japonais, ou des entrepôts de marchandises. Les petites passerelles qui enjambent le cours d’eau (la rivière Tama) sont quant à elles des accès de service.

Entrepôts de marchandises à Kurayoshi, préfecture de Tottori

Les façades des entrepôts, entre crépis blanc et lambris de revêtement en cèdre brûlé, sont particulièrement jolies. Tout comme les toits de tuiles rouges, typiques des environs. En 1998, le quartier Utsubuki-Tamagawa a été classé « Ensemble Architectural Traditionnel ». C’est donc désormais un secteur préservé.

Rue commerçante à Kurayoshi, préfecture de Tottori
Ruelle du temple Dairen-ji à Kurayoshi, préfecture de Tottori

La promenade dans les environs du temple Dairen-ji est particulièrement agréable. Sa porte, ornée d’une grosse lanterne rouge, m’a curieusement rappelé le Hôzômon du Senso-ji, en version miniature.

L’artisanat de Kurayoshi

Qui dit ville marchande dit production locale. À Kurayoshi, de nombreux artisans tiennent boutique dans les rues passantes. Des revendeurs de saké et produits frais par exemple, ou des fabricants de cerfs-volants et jouets en tous genres… Le souvenir typique de la ville est d’ailleurs une poupée. Appelée hakota ningyo, celle-ci est fabriquée localement depuis plus de 300 ans, à l’aide de papier mâché. Elle est de forme cylindrique, très semblable à celle des kokeshi. Son origine daterait de l’ère Tenmei (1781-1789). Selon la tradition, cette poupée traditionnelle porte chance aux enfants, pour qu’ils grandissent sans blessures ni maladies.

© Kurayoshi Tourism Association

À Kurayoshi, l’autre boutique à connaître est l’atelier Furusato, spécialisé dans la fabrication et la vente de kasuri

Le kasuri est un procédé de teinture et de tissage d’inspiration indonésienne, dans lequel le motif est créé en teignant le fil d’une belle couleur indigo. Des espaces blancs (c’est-à-dire non teints) sont volontairement laissés à intervalles très précis. Le motif prend donc forme au moment du tissage, et c’est assez impressionnant à voir.

Terminons la visite de Kurayoshi par une bonne adresse. La machiya Seisuian est un charmant restaurant au décor pittoresque, fait de tatami, zabuton et portes coulissantes.

Restaurant à Kurayoshi, préfecture de Tottori

Cet établissement célèbre est spécialisé dans le mochi shabu. Ce plat hivernal est un shabu-shabu amélioré, qui inclut plusieurs variétés de mochi plats et rectangulaires, aux goûts plus ou moins fort. Carotte, shiitake, matcha, kabocha, sésame, myrtille, piment, maïs, crevette ou yuzu par exemple. Contrairement aux légumes, à la viande et aux fruits de mer, les mochi ne doivent pas mijoter longuement, mais juste ramollir quelques secondes dans le nabe (la marmite), avant d’être dégustés gluants.

Mon verdict

Malgré le côté ludique de ce repas, toutes les saveurs de mochi n’ont pas forcément convenu à mon palais. Je vous recommande néanmoins cette adresse, pour le cadre magnifique, le service impeccable, la qualité générale du déjeuner et le bénéfice d’une surprenante expérience culinaire.


  • Depuis Yonago ou Tottori, prendre la ligne JR principale San’in jusqu’à la gare de Kurayoshi, puis le bus jusqu’à l’arrêt Akagawara / Shirakabe Dozo (10 arrêts, 12 min de trajet)

11 commentaires

  • Yoyo

    Je suis toute à fait d'accord avec toi! J'avais déjà eu l'occasion d'entendre parler de tout ça dans une émission, c'était déjà sur ma liste ;pEn tous cas tes photos sont toujours aussi magnifiques! Surtout la première 😀 😉

    • Passeport Japon

      Merci Yoyo 🙂 Tu as déjà vu une émission sur Tottori ? Ça m’épate, j’ai eu du mal à collecter certaines infos sur ce lieu à vrai dire (tout était en japonais, ou presque). Cela dot, c’était passionnant comme recherches hihi

      • Yoyo

        Oui c’est une émission qui s’appelle « Japan on Motion » sur la chaîne « nolife » 😉 je regardais tout les vendredi soir avant mais maintenant ils ont changer l’horaire et je ne sais pas à quelle heure c’est…. T_T

  • Japan kudasai

    Et encore une victoire pour le gotochi card challenge ! Super article, tu as réussi à retranscrire parfaitement l'ambiance artisanale de la ville. Pour le mochi shabu shabu, ça restera un grand moment… mais j'ai réussi à faire fondre mes morceaux de mochi sans qu'ils coulent lamentablement au fond du nabe, honneur sauf ^^ !

    • Passeport Japon

      Oui, le mochi shabu est un plat assez particulier lol Tu t’en es bien sorti XD Cette photo est la première que j’ai prise de mon Gotochi Card Challenge « live ». Elle n’est pas très bien cadrée, mais c’est mieux que rien…

  • Cécile

    Vive la province en France comme ailleurs 😉 C'est très appréciable les balades dans ce genre de villes.
    Très jolis tissus ; quelles utilisations sont privilégiées (habillement, déco) ?
    Quelle expérience culinaire le mochi shabu, je ne t'envie pas sur ce coup là ; on dirait des tranches de fromage à raclette les mochis…

    • Passeport Japon

      L’atelier Furusato proposait à la vente du kasuri sous toutes les formes possibles : tenues traditionnelles, coussins, sacs, petits objets décoratifs, etc.
      Ahaha tu me fais rire avec le mochi shabu. C’est quand même nettement moins puissant en goût que la raclette XD

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